La gouvernance des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes françaises 2030 traverse une nouvelle zone de turbulences. Plusieurs médias français, rejoints ce mercredi 9 septembre par Reuters, annoncent qu’Edgar Grospiron pourrait prochainement quitter la présidence du Comité d’organisation. À ce stade, aucune annonce officielle du Cojop n’est toutefois venue confirmer son départ. Un bureau exécutif prévu jeudi 10 septembre pourrait constituer une étape décisive.

La situation semble s’accélérer autour de la gouvernance des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes françaises 2030. Nommé président du Comité d’organisation en février 2025, Edgar Grospiron pourrait quitter ses fonctions dans les prochains jours, selon plusieurs informations concordantes publiées depuis mardi 8 septembre.

Le Parisien a été le premier à faire état mardi matin d’une « sortie imminente » du champion olympique de ski de bosses. Dans la soirée, L’Équipe a indiqué à son tour que son départ devait intervenir à l’occasion du prochain bureau exécutif du Cojop. Ce mercredi 9 septembre, Reuters rapporte également qu’Edgar Grospiron devrait quitter son poste, en s’appuyant sur une source proche du dossier.

La prudence reste cependant nécessaire : à l’heure où nous publions ces lignes, le Cojop Alpes françaises 2030 n’a pas officiellement annoncé la démission, la révocation ou le remplacement de son président. Les informations disponibles font état de discussions en cours sur les conditions d’un éventuel départ. Reuters précise ainsi que des négociations seraient toujours engagées et que le bureau exécutif prévu jeudi pourrait être déterminant.

Une « rupture de confiance » évoquée par plusieurs sources

Au-delà du départ lui-même, c’est la question des relations entre le président du Cojop et les principales parties prenantes du projet qui apparaît au centre de la crise.

Selon Le Parisien, des discussions auraient été engagées afin de trouver une issue à une situation marquée par une « rupture de confiance ». Le quotidien rapporte que plusieurs réunions organisées récemment entre les acteurs du projet auraient contribué à précipiter les événements.

Reuters va dans le même sens. L’agence indique que les principaux partenaires institutionnels du projet (l’État, les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi que les comités olympique et paralympique français) auraient fait part au Comité international olympique, à la fin du mois d’août, d’une dégradation de leur confiance envers Edgar Grospiron.

Il s’agit cependant, là encore, d’informations rapportées par des sources médiatiques. Aucune déclaration publique commune de ces différentes institutions ne confirme à ce stade cette appréciation de la situation.

Le bureau exécutif de juillet, un moment de tension important

Les tensions ne semblent pas nouvelles.

Le Parisien rapporte notamment qu’un bureau exécutif organisé à la fin du mois de juillet aurait constitué un épisode particulièrement sensible. Une évolution de l’organisation interne du Cojop et plusieurs nominations envisagées autour de la présidence n’auraient pas obtenu l’accord des principales parties prenantes.

L’Équipe avait d’ailleurs fait état dès le 23 juillet du report de nominations à des postes clés du Comité d’organisation. Ces difficultés intervenaient alors que le Cojop devait parallèlement poursuivre la stabilisation de son organisation, de son budget et de la carte des sites olympiques.

Une présidence commencée en février 2025

Edgar Grospiron avait été officiellement désigné président du Cojop Alpes françaises 2030 le 18 février 2025, lors de l’assemblée générale constitutive organisée près de Lyon.

Sa candidature avait alors fait l’objet d’un consensus entre les cinq principales parties prenantes : l’État, le Comité national olympique et sportif français, le Comité paralympique et sportif français, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Champion olympique de ski de bosses à Albertville en 1992, Edgar Grospiron avait été retenu après le renoncement de Martin Fourcade à prendre la présidence du futur Comité d’organisation quelques jours auparavant. Lors de sa nomination, les institutions avaient notamment mis en avant sa capacité à fédérer les acteurs, son leadership et sa connaissance du mouvement olympique.

Le président du Cojop avait alors résumé l’ampleur du défi : organiser les Jeux en cinq ans, avec des moyens maîtrisés, tout en répondant aux attentes du CIO et des territoires.

Une gouvernance déjà plusieurs fois bousculée

L’éventuel départ d’Edgar Grospiron constituerait une nouvelle étape dans une succession de changements intervenus depuis le lancement opérationnel d’Alpes françaises 2030.

Dès le 3 février 2025, Martin Fourcade avait finalement renoncé à prendre la tête du Comité d’organisation. Dans la lettre annonçant son retrait, le sextuple champion olympique avait notamment évoqué des désaccords sur le mode de gouvernance, la vision du projet et son ancrage territorial. Edgar Grospiron avait ensuite été choisi pour reprendre le dossier.

La gouvernance avait de nouveau été mise sous tension au cours de l’hiver 2026. Reuters rappelle qu’au moment des Jeux de Milan-Cortina, le président du Cojop avait déjà traversé une période délicate. C’est finalement le directeur général Cyril Linette qui avait quitté l’organisation, invoquant des désaccords devenus insurmontables.

Si le départ d’Edgar Grospiron venait à être confirmé, le Cojop connaîtrait donc un nouveau changement majeur de gouvernance à moins de quatre ans de l’ouverture des Jeux.

Pas de successeur officiellement désigné à ce stade

La question du remplacement d’Edgar Grospiron reste également ouverte.

Selon L’Équipe, aucune solution de succession ne serait aujourd’hui suffisamment avancée pour être présentée comme acquise. Plusieurs noms circuleraient, mais le journal précise que les parties prenantes ne disposeraient pas encore d’un « plan B » prêt à être immédiatement déployé.

Là encore, aucun nom n’a été officiellement communiqué par les institutions concernées.

Cette absence de successeur immédiatement identifié explique en partie la sensibilité de la séquence actuelle. La présidence du Cojop joue un rôle central dans la représentation politique et sportive du projet, mais également dans la coordination d’acteurs particulièrement nombreux : État, collectivités territoriales, mouvement olympique et paralympique, CIO, fédérations sportives, partenaires privés et territoires hôtes.

Un calendrier qui laisse peu de marge

L’éventuel changement de présidence intervient surtout dans une phase où Alpes françaises 2030 entre progressivement dans une logique beaucoup plus opérationnelle. Lors de la constitution du Cojop en février 2025, les priorités affichées comprenaient notamment la stabilisation de la carte des sites, l’actualisation du budget et la montée en puissance des effectifs de l’organisation.

Les enjeux environnementaux occupent également une place croissante. En avril dernier, le Gouvernement a présenté une feuille de route dédiée aux Jeux d’hiver, intégrant notamment les infrastructures, les mobilités, la biodiversité, les ressources en eau et l’économie circulaire. Edgar Grospiron y intervenait encore en sa qualité de président du Comité d’organisation.

À cela s’ajoute désormais un calendrier international immédiat. L’Équipe indique qu’une visite de la commission de coordination du Comité international olympique est programmée à Lyon du 14 au 16 septembre. Un éventuel changement de présidence quelques jours auparavant constituerait donc un signal particulièrement observé par le mouvement olympique.

Alpes 2030 face à un enjeu de stabilité

À ce stade, il serait prématuré d’interpréter cette séquence comme une remise en cause du projet Alpes françaises 2030 lui-même. L’organisation des Jeux repose sur de nombreuses structures et institutions et ne dépend pas uniquement de son président. L’épisode met néanmoins en évidence un enjeu de stabilité de gouvernance, alors que le calendrier de préparation va progressivement devenir moins flexible.

Le sujet dépasse donc la seule situation personnelle d’Edgar Grospiron. Si son départ est confirmé, la principale question sera rapidement celle de la capacité des parties prenantes à retrouver une gouvernance durable, lisible et suffisamment consensuelle pour piloter un projet particulièrement complexe jusqu’en 2030. Le bureau exécutif annoncé pour jeudi 10 septembre pourrait apporter les premières réponses.

En attendant une communication officielle du Cojop ou de ses membres fondateurs, I Love Ski continuera de suivre l’évolution du dossier avec prudence.