Soixante-dix ans après avoir accueilli les Jeux Olympiques d’hiver de 1956, Cortina d’Ampezzo, en collaboration avec Milan, se prépare à organiser les Jeux Olympiques d’hiver Milano Cortina 2026, prévus du 6 au 22 février. Cet événement prestigieux réunira les athlètes les plus talentueux du monde entier, offrant une occasion unique de célébrer l’évolution des sports d’hiver et de rendre hommage aux éditions précédentes des Jeux. Les Jeux de 1956 ont été marqués par des moments mémorables, tels que les performances exceptionnelles de l’Autrichien Toni Sailer, qui a remporté trois médailles d’or en ski alpin, établissant un record historique.

À l’approche de Milano Cortina 2026, les préparatifs battent leur plein pour garantir le succès de cet événement international. Les organisateurs ont investi environ 3,5 milliards d’euros dans divers projets liés aux Jeux, malgré des défis logistiques et des préoccupations environnementales. Par exemple, le centre de glisse Eugenio Monti à Cortina est en cours de reconstruction complète pour accueillir les épreuves de bobsleigh, luge et skeleton. Les travaux avancent rapidement, avec une première mise en glace prévue pour début mars et un événement test officiel programmé en octobre.

Dans ce contexte de préparation et de réflexion sur l’évolution des sports d’hiver, découvrez les témoignages de deux figures emblématiques du ski : Jean Mermet, ancien athlète français ayant participé aux Jeux de 1956, et Lindsey Vonn, championne olympique américaine, qui envisage un retour à la compétition. Leurs perspectives offrent un éclairage précieux sur les transformations qu’ont connues les Jeux Olympiques d’hiver et le ski au fil des décennies, mettant en lumière les défis et les innovations qui ont façonné ces disciplines.

L’Italie et les Jeux Olympiques : un héritage riche et prestigieux

Milano Cortina 2026 marquera la quatrième fois que l’Italie accueille les Jeux Olympiques. Le pays a déjà été l’hôte de cet événement majeur à trois reprises, laissant une empreinte forte dans l’histoire olympique.

1956 : Cortina d’Ampezzo, les premiers jeux d’hiver en Italie

La première édition olympique organisée en Italie remonte aux Jeux d’hiver de 1956 à Cortina d’Ampezzo. Ces Jeux ont marqué un tournant important pour les sports d’hiver, notamment grâce aux avancées technologiques dans la retransmission télévisée. Pour la première fois, les Jeux Olympiques d’hiver ont été diffusés en direct dans plusieurs pays européens, offrant ainsi une exposition mondiale inédite à ces disciplines.

JO de Cortina d'Ampezzo en 1956
JO de Cortina d’Ampezzo en 1956

1960 : Rome et l’âge d’or des Jeux d’été

En 1960, c’est Rome qui accueille les Jeux Olympiques d’été, une édition marquante. Ces Jeux voient s’illustrer des figures emblématiques du sport, comme Cassius Clay (Mohamed Ali) en boxe et Wilma Rudolph en athlétisme. Pour l’occasion, l’Italie construit des infrastructures modernes, dont le célèbre Stadio Olimpico, toujours utilisé aujourd’hui pour des événements sportifs majeurs.

2006 : Turin, la modernité au service des sports d’hiver

L’Italie redevient hôte olympique en 2006 avec les Jeux d’hiver de Turin. Ces Jeux mettent en avant des disciplines comme le snowboard et le patinage de vitesse, attirant des millions de spectateurs à travers le monde. Turin 2006 marque aussi une avancée dans l’organisation logistique des Jeux, avec des infrastructures modernes et une grande fluidité dans les déplacements des athlètes.

1956 : une époque où le ski de fond était encore amateur

A l’époque des jeux de 1956, le ski de fond était encore loin d’être aussi populaire et professionnalisé qu’aujourd’hui. Jean Mermet se souvient que cette discipline était très peu médiatisée et souffrait de la comparaison avec le ski alpin, bien plus spectaculaire. « Le ski de fond était le parent pauvre du ski ! » confie-t-il. « Il était surtout pratiqué dans des régions comme le Jura, les Vosges ou le Vercors, mais quasiment absent des Alpes. »

Les athlètes de ski de fond ne bénéficiaient pas des mêmes infrastructures ni du même niveau d’accompagnement que les skieurs alpins. Leur entraînement était limité, principalement parce qu’ils n’étaient pas des professionnels à plein temps. « A l’époque, c’était plus du bénévolat que du professionnalisme. Nous avions un autre métier l’été, et seuls les transports et l’hébergement étaient pris en charge pour participer aux JO. » Cela n’a cependant pas empêché Jean Mermet de performer lors des compétitions.

Jean Mermet aux JO 1956 en Italie
Jean Mermet aux JO 1956 en Italie

Des conditions difficiles lors des Jeux Olympiques de 1956

Un des souvenirs les plus marquants de Jean Mermet reste le manque de neige qui a perturbé le déroulement des jeux. « On a été très bien accueillis de 1956, tout s’est bien passé malgré un problème de taille : il y avait très peu de neige ! » Ce manque d’enneigement a obligé les organisateurs à modifier certains parcours. De ce fait, les athlètes ont dû s’adapter à des conditions et à des terrains qu’ils ne connaissaient pas, rajoutant une difficulté supplémentaire à la compétition. « L’entraînement n’a pas été optimal : en décembre, faute de neige, l’entraînement prévu aux Houches (Chamonix) a été déplacé au plan de l’Aiguille (Aiguille du midi), avec un profil difficile et peu adapté, des mauvaises conditions de neige ; de plus, en Italie, on ne savait pas comment allait être la neige sur place. »

Malgré ces difficultés, Jean Mermet a réussi à se classer honorablement dans ses trois épreuves en terminant 20e au 15 km, 18e au 30 km et 6e au relais. Même si les conditions n’étaient pas au rendez-vous, l’esprit d’équipe restait de mise « Nous avons partagé tous les entraînements et toutes les compétitions ensemble et même si les conditions n’étaient pas toujours optimales, on s’entraidait dans toutes les circonstances. »

2026 : la santé mentale au cœur des Jeux Olympiques de Milano Cortina

Soixante-dix ans plus tard, les Jeux Olympiques ont bien changé. Aujourd’hui, les athlètes bénéficient d’un suivi médical, de préparateurs physiques et de psychologues pour les accompagner dans leur carrière. Jean Mermet est impressionné par cette évolution, notamment sur la question de la santé mentale. Il nous livre qu’avant, la santé mentale n’était pas au cœur des préoccupations concernant les sportifs « On ne parlait pas du tout de santé mentale. C’était des notions qui n’existaient pas, on ne voyait que la discipline et les épreuves. »

Le Comité International Olympique (CIO) a mis en place des programmes spécifiques pour aider les sportifs à gérer la pression. Par exemple, la « mind zone », il s’agit d’un espace de détente mis en place dans les villages olympiques, qui permettra aux sportifs de se ressourcer mentalement. Cette prise en compte du bien-être global des athlètes marque une grande avancée par rapport aux jeux d’autrefois où seulement la santé physique était prise en compte.

Lindsey Vonn : un retour aux sources à Cortina

Milano cortina 2026 sera également marqué par le retour d’une légende du ski alpin : Lindsey Vonn. L’américaine, multiple médaillée olympique, a annoncé qu’elle envisageait un retour à la compétition. Pour elle, Cortina est un lieu chargé de souvenirs. « Cortina est l’endroit où tout s’est mis en place pour moi : c’est là que j’ai appris à composer une course, à monter sur un podium et, surtout, que j’ai réalisé que j’étais capable de gagner».

Lindsey Vonn en compétition
Lindsey Vonn aux Jeux Olympiques

Suite à des blessures à répétitions, la skieuse a dû prendre une retraite anticipée en 2019. L’appel de la compétition a cependant été plus fort, elle a retrouvé la motivation et l’envie de skier. « Se retirer du sport n’était pas tant un choix qu’une nécessité. J’avais accumulé trop de blessures, mon corps ne coopérait plus et mon genou droit était abîmé. C’était dévastateur de quitter le sport que j’aimais tant, mais je savais que c’était le seul choix possible pour mon bien-être physique. » Elle sait que le défi sera difficile, mais son amour pour la compétition reste intact. « Mon retour au ski de compétition a été motivé par mon amour du sport, de la vitesse et de l’exaltation qui m’attirait sur les pistes».

Une édition historique pour la parité homme-femme

L’un des grands enjeux de Milano Cortina 2026 sera la participation féminine, qui devrait atteindre un niveau record avec environ 47% des athlètes en compétition. Lindsey Vonn se réjouit de cette avancée. « Les Jeux Olympiques servent de scène pour promouvoir de nombreuses idées progressistes, favoriser le changement et donner le ton sur la manière dont le reste du monde aborde l’égalité des genres. »

De son côté, Jean Mermet est heureux de voir que les femmes ont pris une place bien plus importante dans le ski de fond. « C’est une très bonne chose qu’on voit plus de femmes maintenant. »

 

Alors que ces jeux approchent, ils s’annoncent comme une édition mémorable. Ils symbolisent à la fois le respect du passé et la volonté de construire un avenir plus inclusif et technologique pour le sport. Jean Mermet, qui a suivi les Jeux Olympiques de Paris 2024 avec attention, a hâte de voir ce que Milano Cortina 2026 va offrir. « J’ai suivi les JO de Paris 2024 et je suivrai aussi ceux de Milano Cortina l’année prochaine. C’est un événement que je ne vais pas rater ! »

Avec un cadre naturel exceptionnel dans les Dolomites, des infrastructures modernes et des athlètes légendaires, ces jeux olympiques d’hiver promettent d’être un moment fort de l’histoire du sport.