Alors que plusieurs domaines skiables proposent encore de très bonnes conditions de ski, l’heure est déjà à l’analyse pour l’Observatoire National des Stations de Montagne (ANMSM – Atout France). Le bilan qui se dessine pour cette saison 2025-2026 n’est pas seulement positif sur le plan comptable ; il révèle une transformation profonde des modes de consommation de la montagne. Avec une progression de la fréquentation globale de 2,5% et un taux d’occupation moyen s’établissant à 73% (contre 71 % lors de l’exercice précédent), les stations françaises confirment leur statut de destination refuge et d’excellence.

Une dynamique de fréquentation portée par les périodes « ailes »

Selon l’ANMSM, l’un des enseignements majeurs de cette saison réside dans la redistribution des flux de vacanciers tout au long de l’hiver. Si le cœur de saison reste solide, ce sont les périodes dites intermédiaires qui tirent la croissance vers le haut.

Le mois de janvier a enregistré une performance remarquable avec un taux d’occupation de 67%, soit une hausse de trois points par rapport à la saison passée. Cette tendance s’est confirmée, et même accentuée, en mars, où le taux d’occupation a bondi à 57% contre 52% en 2025. Ces chiffres témoignent d’une volonté croissante des clientèles de profiter de conditions d’enneigement souvent optimales et d’une offre plus calme hors des périodes de congés scolaires.

À l’inverse, les vacances de février, traditionnellement le pilier de la saison, ont connu un léger fléchissement. Le taux d’occupation s’est élevé à 81%, contre 84% l’année précédente. Ce recul modéré s’explique principalement par les spécificités du calendrier scolaire, qui n’a pas favorisé une concentration aussi forte que les années passées. Quant à la période des fêtes de fin d’année, elle demeure un socle d’activité stable et élevé avec 86% d’occupation.


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Analyse sectorielle : des indicateurs au vert pour les professionnels

La vitalité de la saison ne se mesure pas uniquement aux lits occupés, mais également à la santé économique des différents acteurs de l’écosystème montagnard.

  • Domaines Skiables et Activités Nordiques : Selon les données de Domaines Skiables de France, le volume de journées-skieurs est resté stable par rapport à la date de référence du 6 mars 2025. Plus significatif encore, ce volume se situe 5% au-dessus de la moyenne des quatre derniers hivers, prouvant que l’attrait pour le ski alpin ne se dément pas. Le ski nordique a également bénéficié d’un enneigement généreux, permettant à plus de 40 domaines nordiques de maintenir leur activité jusqu’à la fin du mois de mars.
  • Enseignement et Encadrement : Le Syndicat National des Moniteurs de Ski Français (ESF) rapporte une saison dynamique, marquée par une mutation technologique des usages : les réservations de cours en ligne ont bondi de 13%. En termes d’activité pure, le nombre d’heures d’enseignement progresse de 2%.
  • Distribution et Commerce de Sport : L’Union Sport & Cycle confirme la résilience du secteur avec une hausse de 4% du chiffre d’affaires par rapport à la saison 2024/2025. Ce chiffre souligne que, malgré une gestion plus fine du budget, les vacanciers ne sacrifient pas la qualité de leur équipement.

Typologie des clientèles : le retour en force de l’international

La saison 2025-2026 marque un tournant dans la provenance des flux touristiques. Selon l’enquête qualitative menée auprès des maires de stations, la fréquentation internationale est le véritable moteur de cette croissance. 50% des répondants ont observé une hausse de la clientèle étrangère, tandis que 35% la jugent stable.

La clientèle française, bien que confrontée à un contexte économique complexe, reste le socle de fidélité des massifs : 43% des stations estiment que la fréquentation nationale est restée stable, et 35% l’ont même vue progresser. Comme le souligne Jean-Luc Boch, Président de l’ANMSM : « La montagne française confirme une nouvelle fois son attractivité et ce, malgré un contexte économique et international défavorable. C’est la preuve que nos territoires restent une destination prisée notamment pour la richesse des activités proposées, la qualité de l’accueil et la capacité à rassembler toutes les générations. Ces résultats en progression soulignent l’attachement des vacanciers à nos stations, en particulier les Français, et la capacité de nos élus et professionnels à faire de la montagne une destination d’exception pour tous. »

Source : ANMSM

Les mutations structurelles de la consommation : flexibilité et instantanéité

L’analyse des comportements d’achat imposent de nouveaux défis logistiques aux stations. Deux tendances majeures se sont imposées durant cette saison 2025-2026 :

  1. Le plébiscite des courts séjours : Pour 55% des vacanciers, le format « semaine » n’est plus la norme unique. La recherche de flexibilité pousse les clients à multiplier les séjours plus brefs, souvent répartis sur l’ensemble de la saison.
  2. Les réservations de dernière minute : 50% des professionnels notent une hausse des réservations ultra-tardives. Ce comportement est directement corrélé à trois facteurs : la situation économique, l’évolution du prix des carburants et, surtout, les prévisions météorologiques.

Ces mutations expliquent la prudence actuelle concernant les vacances de printemps. Au moment de la rédaction de ce bilan, les taux de réservation pour avril sont en léger retrait (24% contre 26% l’an passé). Toutefois, l’expérience de l’hiver montre que ces chiffres ne présagent pas d’une fréquentation finale plus faible, tant le report sur la réservation de dernière minute est devenu massif.

Source : ANMSM
Source : ANMSM

La saison 2025-2026 restera comme celle d’une confirmation : celle de l’attractivité des massifs français malgré un « contexte économique et international défavorable ». La montagne n’est plus seulement une destination de sport, c’est un territoire de résilience qui a su adapter son offre à une demande de plus en plus volatile.

L’enjeu pour les saisons à venir sera de pérenniser cette dynamique des périodes intermédiaires (janvier et mars) tout en s’adaptant à une clientèle qui décide désormais de son départ à l’aune des dernières chutes de neige et du prix à la pompe. La capacité des élus et des professionnels à faire de la montagne une « destination d’exception pour tous » semble être le gage de succès pour le futur.

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Note méthodologique : Les données de ce rapport proviennent du tableau de bord G2A pour Atout France et l’ANMSM, couvrant un périmètre de 80 stations représentatives de 400 000 lits touristiques sur les 1.450.000 que compte l’espace montagne français (Alpes, Pyrénées et autres massifs). Ces analyses quantitatives sont complétées par une enquête qualitative menée du 26 au 31 mars 2026 auprès des membres de l’ANMSM.