La Pierra Menta 2026 s’annonce déjà comme l’un des moments majeurs de la saison internationale de ski alpinisme. Organisée à Arêches-Beaufort, dans le massif du Beaufortain, cette 40ᵉ édition réunira une fois encore l’élite mondiale et des centaines d’amateurs passionnés pour quatre jours d’efforts en haute montagne.
Parmi les athlètes les plus attendus, deux noms symbolisent parfaitement l’évolution récente de la discipline : Emily Harrop et Margot Ravinel. Toutes deux sortent directement des Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina 2026, où le ski alpinisme faisait pour la première fois son entrée au programme olympique.
Cette participation illustre le grand écart entre le format olympique du sprint et l’esprit historique des grandes courses de ski alpinisme, dont la Pierra Menta demeure l’une des références mondiales.
Emily Harrop et Margot Ravinel : de l’Olympisme à la haute montagne
La présence d’Emily Harrop au départ de la Pierra Menta 2026 constitue l’un des marqueurs forts de cette 40ᵉ édition. La Française s’est récemment illustrée sur la scène internationale en devenant vice-championne olympique du sprint lors des Jeux d’hiver de Milano-Cortina 2026.
Ce résultat a contribué à renforcer la visibilité d’un sport longtemps resté confidentiel auprès du grand public. Toutefois, le choix du format sprint, disputé sur un effort extrêmement court d’environ trois minutes, a suscité un débat de fond au sein de la communauté du ski alpinisme. Ce format, pensé pour répondre aux contraintes de diffusion télévisuelle et à la logique de spectacle propre aux Jeux olympiques, contraste fortement avec la pratique traditionnelle de la discipline, historiquement fondée sur l’endurance, la lecture du terrain et la gestion de l’effort sur plusieurs heures en haute montagne.

Dans ce contexte, la présence d’Emily Harrop à Arêches-Beaufort prend une dimension particulière. La Pierra Menta 2026, avec ses parcours cumulant plusieurs milliers de mètres de dénivelé et ses arêtes emblématiques du Beaufortain, représente l’un des archétypes du ski alpinisme de haute montagne. Sur quatre jours de course, les équipes enchaînent montées techniques, passages aériens et descentes engagées, dans un environnement qui exige autant de maîtrise physique que de sens de l’itinéraire.
À ses côtés, Margot Ravinel, 23 ans, incarne également cette nouvelle génération d’athlètes capables d’évoluer entre les différents formats de la discipline. Engagée elle aussi dans l’épreuve olympique de sprint, elle a terminé 6ᵉ des Jeux de Milano-Cortina, après avoir perdu de précieuses secondes lors de la transition de dépeautage, une phase technique qui illustre à elle seule la spécificité du ski alpinisme, où chaque geste compte.
Pour les deux Françaises, la participation à la Pierra Menta symbolise une forme de retour aux racines du ski alpinisme, dans un cadre où l’effort s’inscrit dans la durée et où la montagne redevient le véritable terrain de jeu.
La Pierra Menta, une référence mondiale du ski alpinisme
Depuis sa création en 1986, la Pierra Menta s’est imposée comme l’une des courses les plus emblématiques du calendrier international de ski alpinisme. Organisée à Arêches-Beaufort, dans le massif du Beaufortain, elle appartient aujourd’hui au cercle très restreint des grandes épreuves de longue distance, aux côtés de références mythiques comme la Patrouille des Glaciers en Suisse ou le Trofeo Mezzalama en Italie.
Au fil des décennies, la course est passée d’un événement local rassemblant quelques dizaines d’équipes à un rendez-vous incontournable du ski alpinisme mondial. Chaque année, elle attire à la fois les meilleurs spécialistes internationaux et des amateurs expérimentés, réunis sur une même ligne de départ. Ce mélange entre élite et passionnés constitue l’une des spécificités de l’épreuve et contribue largement à son identité.
Au cœur de cette aventure se trouve une famille : Laurence, Guy et désormais Sébastien Blanc, véritables moteurs de l’événement depuis quatre décennies. Leur ambition ne s’est jamais limitée à l’organisation d’une compétition sportive. Elle vise aussi à préserver l’esprit collectif et la culture montagnarde qui caractérisent historiquement le ski alpinisme.

Comme le rappelle l’organisation : «Depuis 40 ans, la Pierra Menta est un événement qui réunit sur la même ligne de départ les plus grands champions de la discipline et des amateurs dûment entraînés, tous passionnés de ski alpinisme.»
C’est précisément cette philosophie (mêlant exigence sportive, transmission et passion de la montagne) qui a progressivement fait de la Pierra Menta l’une des références mondiales du ski alpinisme.
1986 : quand le ski alpinisme devait encore convaincre
Lorsque la première édition de la Pierra Menta voit le jour en 1986, le contexte des sports de glisse est très différent de celui que l’on connaît aujourd’hui. L’époque est alors dominée par les disciplines dites « fun » (ski acrobatique, monoski ou encore les débuts du snowboard) qui captent l’essentiel de l’attention médiatique.
Dans ce paysage, le ski alpinisme apparaît encore comme une pratique confidentielle. Les organisateurs d’Arêches-Beaufort font pourtant très tôt le pari de son potentiel. Comme le rappellent les fondateurs :
« On osait davantage à l’époque. On a testé dès le début plusieurs parcours, avec 4.000 puis 7.000 mètres de dénivelé, avant d’opter pour les 10.000 mètres sur quatre jours qui font aujourd’hui l’identité de la course. »
Ce choix d’un format particulièrement exigeant va rapidement devenir la signature de l’épreuve. Les participants eux-mêmes plébiscitent cette version la plus engagée, contribuant à forger la réputation de la Pierra Menta comme l’une des courses les plus difficiles du calendrier international.
L’arrivée progressive d’athlètes étrangers accélère ensuite la notoriété de la compétition. Les organisateurs évoquent notamment le rôle déterminant des Italiens, et en particulier de la famille Boscacci, qui participent activement à faire connaître la course à travers l’Europe.


























