• Le Basser Negre offre un cadre exceptionnel pour le lancement des Championnats du monde FIS de freeride, avec des conditions d’enneigement exceptionnelles.
    • Liam Rivera (SUI), Mia Jones (USA), Ben Richards (NZL) et Zuzanna Witych (POL) entrent dans l’histoire du freeride mondial
    • La France, les États-Unis et le Canada dominent le classement des nations

Le freeride a vécu mardi dernier l’un de ces jours qui marquent un avant et un après : le freeride a désormais ses champions du monde.

La première édition des Allianz FIS Freeride World Championships 2026 by Mammut a réuni, pour la première fois sous l’égide de la FIS, l’élite mondiale du ski et du snowboard freeride sur une même piste : l’imposant Basser Negre (2 687 m) d’Ordino.

Les fortes chutes de neige de ces dernières heures (plus de 30 cm pendant la nuit) ont laissé le terrain dans des conditions optimales. Après une matinée marquée par la nébulosité, la compétition a pu démarrer à 1 h, avec une visibilité suffisante et une neige profonde et exigeante.

L’ambiance à l’arrivée était à la hauteur de ce moment historique : un public enthousiaste, des drapeaux, une émotion contenue et le sentiment partagé d’assister à la naissance d’une nouvelle ère pour le freeride.

Liam Rivera signe la première page d’or pour la Suisse en snowboard masculin

Liam Rivera (SUI) a été le grand protagoniste de la journée en snowboard masculin. Avec une descente solide et fluide, le Suisse a su combiner lecture du terrain, contrôle dans les zones rocheuses et un puissant double trick final qui lui a valu 84,33 points et le premier titre mondial de l’histoire dans cette discipline.

« Devenir le premier champion du monde FIS est un rêve. Aujourd’hui, je ne pensais qu’à réussir ma descente. Cette victoire revient à toute mon équipe. » – Liam Rivera

Victor de Le Rue (FRA), dernier à prendre le départ et soumis à une pression maximale, a répondu par une ligne agressive et un 360 initial digne d’un manuel qui lui a assuré la deuxième place (80,00). L’Américain Michael Mawn a complété le podium après une descente engagée et très propre, totalisant 69,00 points dans une performance aussi brève que mémorable.

Mia Jones confirme sa domination et Núria Castán brille à nouveau dans les Pyrénées en snowboard féminin

Mia Jones (États-Unis) a une nouvelle fois démontré pourquoi elle est l’une des grandes sensations du freeride actuel. Avec une entrée décisive dans la partie supérieure, une vitesse constante et un contrôle absolu dans les pentes extrêmes, l’Américaine a remporté la médaille d’or avec 84,00 points.

La Française Noémie Equy a terminé deuxième (81,33), tandis que Núria Castán Barón (ESP) a une nouvelle fois offert une descente qui a séduit le public : ligne directe, difficulté technique et solidité, lui permettant de décrocher une médaille de bronze bien méritée (79,00).

Ben Richards brille et offre à la Nouvelle-Zélande sa première médaille d’or mondiale en ski masculin

Ben Richards (NZL) a réalisé l’une des descentes les plus complètes de la journée. Technique, vitesse, amplitude et contrôle absolu sur une ligne qui a frôlé la perfection et qui lui a valu la note la plus élevée du championnat : 91,67 points.

« Je n’arrive toujours pas à y croire. Représenter la Nouvelle-Zélande de cette manière est une immense fierté. » – Ben Richards

Le Français Ugo Troubat a terminé deuxième (86,00), tandis que le jeune Kai Jones (États-Unis) a complété le podium avec 76,67 points, partageant la vedette avec sa cousine Mia Jones lors d’une journée historique pour la famille.

Abel Moga a terminé à la huitième place (68 points) après une ligne très engagée, signée par le rider aranais. L’Espagnol a choisi de descendre par un couloir étroit et rocheux, pour finalement couronner sa performance par un formidable backflip parfaitement exécuté.

Zuzanna Witych entre dans l’histoire pour la Pologne en ski féminin

La compétition féminine de ski a dû être interrompue en raison d’une mauvaise visibilité, mais le seuil réglementaire de descentes effectuées ayant été dépassé, les résultats ont été validés.

« Représenter mon pays et gagner ici est quelque chose que je n’oublierai jamais. » – Zuzanna Witych

Zuzanna Witych (POL) a su mieux que quiconque gérer des conditions de plus en plus complexes, réalisant une descente intelligente et puissante qui lui a valu 80,33 points et le titre mondial.

Justine Dufour-Lapointe (CAN) prend la deuxième place avec 76,33 points, grâce notamment à l’un de ses backflips emblématiques, réussissant une belle revanche après une réception manquée de justesse la semaine précédente à Val Thorens.

Molly Armanino (USA) complète le podium avec un run propre, alliant style et précision lors de l’une des compétitions les plus importantes de la saison.

La France en tête du classement des nations

Outre les couronnements individuels, ces premiers Championnats du monde FIS de freeride ont servi de cadre au lancement du classement des nations, un format qui met l’accent sur les performances collectives et la solidité des équipes nationales dans toutes les disciplines.

Le système de notation a pris en compte les cinq premiers classés de chaque catégorie, attribuant une note progressive en fonction de la position finale. Une approche qui récompense non seulement les médailles, mais aussi la régularité, la profondeur de l’équipe et la capacité à placer les riders en tête du classement, même dans des conditions difficiles et sur un terrain de haute montagne comme le Basser Negre.

Dans ce contexte, la France a été la nation la plus régulière du championnat. Au-delà des podiums, l’équipe française a fait preuve d’une présence constante en finale, avec des riders capables de prendre des risques, d’analyser intelligemment le terrain et de maintenir un niveau technique élevé dans toutes les catégories. Une confirmation du travail structurel que le pays développe depuis des années dans le domaine du freeride, depuis la base jusqu’à l’élite internationale.

Les États-Unis ont terminé à la deuxième place, grâce à des performances remarquables, notamment en snowboard et en ski féminin, et à une nouvelle génération de riders alliant créativité, puissance et une culture affirmée du freeride de compétition. Le Canada, quant à lui, a complété le podium des nations grâce à sa solidité technique et à l’expérience de ses représentants en haute montagne.