À onze jours de l’ouverture des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a validé la troisième et dernière vague de sélection, venant compléter les annonces précédentes. Cette ultime décision, prise à l’issue des réunions de la Commission consultative de sélections olympiques (CCSO) des 23 et 25 janvier 2026, porte à son terme la constitution de la délégation française pour les disciplines de neige.

Au-delà de l’enjeu sportif, cette sélection raconte une autre histoire : celle des territoires de montagne français, de leurs clubs formateurs et de leurs stations, véritables vitrines du savoir-faire alpin, nordique et freestyle hexagonal.

Les Alpes du Nord, colonne vertébrale du ski français

Sans surprise, les Alpes du Nord constituent le cœur battant de la délégation française. Courchevel, Val d’Isère, La Plagne, Tignes, La Clusaz, Val Thorens, Les 2 Alpes ou encore Chamonix apparaissent comme des noms récurrents derrière les athlètes sélectionnés en ski alpin, ski cross et snowboard cross.

Clément Noël vainqueur du Slalom à Adelboden
Clément Noël vainqueur du Slalom à Adelboden – (c) AFP, ABRICE COFFRINI

Ce n’est pas un hasard. Ces stations concentrent des décennies d’investissements dans les infrastructures d’entraînement, une proximité permanente avec les circuits de Coupe du monde et une culture de la haute performance qui permet aux athlètes d’évoluer, très tôt, dans un environnement internationalisé. À Milan–Cortina, cette domination alpine ne se traduira pas seulement en dossards tricolores sur les pistes : elle projettera l’image d’un massif capable de produire des champions, mais aussi de les accompagner dans la durée.

Nom & prénom Sexe Discipline Club FFS Massif
Clément Noël H Ski alpin – slalom CS Val d’Isère Alpes du Nord
Steven Amiez H Ski alpin – slalom CS Courchevel Alpes du Nord
Léo Anguenot H Ski alpin – slalom CS La Clusaz Alpes du Nord
Paco Rassat H Ski alpin – slalom SC des Aillons Alpes du Nord
Marion Chevrier F Ski alpin – technique CS La Plagne Alpes du Nord
Clara Direz F Ski alpin – technique CS Les Saisies Alpes du Nord
Doriane Escané F Ski alpin – technique CS Courchevel Alpes du Nord
Marie Lamure F Ski alpin – technique CS Courchevel Alpes du Nord
Caitlin McFarlane F Ski alpin – technique SC St-Jean-d’Aulps Alpes du Nord
Laura Gauché F Ski alpin – vitesse CS Tignes Alpes du Nord
Romane Miradoli F Ski alpin – vitesse Interclub Magland Alpes du Nord
Maxence Muzaton H Ski alpin – vitesse CS La Plagne Alpes du Nord
Evan Klufts H Ski cross SC Arâches-Les Carroz Alpes du Nord
Melvin Tchiknavorian H Ski cross CO Val Thorens Alpes du Nord
Paul-André Gay H Ski de bosses Ski Bosses Megève Alpes du Nord
Emma Chervet F Saut à ski CS Chamonix Alpes du Nord
Lucas Chanavat H Ski de fond CS La Clusaz Alpes du Nord
Jules Chappaz H Ski de fond CS La Clusaz Alpes du Nord
Hugo Lapalus H Ski de fond CS La Clusaz Alpes du Nord
Richard Jouve H Ski de fond CS La Plagne Alpes du Nord
Julia Simon F Biathlon CS Les Saisies Alpes du Nord
Justine Braisaz-Bouchet F Biathlon CS Les Saisies Alpes du Nord
Éric Perrot H Biathlon CS Peisey-Vallandry Alpes du Nord
Océane Michelon F Biathlon Bauges Ski Nordique Alpes du Nord
Jeanne Richard F Biathlon CS Les Gets Alpes du Nord
Léa Casta F Snowboard cross SC Les 2 Alpes Alpes du Nord
Maja-Li Iafrate-Danielsson F Snowboard cross SC Les 2 Alpes Alpes du Nord
Chloé Trespeuch F Snowboard cross CO Val Thorens Alpes du Nord
Loan Bozzolo H Snowboard cross SC Saint-Gervais Alpes du Nord
Aidan Chollet H Snowboard cross SC Les 2 Alpes Alpes du Nord
Jonas Chollet H Snowboard cross SC Les 2 Alpes Alpes du Nord
Merlin Surget H Snowboard cross CS Chamonix Alpes du Nord

Les Alpes du Sud, la précision plutôt que le volume

Moins nombreuses, mais particulièrement lisibles, les Alpes du Sud confirment leur positionnement stratégique. Serre Chevalier, Risoul, Isola 2000 ou le Sauze-Barcelonnette s’illustrent à travers des profils orientés vers la vitesse et le snowboard cross.

Ces stations, souvent confrontées à des conditions météorologiques plus contrastées, forment des athlètes complets, à l’aise sur des terrains exigeants. À Milan–Cortina, elles incarnent une autre facette du ski français : celle de l’efficacité ciblée, où la spécialisation devient un levier de performance.

Nom & prénom Sexe Discipline Club FFS Massif
Camille Cerutti F Ski alpin – vitesse CS Risoul Alpes du Sud
Nils Allègre H Ski alpin – vitesse CS Serre-Chevalier Alpes du Sud
Nils Alphand H Ski alpin – vitesse CS Serre-Chevalier Alpes du Sud
Terence Tchiknavorian H Ski cross GSS Sauze-Barcelonnette Alpes du Sud
Julia Nirani-Pereira F Snowboard cross Back to Back Isola 2000 Alpes du Sud

 

Nils ALLEGRE
Nils ALLEGRE

Le Jura, socle silencieux des disciplines nordiques

Discret médiatiquement, le Jura demeure pourtant un pilier fondamental de la délégation. Chaux-Neuve et Les Fourgs portent à bout de bras les disciplines nordiques : saut à ski, combiné nordique et ski de fond.

Dans ces territoires, la performance repose sur un modèle moins spectaculaire mais redoutablement efficace : continuité de la formation, fidélité aux clubs, culture de l’effort sur le long terme. À l’heure des Jeux, le Jura rappelle que l’olympisme ne se limite pas aux grandes stations vitrines, mais s’appuie aussi sur des bassins de compétences profondément enracinés.

Nom & prénom Sexe Discipline Club FFS Massif
Maël Tyrode H Combiné nordique Ski Club Les Fourgs Jura
Joséphine Pagnier F Saut à ski Risoux Club Chaux-Neuve Jura
Cloé Pagnier F Ski de fond Risoux Club Chaux-Neuve Jura
Quentin Fillon-Maillet H Biathlon Ski Club du Grandvaux Jura
Lou Jeanmonnot F Biathlon Olympic Mont d’Or Jura
Oscar Lombardot H Biathlon Olympic Mont d’Or Jura

Les Pyrénées, l’excellence de niche

Avec Font-Romeu et les Monts d’Olmes comme principaux points d’ancrage, les Pyrénées affirment une représentation volontairement plus restreinte mais hautement significative au sein de la délégation française. Le freestyle y occupe une place centrale, à travers le halfpipe, discipline pour laquelle Font-Romeu s’est imposée comme un site d’entraînement de référence, combinant altitude, infrastructures adaptées et ouverture vers les cultures de glisse internationales.

Parallèlement, le ski de bosses trouve dans les Monts d’Olmes un terrain historique d’expression et de formation, incarné au plus haut niveau par Perrine Laffont, figure emblématique du massif.

Nom & prénom Sexe Discipline Club FFS Massif
Vincent Maharavo H Freeski – halfpipe CSM Font-Romeu Pyrénées
Perrine Laffont F Ski de bosses Mont d’Olmes Pyrénées
Perrine Laffont

Les Vosges, la résilience comme signature

Enfin, les Vosges, à travers le ski de fond, confirment leur rôle de territoire formateur. Vagney incarne cette montagne plus discrète, mais essentielle à l’équilibre de l’équipe de France. Une présence qui témoigne de la diversité du modèle français, capable d’associer grandes stations alpines et massifs plus modestes dans une même ambition olympique.

Nom & prénom Sexe Discipline Club FFS Massif
Clémence Didierlaurent F Ski de fond SC Vagney-Rochesson Vosges
Delphine Claudel F Ski de fond SC La Bressaude Vosges
Léonie Perry F Ski de fond SC La Bressaude Vosges
Fabien Claude H Biathlon SC Basse-sur-le-Rupt Vosges
Émilien Claude H Biathlon SC Basse-sur-le-Rupt Vosges

Le cas d’Alexis Pinturault, une absence qui marque une bascule générationnelle

Toute sélection olympique est aussi une liste d’absents. La densité exceptionnelle du ski français a laissé plusieurs athlètes de haut niveau aux portes des Jeux. Quotas limités, concurrence interne féroce, retours de blessure tardifs ou pics de forme décalés : les raisons sont multiples, rarement réductibles à une simple question de niveau.

Le cas de Victor Muffat-Jeandet, un temps cité parmi les candidats potentiels au rôle de porte-drapeau, illustre la brutalité de ces arbitrages.

Parmi les absences les plus commentées de cette sélection olympique figure celle d’Alexis Pinturault. Champion majeur du ski alpin français de la dernière décennie, multiple médaillé mondial et olympique, l’athlète de Courchevel ne sera pas au départ des Jeux de Milan–Cortina 2026.

(C) Alain Grosclaude (Agence-Zoom)
(C) Alain Grosclaude (Agence-Zoom)

Cette non-sélection ne relève ni d’un déclassement sportif ni d’un choix symbolique, mais d’un faisceau de contraintes objectives. La grave blessure au genou survenue la saison précédente a lourdement pesé sur sa préparation, et le calendrier de qualification olympique, particulièrement resserré, n’a pas permis un retour au niveau d’exigence requis dans la fenêtre décisive.

Dans un contexte de concurrence interne extrêmement dense en ski alpin technique, la Fédération française de ski a privilégié des athlètes en pleine dynamique de performance, capables d’aborder les Jeux avec des garanties immédiates. L’absence de Pinturault illustre ainsi la logique implacable du modèle olympique : les Jeux ne consacrent pas une carrière, aussi exceptionnelle soit-elle, mais un instant précis de forme sportive.