Ce lundi 21 juillet 2025, à Décines‑Charpieu, le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’Hiver des Alpes Françaises 2030 (COJOP), présidé par Edgar Grospiron, a tracé les grandes lignes de son schéma préférentiel des sites pour la validation finale devant la commission exécutive du CIO, prévue en décembre.
Au cours du Conseil d’Administration, Edgar Grospiron a présenté un document stratégique ciblant quatre clusters géographiques : la Haute‑Savoie (Le Grand‑Bornand, La Clusaz), la Savoie (Courchevel, La Plagne, Val d’Isère), le Briançonnais (Serre Chevalier, Montgenèvre) et Nice Côte d’Azur. Selon le COJOP, ce schéma couvre 80% du projet, laissant trois dossiers sensibles à finaliser : l’intégration de Val d’Isère pour le ski alpin, l’organisation des épreuves paralympiques en cas de retrait probable de Méribel, et la sélection du site de l’ovale de patinage de vitesse. Ces arbitrages sont réclamés pour atteindre une solution cohérente technique et budgétaire, tout en préservant l’accessibilité, la compacité et l’attractivité du plan.
Val d’Isère contre Méribel : un bras de fer attendu
Le retour de Val d’Isère illustre l’enjeu politique et financier du schéma. Initialement écartée de la carte lors de l’attribution de juillet 2024, la station savoyarde est désormais présentée comme l’un des deux sites de ski alpin, en alternance avec Courchevel, remplaçant potentiellement Méribel. Le COJOP justifie cette réintégration par sa volonté de « sublimer les épreuves de ski alpin » et rappelle que des « discussions sont en cours avec la collectivité pour intégrer cette station emblématique tout en maintenant l’équilibre budgétaire, par des engagements clairs ». Selon une source proche du dossier, l’intégration de Val d’Isère pourrait coûter entre 25 et 30 M€, mais le COJOP se montre confiant quant à la possibilité d’en absorber la charge.

En face, Méribel s’est retirée des discussions, estimant que le nouveau projet ne respecte plus l’esprit de la charte olympique. Le maire des Allues a dénoncé un procédé jugé « aberration logistique, financière, environnementale et symbolique », tout en refusant d’être cantonné aux seules épreuves paralympiques . Le COJOP, de son côté, maintient qu’aucun arbitrage définitif n’a été rendu.
Au-delà du duel Val d’Isère/Méribel, le COJOP est confronté à deux autres enjeux cruciaux :
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Jeux Paralympiques : en cas de retrait de Méribel, le COJOP, en collaboration avec le CPSF et l’IPC, doit définir des alternatives répondant à des exigences fortes de compacité, d’accessibilité et d’engagement du public.
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Ovale de patinage de vitesse : un appel à propositions a été lancé pour choisir entre Turin et Heerenveen, en s’assurant que le site retenu contribue à la cohérence sportive et événementielle des Jeux.
L’ensemble du schéma devra être validé avant la session de décembre 2025 de la commission exécutive du CIO, qui exigera une carte définitive des sites accompagnée d’études approfondies de faisabilité technique et financière.
Une accélération dans l’organisation structurelle
Parallèlement à la présentation des sites, le Directeur général du COJOP, Cyril Linette, a exposé les avancées majeures de ces dernières semaines :
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Finalisation du comité de direction : avec l’arrivée des quatre nouveaux directeurs dès septembre, le COJOP sera pleinement opérationnel pour mener à bien les études techniques, les négociations territoriales, et la contractualisation des engagements.
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Préparation budgétaire : un budget consolidé sera présenté cet automne, avec pour objectif de conforter l’équilibre financier du projet.
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Branding olympique : en parallèle de la carte des sites, la marque et l’emblème alpins sont en cours de conception.
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Transition symbolique : la passation des drapeaux olympique et paralympique à Milan‑Cortina 2026 sera déjà préparée, en partenariat avec le CNOSF et le CPSF.
Edgar Grospiron : « faire des Jeux spectaculaires, durables et responsables »
Lors de la séance, Edgar Grospiron a déclaré : « Avec ce schéma préférentiel abouti, et une équipe en ordre de marche pour valider définitivement chaque site d’un point de vue budgétaire et technique, le COJOP passe la vitesse supérieure ! Mon objectif, c’est de faire des Jeux spectaculaires, dans le respect de la contrainte budgétaire et en bâtissant un héritage durable. »

Cette déclaration conclut une communication centrée sur l’engagement du COJOP à concilier performance, spectacle et responsabilité financière et environnementale.
Cet exercice de définition du schéma préférentiel intervient trois ans avant les Jeux, un timing jugé opportun pour sécuriser les partenariats, affiner le plan de financement, et initier les premiers chantiers. Il permet également de :
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Mettre en cohérence le calendrier budgétaire (budget final en octobre) et le calendrier politique (décision du CIO en décembre, transition post‑Milan Cortina).
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Renforcer la compacité géographique du projet, pour maximiser la mobilisation des publics et renforcer la lisibilité de l’événement.
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Clarifier les engagements territoriaux : conventions à venir avec chaque collectivité pour délimiter responsabilités du COJOP sur sites sportifs et mobilités publiques.
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Initier le dialogue institutionnel de haut niveau, à la fois avec les régions, l’État et le CIO, essentiel pour rassurer et structurer la gouvernance du projet.
Avec ce schéma préférentiel, le COJOP Alpes Françaises 2030 pose les jalons d’un projet assumé, global et professionnel. Reste à régler les points critiques : la confirmation de Val d’Isère, la gestion des épreuves paralympiques et le choix de l’ovale. Les mois à venir seront déterminants, tant sur le plan financier que sur le plan institutionnel.
L’organisation des Jeux d’hiver des Alpes françaises avance désormais à cadence élevée, avec une gouvernance en place, un agenda structuré et une vision claire : proposer des Jeux d’exception, ancrés dans les territoires, équilibrés budgétairement et responsables pour les générations futures.


























