Hier, la montagne a gardé auprès d’elle l’un de ses fils les plus lumineux. Elle l’a choisi au cœur de l’action, dans l’exercice de ce qui faisait partie intégrante de sa vie : veiller, protéger, secourir. Olivier, notre ami, notre frère de cœur et de sommets, s’en est allé dans l’exercice de sa mission de CRS de montagne, alors qu’il tentait de sauver une vie. Ce n’est pas un fait divers, ce n’est pas un simple drame : c’est une perte immense, infiniment humaine, infiniment douloureuse.

Aujourd’hui, nous voulons lui parler, lui rendre hommage, à lui, le jeune judoka de Capvern, celui qui découvrait les joies de la glisse à Piau Engaly lorsque nous étions au Lycée de Lannemezan. Celui qui, même jeune, savait déjà que la montagne ne serait pas seulement un décor de ses hivers, mais le fil conducteur d’une vie riche, intense, dévouée.

Nous l’avons vu grandir, évoluer, tracer sa voie avec cette passion contagieuse pour les cimes, la neige, le ski, le canyoning. Toujours dans le partage, toujours dans l’attention portée à l’autre. La montagne, pour lui, n’était jamais un terrain de conquête. C’était un espace de respect, d’humilité, un espace à transmettre, à défendre, à protéger.

Olivier Mariande
Olivier Mariande

Olivier avait cette force tranquille et ce sourire qui désarmaient tout. Même dans les pires conditions, même quand le danger rôdait, il gardait cette lumière dans les yeux, ce regard bienveillant qui rassurait et donnait envie d’avancer. Il savait ce que la montagne peut prendre – il avait déjà perdu des compagnons, des frères d’armes, des amis proches – et pourtant, il retournait là-haut, chaque matin, avec ce courage silencieux des héros de l’ombre.

Nous avons partagé des cours, des pistes, des souvenirs, des kilomètres en voiture vers Périgueux, quand l’école de police t’ouvrait les portes d’un autre monde. Mais c’est toujours à la montagne que nos chemins se recroisaient. Par des images, des vidéos, des messages où tu nous racontais tes courses, tes sauvetages, mais aussi ta vision d’une montagne respectueuse, où la sécurité et l’écoute de la nature devaient toujours primer. Tu voulais sur I Love Ski, que l’on rappelle, à ceux qui te lisaient, que la montagne ne pardonne pas l’imprudence. Et que l’on pouvait s’y amuser, s’y émerveiller, mais seulement avec la conscience de ce qu’elle est vraiment.

Les Pyrénées, aujourd’hui, sont orphelines d’un de leurs enfants les plus fidèles. Mais elles ne t’ont pas perdu. Elles t’ont gardé. Elles t’ont reconnu comme l’un des leurs, à jamais. Là-haut, entre deux pics, là où le vent porte ton indétrônable sourire et ton regard franc.

Olivier, tu étais un homme de lumière. Tu n’as jamais cherché la reconnaissance, jamais voulu les projecteurs. Mais aujourd’hui, nous te les offrons. Parce que tu les mérites. Parce que tu es parti en héros, un de ces héros discrets qui donnent leur vie pour en sauver une autre.

À ta famille, à tes proches, à tes frères d’uniforme, à tous ceux qui ont croisé ta route : nous leur envoyons toute notre tendresse, toute notre admiration.

Et à toi, mon ami, repose là-haut, au sommet. Merci pour ta lumière, ton sourire, ta force tranquille. Merci d’avoir été là.

Pour toi, Olivier. Toujours.