
Samjiyôn : une inauguration en grandes pompes en 2019
En 2019, la Corée du Nord a inauguré l’un des projets phares de son dirigeant, Kim Jong Un : une ville créée à partir de rien, à côté de la montagne sacrée Paektu, d’où, selon la propagande du régime, descend la dynastie des dictateurs Kim. La ville, appelée Samjiyon, est conçue selon ce que Pyongyang appelle une « utopie socialiste », avec des appartements, des hôtels, une station de ski, des centres commerciaux, culturels et de santé.
Les investissements ont porté sur la rénovation des pistes, l’ajout d’équipements modernes et l’amélioration des services touristiques, le tout en mettant l’accent sur le confort et la sécurité des futurs visiteurs. Ce projet s’inscrit également dans une stratégie plus large visant à projeter une image plus accueillante et dynamique du pays, contrastant avec l’austérité habituelle de la dictature.

Le développement de Samjiyôn fait partie d’un projet plus large de transformation de la région en un complexe touristique majeur, avec des attractions telles que des musées, des monuments dédiés à Kim Jong-il, et des excursions guidées vers le mont Paektu, une montagne sacrée pour les Nord-Coréens.
La stratégie du gouvernement nord-coréen avec ce projet est non seulement de renforcer l’économie locale par le tourisme, mais aussi de promouvoir une image plus positive du pays à l’international, tout en capitalisant sur les ressources naturelles et historiques uniques de la région de Samjiyôn. La ville est l’une des plus grandes initiatives économiques lancées par Kim dans le cadre de son objectif de faire de la Corée du Nord une économie « autosuffisante », alors que Pyongyang tente de convaincre les États-Unis d’abandonner les sanctions qu’ils ont imposées en raison de son programme nucléaire.
Outre un musée sur la révolution et un stade de sports d’hiver, le projet comprend une nouvelle ligne ferroviaire vers Hyesan, 10 000 logements et une usine de transformation de myrtilles et de pommes de terre, les deux ressources les plus importantes de la région.
Pyongyang n’a pas révélé le coût de ce projet, qui a été réalisé en plusieurs phases.
Corée du Nord : une réouverture des frontières à partir de décembre 2024
Par ailleurs, la Corée du Nord prévoit de rouvrir ses frontières aux touristes étrangers en décembre 2024, après plusieurs années de fermeture dues à la pandémie de COVID-19. Cette réouverture des frontières coïncide avec la mise en avant de nouvelles destinations touristiques, dont cette station de ski modernisée, afin d’attirer un afflux de visiteurs internationaux. Les autorités nord-coréennes comptent sur le tourisme pour injecter de nouvelles ressources dans l’économie, tout en utilisant ces nouvelles infrastructures pour renforcer les relations diplomatiques et économiques avec les nations intéressées.

De plus, selon des informations récentes, cette réouverture sera partielle, avec un accès limité dans un premier temps, ce qui pourrait signifier que seules certaines zones spécifiques du pays, comme cette station de ski et d’autres destinations touristiques clés, seront ouvertes aux étrangers. La transformation d’un site militaire en une station de ski moderne en Corée du Nord illustre bien la dualité du pays : un mélange de rigidité militaire et d’ouverture économique, avec toujours un arrière-goût de stratégie politique.
Cette réouverture pourrait marquer une étape importante dans les relations internationales du pays, notamment en attirant des touristes de nations amies et en renforçant les échanges culturels. Toutefois, les questions de sécurité et de droits de l’homme restent des obstacles majeurs à surmonter pour que ce projet soit couronné de succès à l’échelle mondiale.

























