Depuis les années 2000, la commune de Saint-Gervais Mont-Blanc s’est engagée dans une démarche de développement durable, cherchant à concilier respect de la nature et développement touristique. Cet engagement a été reconnu par l’obtention du label Flocon Vert, avec 2 flocons attribués en 2022. Saint-Gervais Mont-Blanc est la première station à obtenir directement 2 flocons, une distinction qui salue les efforts continus de la commune pour un territoire plus durable.

Le 6 septembre prochain, la commune de Saint-Gervais Mont-Blanc marquera un tournant dans la mobilité durable avec l’inauguration du « Valléen », une télécabine unique en son genre qui relie la gare SNCF et le bourg du Fayet au centre du village de Saint-Gervais en seulement cinq minutes. Ce projet novateur, résultat de deux décennies d’engagement durable de la commune, est le symbole d’une transition vers une montagne plus respectueuse de l’environnement et accessible à tous.

Jean-Marc Peillex, Maire de la commune de Saint-Gervais depuis 2001, nous partage en exclusivité sa vision et les coulisses du projet « Le Valléen », nouvelle pièce maîtresse de cette stratégie. Il vient concrétiser ces ambitions en offrant une alternative écologique à la voiture pour rejoindre la station et s’y déplacer tout au long de l’année.

L’ascenseur « le Valléen » à Saint-Gervais : un engagement de longue date

L’ascenseur « Le Valléen » incarne un engagement de longue date en matière de mobilité durable à Saint-Gervais. Comme l’indique Jean-Marc Peillex, « on ne peut pas réaliser des projets pour une collectivité sans penser sur le long terme. » Bien que l’ascenseur ait été construit en un peu plus d’un an, le projet a nécessité environ trois ans de travail pour se concrétiser.

Construction de l’ascenseur « Le valléen ». ®STBMA

Jean-Marc Peillex rappelle que le concept du « Valléen » n’est pas né de lui, mais il s’agit d’une reprise de projets encouragés par Laurent Wauquiez et la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui ont poussé les stations à développer des ascenseurs valléens. L’objectif était simple mais ambitieux : créer une mobilité qui n’existait pas et faciliter ou créer des liens entre des bourgs ou des communes étagées. Saint-Gervais, s’étendant de 580 mètres à 4 809 mètres au sommet du Mont Blanc, se prête particulièrement bien à ce genre d’initiative.

« Saint-Gervais est la commune la plus dénivelée d’Europe. Elle est constituée de plusieurs bourgs. Le Fayet, situé à 580 mètres, était autrefois appelé « Les champs d’en bas » car, jusqu’au début du XXᵉ siècle, il n’y avait que quelques constructions. Puis, le train est arrivé dans les années 1900, après la catastrophe du Glacier de Tête Rousse en 1892, et à partir de ce moment-là, tout a changé. Le train est arrivé, et comme au Far West, les constructions ont commencé à se développer autour de la gare, un point névralgique et un nœud économique ».

« Saint-Gervais, c’est un début et une fin», nous explique Jean-Marc Peillex. « Notre gare est un terminus et donc aussi un point de départ. Ce n’est pas une simple gare de passage. Nous sommes le terminus et le départ de voyages provenant des grandes lignes internationales de chemin de fer, du TGV des neiges le week-end en hiver, même si nous n’avons pas le privilège de l’avoir tout le temps, contrairement à certaines régions de Savoie.

Saint-Gervais est également le début et la fin du Léman Express, provenant ou se dirigeant vers le Genevois et le Grand Genève. Nous sommes aussi le début et la fin du Mont-Blanc Express, un train à voie métrique, différent des voies traditionnelles SNCF, reliant Martigny en Suisse, Chamonix à Saint-Gervais. Enfin, nous sommes le début et la fin du tramway du Mont-Blanc, le train à crémaillère le plus haut de France, qui emmène l’hiver dessert notre deuxième domaine skiable « Les Houches Saint-Gervais » et qui l’été emmène les alpinistes jusqu’au Nid d’Aigle, à environ 2.400 mètres d’altitude, leur point de départ pour l’ascension du Mont Blanc.

Sur le plan personnel, Jean-Marc Peillex revient sur sa volonté de dynamiser son territoire : “je me décrirais comme un opportuniste, un terme que Jean-Pierre Raffarin a utilisé lors de l’inauguration de l’ascenseur des Thermes, où il m’a qualifié avec humour de « racketteur de subventions ». Cependant, loin d’être un racketteur, je suis simplement attentif aux opportunités qui se présentent, même si cela peut susciter des jalousies. Cette attitude proactive nous a permis de financer plusieurs projets avec des fonds européens en collaboration avec nos partenaires italiens, notamment avec le Val d’Aoste. Lorsque Laurent Wauquiez a annoncé qu’il financerait 30 % des projets d’ascenseurs valléens avec un plafond de 10 millions d’euros de subvention, je me suis naturellement dit : « Pourquoi pas nous ? » Cette approche pragmatique et tournée vers l’action nous a permis de concrétiser des projets ambitieux pour la commune”.

« Le Valléen » : vers un lien durable entre habitants et territoire

La réalisation du projet de l’ascenseur « Le Valléen » à Saint-Gervais ne s’est pas faite en un jour. « On ne réalise pas un tracé et un projet de cette envergure sans suivre une évolution réfléchie et progressive », explique Jean-Marc Peillex, maire de la commune.

Un jour, alors qu’il revenait d’une réunion au conseil départemental, une idée germe en passant devant un rond-point où trois des quatre branches étaient déjà aménagées. « Je me suis alors demandé : Et si on créait cette quatrième branche, où pourrait-elle nous mener avec un téléporté ? » raconte-t-il. Cette idée de téléporté pour rejoindre les pistes de ski avait déjà été envisagée dans les années 1980 mais abandonnée face à la polémique qu’elle avait suscitée.

Départ de l’ascenseur « Le valléen ». ®STBMA

Jean-Marc Peillex décide alors de reprendre cette idée en traçant une ligne depuis ce rond-point, sur la commune de Domancy, jusqu’au Bettex, station intermédiaire du principal domaine skiable de Saint-Gervais. Il réunit les maires des communes voisines concernées qui le félicitent pour ce projet mais ce ne fût pas l’avis de leurs conseils municipaux. Face à cette situation, le projet est déplacé pour être totalement implanté sur le territoire communal de Saint-Gervais. « Nous avons poursuivi dans cette direction. Lors des réunions suivantes, deux éléments ont émergé. D’abord, le maire de Megève m’a conseillé de ne pas relier le Bettex mais de rapprocher l’arrivée du bourg de Saint-Gervais. Ensuite, en réunissant toutes les parties prenantes dès le début – dont les services de l’Etat, en particulier la DDT et la DREAL, celle-ci a exprimé son soutien pour le projet tout en suggérant de le rapprocher de la gare. Grâce à cette suggestion, nous avons décidé de placer l’ascenseur à proximité de la gare SNCF ».

« Il faut avoir le courage de concrétiser le projet », affirme Jean-Marc Peillex, résolu à ne pas laisser ce projet devenir un concept théorique comme tant de projets ! Pour le maire, ce n’est pas la première fois qu’il surmonte les obstacles. Il rappelle la construction du pont à l’entrée de Saint-Gervais, un projet existant depuis 1937 qu’avec son équipe municipale il est arrivé à faire réaliser par le département entre 2010 et 2012.

« Avant sa construction, les maisons vibraient au passage des camions qui traversaient le bourg aux murs crasseux. Aujourd’hui, grâce au nouveau pont, nous avons transformé Saint-Gervais en un lieu agréable avec des terrasses partout et une véritable vie de village.  Avec « Le Valléen », nous allons donc créer un nouveau lien aux vertus similaires à celles que nous avons créés avec le pont ».

Penser un projet, vouloir sa réalisation est une première étape, il faut ensuite s’assurer de sa faisabilité financière et de son financement. Convaincus par la nécessité de permettre la réalisation des infrastructures décarbonées de la mobilité de demain, le Conseil départemental de Haute-Savoie apporta son important soutien financier, 21.200 K€ au coté de celui de la Région Auvergne-Rhône Alpes 9.000 K€, de la commune 1.000 K€, dans le cadre du contrat de plan Etat Région (CPER). Le solde des investissements 13.800 K€ est porté par le délégataire-exploitant la STBMA.

Des trajets en moins et une révolution pour la mobilité des lycéens à Saint-Gervais

Le Valléen est un moyen de transport 100 % bas carbone, conçu pour désengorger l’unique axe routier entre Le Fayet et le centre de Saint-Gervais. En réduisant le trafic routier de près de 15 000 voitures par an, le Valléen permet de diminuer les émissions de CO2 d’environ 15 %, contribuant ainsi significativement à la lutte contre le réchauffement climatique.

Les objectifs de l’ascenseur valléen vont bien au-delà de la simple réduction du nombre de voitures en circulation. « Il s’agit de créer quelque chose de nouveau », explique Jean-Marc Peillex. « Bien sûr, il y a des gains environnementaux, comme on peut le voir dans les fiches techniques, mais l’essentiel est de permettre aux habitants, par exemple ceux qui vivent au Fayet, de profiter de tous les services publics. » Actuellement, ces résidents paient les mêmes impôts que ceux qui habitent au bourg de Saint-Gervais, mais l’accès à des infrastructures essentielles comme la patinoire, la piscine, la bibliothèque ou encore la maison médicale, toutes situées à Saint-Gervais, leur est difficile sans voiture. « Désormais, ils pourront bénéficier pleinement des services publics pour lesquels ils contribuent financièrement, tout comme les autres habitants. »

Arrivée du Valléen à Saint-Gervais. ®STBMA

« Lorsque vous mettez en place un ascenseur valléen, vous avez deux options : soit vous l’intégrez dans une véritable politique de mobilité avec une vision nouvelle, soit il est considéré comme une simple remontée mécanique », souligne le maire. Cette vision nouvelle s’applique à des bourgs comme Saint-Nicolas-de-Véroce, situé à 1 200 mètres d’altitude, où les transports publics ont disparu depuis l’association avec Saint-Gervais il y a 50 ans. « Les 250 habitants de Saint-Nicolas-de-Véroce sont donc coupés du reste de leur commune », note Jean-Marc Peillex.

Pour remédier à cela, la logique suivie avec “le Valléen” est de créer une véritable colonne vertébrale de mobilité : « À partir de la gare, on peut se rendre à Sallanches ou à Chamonix pour travailler mais une fois arrivé à Saint-Gervais comment fait-on ? La réponse a été vite trouvée en imaginant un transport public fonctionnant toute l’année pour ne pas réduire « Le Valléen » à une télécabine touristique. »

C’est ainsi que le 2 septembre, un nouveau service de transport public sera lancé, reliant Saint-Nicolas-de-Véroce et les hameaux qui s’en suivent au “Valléen” et qui se prolongera jusqu’au centre-sportif des Pratz, et ce au moyen d’une navette électrique de 21 places. « C’est une véritable révolution », affirme Jean-Marc Peillex, « il est rare de trouver dans une ville de notre taille un service de transport en commun toutes les heures, toute l’année, et décarboné. »

« Le valléen » à Saint-Gervais : l’accessibilité et la liberté de déplacement pour tous

Pour que “le Valléen” soit utilisé, il faut le rendre accessible. « C’est une véritable nouvelle logique de mobilité que nous mettons en place », insiste Jean-Marc Peillex. Cela nécessitera un changement d’habitudes pour les résidents. « Aujourd’hui, en montagne, vous avez l’habitude de monter pour faire du ski. Si on dit à quelqu’un : ‘Maintenant vous descendez pour aller skier’, c’est complètement contre-intuitif. Nous allons leur proposer d’emprunter la navette pour accéder au Valléen, afin de leur faciliter l’accès au domaine skiable et éviter les problèmes de stationnement »

Saint-Gervais Mont-Blanc

Le deuxième enjeu évoqué par Jean-Marc Peillex est la barrière financière. « Nos premiers utilisateurs seront nos habitants », explique t’il. « Le Valléen est conçu avant tout pour eux, bien que les touristes en bénéficieront également. Ce sont les touristes qui permettront l’équilibre financier du projet. Sans l’intégration de ce transport dans le package de nos remontées mécaniques et du ski, pour lequel le délégataire apporte un soutien financier considérable, ce projet n’aurait pas pu voir le jour. »

Enfin, en s’inspirant de la jurisprudence de Montpellier, qui a récemment décidé d’offrir la gratuité des transports publics à tous les habitants, Saint-Gervais a pris une décision similaire. « Autrefois, le principe sacro-saint de l’égalité devant un service public empêchait de créer des tarifs privilégiés pour les résidents permanents. Mais maintenant que Montpellier l’a fait, nous avons décidé d’offrir à tous les habitants, pour la première année, un pass gratuit », conclut le maire.

Vers une « révolution de la mobilité »

Pour faciliter l’accès à l’ascenseur “Le Valléen”, trois catégories de pass ont été mises en place. « Le transport scolaire sera accessible via le Valléen », explique Jean-Marc Peillex. La Région a joué un rôle clé en supprimant le bus entre Saint-Gervais et le lycée du Mont-Blanc. « Il y aura une rupture de charge, et les lycéens seront déposés à la télécabine pour prendre le Valléen jusqu’au lycée », précise-t-il.

Le « pass scolaire » de la Communauté de communes Pays du Mont-Blanc, permettant aux élèves de profiter des activités hivernales et estivales donnera également accès au Valléen dès le 15 décembre, date d’ouverture de la station.

Pour les autres habitants, la commune a innové en créant le « Pass SaintG’air ». « Quand on parle de Saint-Gervais, on dit souvent ‘je vais à Saint-Ger’, alors nous avons joué sur ce surnom pour inventer ce pass », explique Jean-Marc Peillex. Ce pass, bien qu’il soit gratuit pour l’utilsateur, est financé par la commune, qui les paiera à son délégataire pour les offrir aux résidents. « Cela représente un coût d’environ 180 000 € pour la commune », souligne-t-il, justifiant cette décision par le désir d’éliminer la barrière financière. Cependant, il est réaliste : « Je vais être honnête, nous ne ferons pas cela indéfiniment. »

Ascenseur des Thermes

Jean-Marc Peillex revient sur la mise en service le 3 août dernier de « l’ascenseur des Thermes », un ascenseur incliné fonctionnant grâce au poids des eaux usées. À peine deux semaines plus tard, « au 20 août, nous avons déjà enregistré plus de 5.000 trajets », indique t’il. « Si vous multipliez cela par un remplissage moyen de dix personnes par cabine qui peut en contenir 16, cela représente plus de 50 000 personnes transportées en quinze jours », se félicite-t-il. Ce projet, tant attendu, fait partie intégrante de la nouvelle stratégie de mobilité de la commune, reliant le parc thermal à l’entrée du bourg de Saint-Gervais et transformant déjà la vie locale.

« C’est pourquoi je parle de révolution de la mobilité, et non simplement de ‘mobilité propre’ ou ‘décarbonée’, comme le disent certains écologistes ou les administrations nationales« , insiste le maire. Bien que le projet s’inscrive dans une démarche de mobilité propre et décarbonée, l’objectif principal est plus vaste : « Nous créons de la vie, du lien, et nous offrons aux gens une nouvelle forme de liberté. » Jean-Marc Peillex rappelle que la voiture a longtemps été perçue comme le symbole de la liberté, notamment dans les années 50, où ceux qui n’avaient pas les moyens étaient contraints d’utiliser les transports en commun, souvent perçus comme une punition. « Les riches avaient des voitures », dit-il, soulignant comment l’augmentation du niveau de vie a permis à beaucoup d’accéder à une mobilité individuelle.

« Mais aujourd’hui, nous proposons quelque chose d’un peu différent », explique t’il. « Nous créons des alternatives qui permettront aux gens de bénéficier d’une nouvelle liberté, celle de la mobilité individuelle sans avoir à acheter ou à utiliser leur véhicule. » C’est dans cet esprit que le Valléen, reliant Le Fayet à Saint-Gervais, fonctionnera 365 jours par an, de 7 h à 20 h 30, tout comme la navette électrique, avec des automatismes qui empêcheront les cabines de tourner inutilement lorsqu’il n’y a personne, offrant ainsi une nouvelle approche de la mobilité en montagne, simple et décarbonée.

Amélioration de la qualité de vie et attractivité touristique

Le Valléen ne se contente pas de faciliter les déplacements : il contribue à améliorer la qualité de vie des habitants en réduisant les nuisances sonores et les pollutions, tout en renforçant l’attractivité touristique de la commune. En reliant le domaine skiable Évasion Mont-Blanc aux grands centres urbains comme Londres, Bruxelles, Paris, Lyon et Genève, il offre aux visiteurs la possibilité d’arriver en train et de rejoindre les pistes sans jamais utiliser leur voiture. Un exploit qui sera encore renforcé avec le remplacement du second tronçon reliant le centre-bourg de Saint-Gervais au Bettex prévu pour le début de l’hiver 2024-2025.

Village de Saint-Gervais

Il y a deux aspects à considérer. Tout d’abord, le tourisme à Saint-Gervais est permanent. Contrairement à des stations comme Megève, Courchevel ou Val d’Isère, nous accueillons des touristes tout au long de l’année. Il n’y a pas de mois creux où la station serait totalement vide.

« Notre stratégie de développement du tourisme, mise en place depuis 20 ans, est centrée sur un tourisme de proximité, même si bien évidemment, nous recevons des visiteurs du monde entier. Le « bruit de fond » de notre activité touristique provient principalement de la région Auvergne Rhône-Alpes et du Genevois. L’idée est de créer des infrastructures qui servent d’abord aux habitants, car c’est le cœur de ma politique. Avec mon équipe, nous concevons les projets au profit des habitants permanents, puis nous les dimensionnons de manière à ce que les touristes puissent également en profiter. Par exemple, le Valléen permettra à des personnes de venir en train avec leur vélo et de passer un week-end à Saint-Gervais.

Grâce aux navettes qui fonctionnent toute l’année, il sera même possible de faire un trajet Bruxelles – Saint-Nicolas-de-Véroce sans voiture, et cela en toute saison. Nous ne sommes pas dans une logique de services saisonniers. A Saint-Gervais, les résidents secondaires, les touristes partagent le même espace que les habitants ; il n’y a pas de distinction, nous vivons et profitons des mêmes espaces, des mêmes équipements, c’est un savant mélange. Ainsi, quel que soit le mois ou le jour de l’année, les touristes n’auront plus à se ou à nous demander si le transport est disponible puisqu’il existe tout le temps. Nous avons mis en place un véritable lien permanent qui facilite leur venue. »

Le Valléen s’inscrit dans une vision plus large de développement touristique durable. En facilitant l’accès aux activités hivernales ou estivales, comme le VTT ou le parapente, il permet à Saint-Gervais Mont-Blanc de devenir une destination de choix tout au long de l’année, quels que soient les aléas climatiques, attirant un tourisme de proximité et contribuant ainsi à la vitalité économique locale.

Télécabine L’Alpin en cours de construction. ®STBMA

« Le deuxième maillon du Valléen, qui s’appellera l’Alpin, correspond au remplacement de notre télécabine reliant Saint-Gervais au Bettex, le « DMC, lui-même construit sur le squelette du premier téléphérique de 1936. Cette rénovation sera achevée pour le 15 décembre. Il s’agira d’une télécabine avec des cabines de dix places, utilisant la même gare que le Valléen mais répondant à la réglementation des transports câblés touristiques. Il suffira simplement de changer de cabine. Ce nouvel équipement pourra transporter jusqu’à 2 800 personnes par heure, contre 1 800 auparavant. »

En tant que pionnier dans la mise en place de solutions de mobilité durable en montagne, la commune de Saint-Gervais a déjà commencé à partager son expérience. « L’ascenseur des Thermes suscite beaucoup de curiosité. Nous allons accueillir des délégations françaises et étrangères, comme par exemple les membres de la commission environnement de l’aéroport de Genève.

Il faut comprendre qu’en matière de mobilité, il n’existe pas de solution unique. Chaque territoire nécessite une approche adaptée à ses spécificités. Ce que nous avons réussi à faire, c’est de briser le verrou de l’impossibilité de réaliser de tels projets. Il y avait de nombreux projets d’ascenseurs valléens en Haute-Savoie, mais ils ne voyaient jamais le jour. En réunissant toutes les parties autour de la table et en ayant le courage de se lancer, de braver les critiques, d’affronter les défenseurs de dogmes, de prendre des coups, on montre que c’est possible.

Bien évidemment, il faut également connaître le réseau des financeurs et savoir les convaincre pour le rendre réalisable, comme nous l’avons fait avec le département, la région et notre partenaire la STBMA.

Notre projet doit servir de déclencheur pour d’autres initiatives similaires. En montrant que, même dans des régions reculées de montagne ou en milieu rural en France, il est possible d’imaginer des transports modernes, décarbonés et tournés vers l’avenir, je pense que cela en fera réfléchir plus d’un », conclut Jean-Marc Peillex.

Avec le Valléen, Saint-Gervais Mont-Blanc montre la voie d’une nouvelle approche du tourisme et de la mobilité en montagne, bâtie autour de l’équilibre et du le respect de l’environnement où la qualité de vie des habitants est le cœur des actions. Cette initiative pionnière confirme la volonté de la commune d’être à l’avant-garde du tourisme durable, offrant à ses habitants et visiteurs une montagne accessible, vivante, et durable pour les générations futures.


Quelques chiffres clés

    • Coût total des projets « le Valléen » et « L’Alpin » 45 millions d’euros
    • Partenaires financiers : Département de la Haute-Savoie (21,2 M€), STBMA (13,8 M€), Région Auvergne-Rhône-Alpes (9 M€), Commune de Saint-Gervais (1 M€)
    • Réduction du trafic routier : 15 000 voitures par an
    • Diminution des émissions de CO2 : 15 %
  • Capacités de transport : « Le Valléen » 1.200 personnes/heure, 250.000 allers-retours par an – « L’Alpin » 2.800 personnes/heure.

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