La Compagnie des Pyrénées, acteur majeur du tourisme en montagne dans les Pyrénées, a récemment entrepris une démarche de Bilan Carbone, illustrant son engagement en faveur de la réduction de son empreinte environnementale. Un effort mené en collaboration avec l’ADEME (Agence de la transition écologique) et étalé sur une période de six mois en 2023, ayant pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2037. Elle a récemment été sélectionnée pour figurer parmi les entreprises emblématiques de la démarche ACT Tourisme, initiée par l’ADEME au niveau national.

Compagnie des Pyrénées : un travail collectif pour un impact significatif

La démarche de Bilan Carbone des stations membres de la Compagnie des Pyrénées, a été menée en étroite collaboration entre différents niveaux de la hiérarchie du groupe et des stations, impliquant directeurs et responsable Qualité, Sécurité, Environnement (QSE). Cette approche collaborative a permis de fédérer les équipes autour d’un objectif commun : évaluer précisément et réduire l’impact environnemental de leurs activités.

Une méthodologie rigoureuse et des résultats révélateurs

Pour mener à bien ce projet ambitieux, la Compagnie des Pyrénées a adopté un mode opératoire homogène visant à collecter de manière exhaustive les informations relatives à ses émissions de gaz à effet de serre, couvrant les trois scopes du Bilan Carbone. Cela inclut non seulement les émissions directes de l’entreprise mais aussi celles indirectes liées à la chaîne de valeur, comme l’énergie consommée, les transports, l’hébergement, la restauration, ainsi que les travaux et le traitement des déchets.

Cette démarche a permis d’obtenir un premier bilan carbone révélateur sur les 3 « scopes » concernés agissant sur une station de montagne :

  • le scope 1 (domaines skiables incluant les remontées mécaniques, l’énergie, les déplacements du personnel, …) qui recense 8 % des émissions de gaz à effet de serre (GES),
  • le scope 2 (activités liées à la collectivité support de la station comme le traitement des eaux usées, des déchets, la gestion des bâtiments et parkings, …) qui génère 14 % des GES
  • et enfin le scope 3 (visiteurs : logements, déplacement jusqu’à la station, restauration…) qui représente la majorité des émissions, à savoir 78%.

Ces chiffres soulignent l’importance de considérer tous les aspects de l’activité touristique dans les efforts de réduction des émissions.

L’initiative a porté une attention particulière aux détails opérationnels, tels que le type d’énergie utilisé lors de la fabrication d’un télésiège, démontrant l’engagement de la Compagnie des Pyrénées à comprendre et minimiser chaque composante de son empreinte carbone.

La démarche ACT-Tourisme, une approche différente de la décarbonation

La démarche ACT Tourisme est une initiative expérimentale lancée par l’ADEME, visant à adapter l’outil ACT Pas à Pas à différents secteurs d’activité, en particulier ceux qui contribuent de manière majeure au changement climatique.

Un accompagnement sélectif et stratégique

L’ADEME, en collaboration avec l’Agence des Pyrénées, a orienté la Compagnie des Pyrénées vers le programme ACT Tourisme, une initiative sélective ayant pour vocation d’intégrer la méthodologie de l’ADEME au secteur touristique. Parmi les nombreux candidats, seuls dix ont été retenus à l’échelle nationale, témoignant de la pertinence de leurs projets et de leur engagement en faveur de l’environnement. Des noms prestigieux tels que Partouche, Club Med, Futuroscope, et BlablaCar figurent également sur cette liste, illustrant la diversité et la richesse du tourisme français engagé dans cette voie.

Le secteur du tourisme étant un domaine clé, il a été choisi pour cette expérimentation. « Nous collaborons avec une variété d’acteurs touristiques, couvrant un large éventail d’activités telles que l’hébergement, les centres de vacances, les parcs d’attractions et les offres cyclotouristiques, pour explorer les divers aspects du tourisme durable. La Compagnie des Pyrénées fait partie de ce panel. À la Compagnie des Pyrénées, il y a dans l’ensemble une bonne compréhension des enjeux liés au changement climatique. Les stations sont aux premières loges et le phénomène s’accélère ces dernières années.

Le fait que l’ADEME offre un cadre structuré motive certainement beaucoup. Cela facilite le partage d’expériences et d’idées entre différentes organisations confrontées aux mêmes défis, favorisant ainsi une réflexion collective sur des problématiques communes », nous explique François CHEL, Consultant en stratégies climat pour le cabinet BL évolution, spécialisé dans l’accompagnement des entreprises vers la durabilité.

Une méthodologie en cinq étapes

La démarche ACT-Tourisme demande une analyse complète de la chaîne de valeur. Pour la Compagnie des Pyrénées (CDP), cela signifie prendre en compte la destination dans son ensemble, incluant l’offre de transport, les services, les activités, les collectivités, les employés, l’hébergement. De cette analyse découle une trajectoire carbone, définissant comment et à quel rythme réduire les émissions de CO2, dans un engagement clair et cohérent avec une feuille de route détaillée. Un enjeu majeur compte tenu de la dimension particulière due aux liens étroits entre la CDP et les collectivités locales, les Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine et les départements.

L’objectif poursuivi est de fédérer tous ces acteurs autour d’un plan de transition ambitieux, appuyé et porté par l’ensemble du secteur

Station de Luz Ardiden. @Paul Quintana pour la Compagnie des Pyrénées

Sous la houlette du cabinet BL Evolution, la Compagnie des Pyrénées et les stations membres ont entamé un parcours structuré autour de cinq ateliers principaux s’étendant sur une période de vingt mois environ :

  1. Un atelier « Analyse des risques et opportunités » : Ce premier atelier a permis d’identifier les principaux défis et chances liés à la transition écologique spécifiques aux activités des stations de montagne concernées.
  2. Un atelier « Vision » : L’objectif était de définir une vision à long terme pour l’entreprise, alignée sur les principes du développement durable et les attentes sociétales.
  3. Un atelier « Stratégie » : À cette étape, la discussion s’est centrée sur les stratégies à adopter pour réaliser la vision définie précédemment, en prenant en compte les spécificités du secteur touristique montagnard.
  4. Deux ateliers « Plans d’actions » : ces ateliers ont été consacrés à l’élaboration de plans d’action, visant à détailler les étapes concrètes et les initiatives à mettre en place pour atteindre les objectifs fixés.

Dernière étape : une restitution des résultats à tous les acteurs

L’ultime phase de ce projet consiste en la présentation d’un compte-rendu détaillé en octobre, destiné à l’ensemble des parties prenantes. Cette restitution prendra la forme d’un séminaire où le plan d’actions, actuellement en phase de finalisation, sera exposé. Ce plan, riche et structuré, regroupe diverses initiatives réparties par thématiques, reflétant les idées novatrices émanant des ateliers précédents.

Concrètement, de quelles solutions parle t’on ?

« Le transport représente un enjeu majeur dans les réflexions. Nous explorons comment proposer des alternatives viables et comment impliquer les touristes dans ces initiatives, afin de promouvoir des modes de déplacement plus durables et responsables. Ces discussions sont en cours et visent à définir une stratégie cohérente et ambitieuse pour l’avenir », nous explique François CHEL.

Au cœur de son plan d’actions, la Compagnie des Pyrénées et ses stations envisagent une série d’initiatives concrètes, reflétant une vision intégrée et durable du tourisme en montagne.

Paysage enneigé sur le domaine du Grand Tourmalet. @Paul Quintana pour la Compagnie des Pyrénées

Voici quelques unes de ces actions, actuellement en cours de validation.

L’expansion des ascenseurs valléens et l’intégration de la location de vélos à l’offre BikePark illustrent une volonté de promouvoir des modes de déplacement doux, en harmonie avec l’environnement montagnard. Parallèlement, le développement des centres de vacances, l’encouragement du mix vacances / télétravail, et la création de nouvelles activités, dont les classes vertes pour les jeunes et des offres ciblées pour les retraités, témoignent d’une approche inclusive et adaptative du tourisme.

La rationalisation de l’infrastructure existante, à travers la réduction du nombre d’installations et l’optimisation des équipements, pourrait s’accompagner d’une stratégie d’investissement dans la qualité et la durabilité, soulignée par l’obtention de certifications telles que la RSE (ISO26000) et le Flocon vert. L’initiative d’une foncière montagne pour la rénovation, la labellisation Diamant vert des logements rénovés, et la promotion des hébergements éco responsables renforceraient cet engagement, tout comme le rôle de lanceur d’alerte sur les aides à la rénovation.

L’attention portée à l’économie locale pourrait se manifester par la création d’une centrale d’achats pour la restauration et des engagements d’achats auprès de fournisseurs locaux, favorisant ainsi le tissu économique de proximité. L’amélioration de l’accès aux stations, que ce soit par une tarification avantageuse du skibus, l’augmentation de l’attractivité des transports en commun, notamment via le développement du train de nuit, ou encore la création d’un « passeport » budgétaire pour les émissions de CO2, sont autant de pistes envisagées, visant à réduire l’empreinte carbone des activités touristiques.

Chacune de ces propositions s’inscrit dans une démarche cohérente et systématique, visant à transformer les défis écologiques et sociaux en opportunités de développement durable. La Compagnie des Pyrénées et les stations membres, à travers ce plan d’actions, affirme son rôle de leader engagé dans la transition écologique du secteur touristique montagnard, prouvant que respect de l’environnement et attractivité touristique peuvent non seulement coexister mais se renforcer mutuellement.


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