La Compagnie des Alpes, acteur majeur dans le domaine des loisirs et du tourisme en montagne, annonce le lancement de son laboratoire d’idées innovant : « Changeons d’Ere ». Cet engagement, inscrit comme le cinquième de sa démarche, témoigne de la volonté du groupe d’anticiper les mutations des montagnes et d’imaginer des solutions d’avenir dans un contexte de changement climatique.

Les montagnes, sentinelles du réchauffement climatique, font face à des défis majeurs. La Compagnie des Alpes reconnaît la nécessité de croiser les regards et les expertises pour trouver des solutions innovantes et durables afin de préserver ces espaces uniques, à la fois comme lieux de liberté et de vie pour les populations locales et les visiteurs.

Le laboratoire « Changeons d’Ere » réunit ainsi des personnalités indépendantes issues de divers horizons. Ces experts pluridisciplinaires auront pour mission de réfléchir de manière approfondie aux évolutions des montagnes françaises, tenant compte de leurs dimensions sociales, économiques, environnementales, sociologiques et démographiques.

Sandra PICARD, Directrice Communication, Marque et RSE pour le groupe Compagnie des Alpes, répond à nos questions pour mieux comprendre cette initiative.


Sandra PICARD, pouvez-vous nous en dire plus sur les objectifs spécifiques du Laboratoire d’idées « Changeons d’Ere » et comment ceux-ci s’alignent avec la vision globale de la Compagnie des Alpes en matière de développement durable et de préservation de l’environnement ?

Sandra PICARD : Nous sommes aux prémices de ce laboratoire d’idées, avec des fondations que nous avons souhaitées très ouvertes. Les activités de la Compagnie des Alpes embrassent un large spectre en raison des enjeux sociétaux, économiques, environnementaux et démographiques très présents.

On constate que dans tout écosystème, la réflexion finit toujours par converger de la même manière, et peut finir par « tourner en rond ». Nous devons essayer d’ouvrir la voie à une rupture. Nous avons l’opportunité d’approcher des personnes habituées à la réflexion sans les influencer, pour comprendre leur vision de nos problèmes, des enjeux et des bonnes pratiques. Nous avons mis en place un dispositif relativement souple, sans objet social défini.

Nous entamons notre démarche par la montagne, un domaine que nous côtoyons depuis 35 ans et pour lequel nous estimons avoir une responsabilité particulière dans la recherche de solutions. Nous avons donc fait appel à deux personnalités locales majeures, un glaciologue et une universitaire spécialisée dans les activités outdoor. Nous avons réuni un panel intéressant regroupant également figure syndicaliste, expert des relations aux travail et sociologues, en leur laissant une grande liberté d’action. Nous pensons qu’il faudra probablement un an, voire un an et demi, avant de voir émerger des résultats concrets de cette démarche.


Quel processus de sélection avez-vous suivi pour choisir les membres du laboratoire « Changeons d’Ere » ? Quels critères ont été pris en compte pour garantir la diversité des expertises et des perspectives au sein du groupe ?

Sandra PICARD : Nous étions à la recherche de modes de pensée innovants. Ce sont des personnes indépendantes, qui, pour certains, dirigent leur propre entreprise. Ils ne sont pas impliqués dans la politique mais évoluent dans des domaines qui impactent l’intérêt général. Au cours de nos réflexions, nous avons identifié six personnes reconnues pour l’originalité de leurs idées ou de leurs approches. Nous avons décidé de commencer avec ce groupe restreint pour progresser dans notre démarche.

Il est important de préciser que ces personnes sont engagées de manière désintéressée ; leurs actions dans ce Lab’ est « sans but lucratif ». Leur engagement est profondément ancré dans la société, et ils consacrent leurs efforts sans attendre de rémunération en retour.

De manière involontaire, nous avons formé des binômes, notamment sur des sujets tels que la relation au travail ou les thématiques sociologiques. Bien que ces binômes abordent des thèmes identiques, ils adoptent des approches différentes. Cette diversité d’approches au sein du laboratoire offre une richesse et une variété de perspectives, favorisant ainsi des discussions dynamiques et des analyses approfondies sur ces sujets communs.

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La Plagne

Laboratoire « Changeons d’Ère » : répondre aux défis de la montagne

La première réunion du laboratoire s’est tenue le 29 novembre dernier, marquant le début d’une démarche prometteuse et engagée. Les membres du laboratoire, à savoir Jean-Laurent Cassely, Sylvain Coutterand, Emmanuelle Duez, Jean-Claude Mailly, Philippe Moati et Clémence Perrin-Malterre, apporteront leurs expertises et leurs regards éclairés pour relever le triple défi auquel est confrontée la montagne : écologique, économique et social-territorial.


Quelles sont les principales thématiques ou problématiques sur lesquelles le laboratoire « Changeons d’Ere » se concentrera dans les prochains mois ? Y a-t-il des priorités spécifiques en termes d’action ou de recherche de solutions ?

Sandra PICARD : Nous avons prévu de nous réunir quatre fois par an, avec une première rencontre qui a eu lieu le 29 novembre. Lors de cette première réunion, nous avons eu des échanges informels pour bénéficier de leurs expertises. Nous prévoyons de nous retrouver à nouveau en mars et nous leur avons demandé de nous fournir une note sur leurs réflexions et impressions, sur la direction qu’ils envisageraient de prendre. Nous pensons qu’il est essentiel de les laisser réagir librement et d’encourager leur participation active à ce processus.

Lors de notre prochaine réunion, chaque participant sera invité à présenter sa problématique.. Nous avons toute l’année devant nous pour avancer sereinement sur ces questions, tout en veillant à ne pas nous laisser submerger par nos propres problématiques.

Station de ski de Serre Chevalier. Photo : lukaleroy

En favorisant la confrontation des idées et la diversité des perspectives, le laboratoire « Changeons d’Ere » aspire à trouver des solutions concrètes et novatrices pour contribuer à un avenir durable pour nos massifs montagneux et leurs habitants. Son caractère original et sa liberté de réflexion en font d’ores-et-déjà un outil (ou dispositif) innovant dans la recherche de solutions adaptées aux enjeux actuels et futurs des territoires de montagne.

Jouer un rôle actif dans le devenir de la montagne française

Le laboratoire s’engage à rendre régulièrement compte de ses travaux, témoignant ainsi de sa transparence et de son implication dans la recherche de solutions concrètes. Cette initiative démontre la volonté affirmée de la Compagnie des Alpes de jouer un rôle actif dans la préservation et la valorisation des espaces montagnards, en collaboration étroite avec les acteurs locaux, les experts et la société civile.


Comment comptez-vous assurer la diffusion et l’application des résultats et des recommandations émanant du laboratoire « Changeons d’Ère » ? Quels sont les canaux de communication prévus pour sensibiliser et mobiliser les différentes parties prenantes, y compris le grand public, autour des enjeux liés à la préservation des montagnes françaises ?

Sandra PICARD : Dans un premier temps, notre objectif est de préserver la liberté des participants, tant dans la composition des groupes que dans leurs réflexions. Nous les avons encouragés à rencontrer d’autres personnes, et il est possible que nous envisagions d’organiser de grands rendez-vous à cet effet. Ce groupe ne nous appartient pas.. C’est un dispositif ouvert à l’extérieur, et nous visons que ce qu’il produit serve avant tout l’ensemble de la montagne française. Il semble y avoir beaucoup d’intérêt et de curiosité de la part de l’écosystème. Notre intention n’est pas de garder ces idées pour nous seuls.

En fonction de la nature et de la profondeur des idées générées, il sera nécessaire de développer de nouvelles formes de communication adaptées. Les réunions de partage représentent d’excellents outils pour diffuser et échanger des réflexions. Nous pourrons également envisager de soutenir financièrement certaines études pour approfondir ces idées. Nous nous positionnerons comme un tremplin pour encourager des réflexions communes sur les sujets abordés, offrant ainsi un cadre propice à la collaboration et à l’innovation.

 

Le lancement du laboratoire « Changeons d’Ere » représente un pas significatif vers la construction d’un avenir durable et résilient pour nos montagnes, où la préservation de l’environnement, le dynamisme économique et le bien-être des populations sont au cœur des préoccupations.


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