La Compagnie des Alpes affiche en 2022/23 une réduction spectaculaire de 71% des émissions de CO2 dans les domaines skiables et les activités de plein air. Cette baisse est principalement liée à l’adoption généralisée du biocarburant HVO100 en remplacement du diesel pour les dameuses. Une transition qui a permis de ramener les émissions totales de CO2 associées à une journée de ski à seulement 320 grammes, l’équivalent de la production d’1 kilogramme de pommes en France.

Dominique THILLAUD, Directeur Général de la Compagnie des Alpes, revient avec nous sur ces résultats : “Nous sommes convaincus que la performance énergétique deviendra un critère essentiel dans le choix de la destination. Notre objectif est d’atteindre au plus tard la neutralité carbone en 2030, sans recourir à des compensations ou à l’achat de crédits carbone. Nous avons réussi à réduire les émissions de 1,3 kg à seulement 320 grammes par jour par skieur. Cette réalisation significative est principalement liée à l’utilisation généralisée du biocarburant de 2ème génération HVO 100. Aujourd’hui, nos dameuses ne dépendent plus d’énergies fossiles”.

Le HVO, à l’origine de la baisse de 71% des émissions de CO2 dans les domaines skiables

L’exercice 2022/23 a vu une baisse remarquable de 71% des émissions de CO2 dans les domaines skiables et activités outdoor, en comparaison avec l’année précédente. Cette diminution s’explique principalement par l’adoption généralisée du biocarburant HVO100, produit à partir d’huiles alimentaires recyclées, en remplacement complet et durable du diesel pour l’ensemble des dameuses du groupe.

“Actuellement, nous utilisons le biocarburant HVO dans nos dameuses. Tous les bus thermiques à Tignes et Val d’Isère fonctionnent au HVO. Là où nous avions des chaudières au fioul, nous sommes passés au HVO. Par exemple, dans un établissement MMV situé sur la station du Corbier, nous avons opéré la transition depuis l’énergie fossile vers le HVO.

En octobre 2022, nous avons entamé cette démarche, et aujourd’hui, cette réduction des émissions est durable. Toutes les huiles usagées de nos Parcs de Loisirs sont recyclées dans nos stations de montagne, et nous en achetons également. Ces mesures ont permis de réduire nos émissions de CO2 équivalent à la production d’un kilo de pommes, soit 320 grammes par journée ski.

Nous avons également réalisé des rétrofits sur nos 4×4, et nous avons testé les pré-séries. Dans les 5 à 6 prochaines années, nous prévoyons d’électrifier l’ensemble de notre flotte. En attendant, nous sommes en train de convertir tous nos véhicules au HVO. Aujourd’hui, nous avons réussi à réduire les émissions de CO2 de 100% dans nos dameuses grâce à l’utilisation du HVO, même si cela entraîne un coût supplémentaire de 15 à 20 centimes par litre par rapport au diesel », nous explique Dominique THILLAUD. 

Ski à Serre Chevalier

Vers un concept de « Moins pollueur / Moins payeur »?

Dominique THILLAUD rappelle qu’à l’heure actuelle, les taxes sont identiques pour des carburants à fortes émissions et des carburants à faibles émissions. Il prône aujourd’hui le concept de « Moins pollueur / Moins payeur » afin d’absorber le surcoût financier lié à l’utilisation du HVO : « De nombreuses stations attendaient des réponses de la part de la CDA, et maintenant, les preuves confirment l’impact positif du HVO. Au delà d’une promesse, ce sont aujourd’hui des preuves que nous apportons à l’industrie. A l’échelle nationale, la transition vers le HVO ne semble plus entravée par des obstacles techniques, à l’exception du surcoût financier.

C’est pour cela que nous préconisons le principe « Le moins pollueur paie moins » afin d’absorber la différence de prix entre le HVO et le diesel. Nous restons déterminés à convaincre le Gouvernement de cette approche, car nous croyons que c’est dans l’intérêt de tous».

Le poids de la responsabilité environnementale à l’échelle du groupe

Au cours de l’exercice financier 2022/23, la Compagnie des Alpes a enregistré un total de 18 041 tonnes d’émissions de CO2 (scopes 1 et 2) à l’échelle du groupe, ce qui représente une diminution impressionnante de 34% par rapport à l’année précédente, y compris après l’ajout de MMV au groupe.

Cette performance dépasse nettement l’objectif initial de réduction de 25% que la compagnie s’était fixé pour cette période. En concluant l’exercice avec une baisse de 39% de ses émissions de CO2 par rapport à l’exercice de référence de 2018/19 (soit une réduction de 43,5% à 16 701 tonnes équivalent CO2, en excluant MMV), la Compagnie des Alpes se positionne bien en avance sur son plan dévoilé en octobre 2022, qui prévoit d’atteindre la neutralité carbone (scopes 1 et 2) pour tous ses sites au plus tard en 2030.

“Nos émissions de carbone sont soumises à des audits, ce qui constitue la pierre angulaire de la confiance. Nos performances environnementales représentent aujourd’hui une partie de la part variable de la rémunération des dirigeants. Cette préoccupation trouve sa résonance jusque dans des aspects aussi fondamentaux que la rémunération.

De plus, nous avons entamé des négociations avec nos banques et avons obtenu des avantages en termes de taux d’intérêt. Notre dernier financement comporte par exemple une clause liée à la capacité du groupe à respecter sa trajectoire Net Zero Carbone”, précise Dominique THILLAUD.

Station de Tignes

Des performances environnementales mais aussi financières

Pour l’exercice 2022/23, la Compagnie des Alpes affiche un chiffre d’affaires consolidé de 1125,5 millions d’euros. Cette somme représente une augmentation de 17,4% en termes de périmètre courant et de 9,9% en termes de périmètre comparable (principalement hors intégration de MMV) par rapport à l’exercice 2021/22. Si l’on exclut les éléments non récurrents enregistrés en 2021/22, la croissance à périmètre comparable s’élève à 10,6%, témoignant d’une expansion robuste dans toutes les branches d’activités du groupe.

Le segment des Domaines skiables et activités outdoor a généré un chiffre d’affaires de 489,2 millions d’euros, marquant une augmentation de 7,2% par rapport à l’exercice précédent (et de 7,1% à périmètre comparable).

Le chiffre d’affaires des remontées mécaniques a connu une progression de 7,8%, atteignant 465,9 millions d’euros. Cette croissance est principalement attribuable à une augmentation de 5,9% du revenu moyen par journée de ski, reflétant en partie l’inflation et la répercussion des coûts accrus de l’électricité sur les prix des forfaits, ainsi qu’à une hausse de 1,8% du nombre de journées-skieur, qui s’établit à 12,5 millions, dans un contexte de baisse de 5% du marché national du ski.

“L’année précédente, nous avons mis en place une augmentation tarifaire à deux niveaux. Tout d’abord, une augmentation pérenne liée à politique d’inflation de +1% à +1,5%. Ensuite, une augmentation non pérenne, négociée pour une seule année, en réponse à la hausse des coûts de l’énergie. C’est ainsi que nous avons réussi à amortir les défis financiers de cette période”.

Lorsque l’on interroge Dominique Thillaud sur les facteurs qui ont contribué à l’augmentation de 1,8% du nombre de journées-skieur, surtout dans un contexte de baisse globale du marché national du ski, il nous explique : “L’altitude et la garantie de la neige sont des éléments clés. Lors de saisons de ski difficiles, nous avons constaté un intérêt accru pour le ski en haute altitude, en raison de l’assurance implicite qu’elle offre en termes d’enneigement. Nous avons ainsi enregistré une croissance significative dans nos stations de haute altitude.

Les réservations d’une semaine en haute altitude apportent la tranquillité d’esprit en ce qui concerne les conditions de neige, comme cela est déjà le cas cette année avec les ouvertures anticipées de Flaine et Tignes”.

station-ski-faline
Station de ski de Flaine

Enfin, face aux défis tels que les changements climatiques et les évolutions du marché, Dominique THILLAUD revient sur la stratégie de la Compagnie des Alpes pour soutenir la croissance dans le secteur des domaines skiables et des activités de plein air : “nous avons principalement concentré nos efforts marketing sur l’Europe, en mettant l’accent sur la France, le Benelux et le Royaume-Uni, qui représentent 80% de notre clientèle. Sur les domains skiables, nous avons réalisé d’importants investissements dans l’amélioration de nos remontées mécaniques, notamment à Serre Chevalier (télécabine du Pontillas), La Plagne (Télécabines des Glaciers) et les Arcs (Transarc). Ces investissements, impliquant des remontées mécaniques de grande capacité et à haut débit, ont permis de remplacer d’anciennes installations et d’améliorer l’expérience client, tout en offrant des vues impressionnantes, parfaites pour les publications sur Instagram. Le montant total de ces investissements s’élève à près de 150 millions d’euros, pour ces trois installations uniquement.

Parallèlement, nous avons mis en œuvre des stratégies de gestion des tarifs basées sur le Yield management, proposant des tarifs attractifs et offrant des options de ski à la carte. Cette approche rencontre un succès croissant au fil des années. De plus, nous avons créé des espaces dédiés offrant des expériences spéciales pour les jeunes skieurs et les visiteurs, contribuant ainsi à stimuler l’attrait de nos stations ».


La Compagnie des Alpes mise sur la mobilité électrique et le Made in France