Les 24 et 25 janvier 2023, la montagne française s’est donnée rendez-vous pour sa 32ème édition, à Chambéry à l’occasion du salon Destination Montagnes 2023.

Après 2 années durant lesquelles le salon a dû s’adapter au contexte de crise sanitaire (version digitale en 2021, report en mars en 2022), Destination Montagnes 2023 renoue cette année avec une organisation en présentiel et des taux de participation quasi équivalents à l’édition de janvier 2020. Au total, 217 sociétés françaises ont répondu présent pour rencontrer 424 tour-opérateurs venus de 53 pays.

Avec près de 10.660 rendez-vous programmés tout au long des 2 journées de salon, la montagne française démontre une nouvelle fois son dynamisme et sa capacité à s’adapter aux différents marchés.

Destination Montagnes 2023 : une montagne française qui attire les prescripteurs

Avec 250 stations réparties sur 6 massifs, la France est la deuxième destination de ski dans le monde avec 53,9 millions de journées-skieur vendues (source : Domaines Skiables de France – Saison 2021/2022), et 10 millions de touristes en hiver, dont 7 millions pratiquant les sports de glisse.

Le salon Destination Montagnes 2023 a permis de rassembler près de 242 prescripteurs provenant de 53 pays (77% d’Europe, 11% d’Israël et Moyen-Orient, 6% d’Amériques et 6% d’Asie Pacifique et Afrique).

Les tour-opérateurs venus d’Europe restent largement majoritaires avec une forte présence des britanniques (69 tour-opérateurs contre 46 en 2022) et néerlandais (36 contre 33 en 2022) qui représentent en 2023 près de 25% des visiteurs.

Le marché britannique reste très friand de la montagne française, comme le démontre le chiffre d’affaires du tour-opérateur Travelfactory sur le premier trimestre de son exercice 2022/2023, qui progresse de 50%. Ces très bons résultats sont le fruit de « la croissance du nombre de séjours distribués mais aussi le succès des packages ski+train commercialisés sous la marque Travelski Express, dont notamment la liaison ferroviaire entre Londres-Saint Pancras et Bourg Saint-Maurice qui n’avait pu démarrer son exploitation l’an dernier que fin janvier à cause de l’interdiction de déplacement liée à la crise sanitaire » (source : Compagnie des Alpes).

Du côté des marchés long-courrier, les délégations les plus importantes en nombre de tour-opérateurs viennent d’Inde et d’Israël (13 chacune), des Etats-Unis (12 tour-opérateurs), des Emirats arabes unis (11 tour-opérateurs) et du Brésil (10 tour-opérateurs).

De bonnes performances malgré des conditions météorologiques défavorables

Après des premières chutes de neige tardives ayant quelque peu perturbé l’avant-saison sur presque l’ensemble des massifs, « les vacances de Noël s’annonçaient très dynamiques avec un bon manteau neigeux et des réservations en hausse chez les différents hébergeurs », explique la Compagnie des Alpes qui gère les stations de La Plagne, Les Arcs, Peisey Vallandry, Tignes, Val d’Isère, Les Ménuires, Méribel, Serre Chevalier, Flaine, Samoëns, Morillon et Sixt Fer à Cheval.

« Les hivers se suivent et ne se ressemblent pas, et cet hiver a confirmé cet adage ». Alexandre Maulin, Président des Domaines Skiables de France revient avec nous sur ce début de saison d’hiver.

Descente en ski sur la station de Val Cenis durant les vacances de février 2022

Sur les trois semaines des vacances de Noël (jusqu’au 08 janvier),

« la fréquentation est en baisse de 8% sur l’ensemble des massifs, avec des chiffres très variables selon les stations ».

L’épisode de redoux qui a affecté les massifs français entre Noël et le Jour de l’an s’est accompagné de plusieurs jours de pluie et un taux d’ouverture des pistes plus faible qu’à l’accoutumée. Le retour de la neige en quantité sur les massifs français a permis aux différentes stations, et notamment celles de moyenne altitude de retrouver le sourire avant les vacances tant attendues de février, « et un inter-vacances de janvier très bien rempli », précise Alexandre Maulin.

« Toutes les petites stations des Vosges, du Massif Central, du Jura… annoncent leur (ré)ouverture. Cela fait chaud au cœur. Ces petites stations m’impressionnent car elles ont une résilience et une capacité d’adaptation qui est extraordinaire ».

Le Queyras_Saint-Véran ®PEMA

De son côté, la Compagnie des Alpes annonce un “bon début de saison malgré une météo défavorable”. Le chiffre d’affaires consolidé de la Compagnie des Alpes pour le premier trimestre de son exercice 2022/2023, et pour les Domaines skiables et activités outdoor, s’élève à 66,7 millions d’euros, soit une progression para rapport au premier trimestre de l’exercice précédent de 6,5%. Le chiffre d’affaires des remontées mécaniques, stricto sensu, qui représente l’essentiel de l’activité de cette division, est en hausse de 5,7%. Sa croissance est portée par une augmentation de 1,2% du nombre de journées skieurs et par une progression de 4,5% du revenu moyen par journée-skieur. Et cela sans compter sur la fréquentation en hausse sur le mois de janvier.

En cette fin du mois de janvier, SATA Group, en charge de la gestion des stations de l’Alpe d’Huez, des 2 Alpes et de La Grave, enregistre une progression de 20% de son chiffre d’affaires par rapport à la saison précédente. « Trois grands facteurs expliquent ces bons résultats : le dynamisme du marché domestique, un retour de la clientèle étrangère et une grande appétence pour le ski », précise Anthony Guzman, Directeur Marketing de SATA Group.

Un taux d’occupation prévisionnel de 72% pour les vacances de février

Les vacances de février sont « très bien remplies », précise Alexandre Maulin, malgré un calendrier peu favorable avec « une première semaine assez creuse ».

L’observatoire national des stations de montagne annonce les premiers chiffres de fréquentation des stations de montagne pour les vacances d’hiver 2023, avec un taux d’occupation prévisionnel de 72% du 4 février au 3 mars 2023.

Station de ski de Peyragudes dans les Hautes-Pyrénées

« Alors que la neige est tombée récemment sur presque tous les massifs, les vacances d’hiver se présentent bien avec un taux d’occupation prévisionnel de 72% tous massifs confondus, quasiment identique à 2022 sur la même période alors que la saison 2021-22 avait été exceptionnelle après un hiver 2020-21 sans ski. Les deux dernières semaines de vacances, correspondant à la zone C, enregistrent un taux d’occupation prévisionnel en hausse de 7%.

Cette tendance confirme que la montagne sait offrir aux vacances ce qu’ils recherchent en hiver pour s’évader : ski et activités de glisse mais aussi dépaysement, air pur, ressourcement dans une nature largement préservée, simplicité et retrouvailles. En résumé, les valeurs de la montagne », explique Jean-Luc BOCH, Président de l’ANMSM (Association Nationale des Maires de Stations de Montagne).

Une appétence confirmée pour le ski

« Cette saison 2022-2023 s’accompagne d’une véritable appétence pour le ski confirmée l’hiver dernier avec une très belle fréquentation. Pendant le COVID, beaucoup disaient « le ski, c’est fini ». Aujourd’hui, c’est tout le contraire ! », nous précise Alexandre Maulin sur le salon Destination Montagnes 2023.

82% des français ont une image positive du ski et 60% d’entre eux ont appris à skier. Cette donnée est particulièrement importante car elle contribue au développement de la pratique dans le temps. Contrairement à certaines idées reçues, le ski est (et reste) populaire. Il accueille chaque année au moins 15% des français.

Apprentissage du ski sur la station de l’Alpe d’Huez- Photo ILoveSki®

« Malheureusement certains détracteurs nous accusent de tous les maux de la terre. Les domaines skiables occupent 1% de la montagne et l’urbanisation 1%, soit un total de 2% du territoire. Ces 2% permettent de maintenir une vie locale et une activité économique dans les vallées. Ce modèle a encore de belles années devant lui », conclut Alexandre Maulin.