Qui n’a jamais entendu parler du Freeride World Tour (FWT), la compétition mythique de freeride dans les pentes les plus impressionnantes du monde ? Derrière cette incroyable organisation et chaque épreuve, se cache une équipe de près de 200 personnes, des Ambassadeurs et un programme complet de développement durable. Avec une volonté de réduire au maximum l’impact carbone et promouvoir une pratique plus sûre et plus équitable du sport.

ILoveSki a assisté à la première édition du Freeride Word Tour 2022 à Baqueira Beret en Espagne. A cette occasion, l’équipe a cherché à comprendre comment un évènement d’envergure internationale, incluant plusieurs étapes en Europe et outre Atlantique, des transports en avion et des approvisionnements en hélicoptère, parvient à mener une politique de développement durable et réduire l’empreinte carbone liée à son activité.

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Première étape du Freeride World Tour 2022 sur la station de Baqueira Beret. Cet évènement, de renommée internationale, mobilise un public nombreux à travers le monde.

Mise en oeuvre d’un programme de développement durable avec 3 objectifs à long terme

Le transport de personnes fait partie des facteurs qui contribuent fortement à la pollution de l’air. Et dans l’industrie du ski, le transport est l’activité qui contribue le plus aux émissions de gaz à effet de serre (GES). On ne le redira jamais assez mais s’engager dans une politique de développement durable implique la prise en compte de trois éléments de base, qui sont interdépendants et tous indispensables au bien-être des individus et des sociétés : la croissance économique, l’inclusion sociale et la protection de l’environnement. Le programme de développement durable initié par le Freeride World Tour (FWT) se traduit concrètement en 3 objectifs majeurs :

  1. – Neutralité carbone d’ici 2028 (au plus tard en 2030)
  2. – Promouvoir une pratique plus sûre du sport
  3. – Promouvoir une pratique plus équitable du sport – mettre l’accent sur l’égalité des sexes

Pour mieux comprendre l’engagement du Freeride World Tour dans le Développement Durable, ILoveSki a rencontré Joris Vautier, Directeur Général du Freeride World Tour. Conscient que le FWT n’est pas irréprochable d’un point de vue environnemental, il revient sur l’essence de la pratique du freeride et nous explique comment il accepte volontiers « d’être challengé » sur son activité afin de trouver des solutions durables et respectueuses pour la planète.

1 – Neutralité carbone d’ici 2028

Pour s’engager dans la neutralité Carbone et prétendre l’atteindre en 2028 (au plus tard en 2030), le Freeride World Tour (FWT) a d’abord dressé un Bilan Carbone, un outil de diagnostic qui permet d’analyser les émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre générées par l’ensemble de ses activités.

Compenser les émissions de gaz à effet de serre

Face à ce constat, le Freeride World Tour s’est engagé à compenser l’ensemble de ses émissions de gaz à effet de serre. 100% des déplacements réalisés dans le cadre du Freeride World Tour sont compensés via l’utilisation de la plateforme Myclimate.org dans un projet de reforestation au Nicaragua, certifié Plan Vivo. Il s’agit des transports réalisés par le personnel, les médias, les freeriders mais également l’utilisation d’un hélicoptère pour l’approvisionnement sur le site de la compétition, et le tournage de vidéos et prise de vues.

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Intervention de l’hélicoptère suite à la chute du freerider Aymar Navarro lors de la première étape du Freeride World Tour – Baqueira Beret

Dans le cas particulier de cet évènement et de l’inaccessibilité de la compétition, l’utilisation d’un hélicoptère pour la sécurité et l’approvisionnement a toute sa raison d’être. On peut néanmoins s’interroger sur la nécessité d’utiliser ce type d’appareil pour le tournage, lorsqu’un hélicoptère consomme entre 150 et 400 litres/heure de kérosène en fonction de sa taille et sa puissance. Pour illustrer ce propos avec un exemple, des engins tels que drones DJI Inspire 2 équipés de caméras Zenmuse X7 filment en 5,2K et peuvent atteindre la vitesse de 94km/heure. Ils résistent à des conditions climatiques extrêmes, et sont utilisés dans la production de films à Hollywood.

Les drones substitueront-ils l’hélicoptère lors des prochaines éditions du FWT pour le tournage de vidéos et les prises de vue ?

Image : Bilan des émissions de gaz à effet de serre. Freeride World Tour®

Participation à une campagne de mobilité

Le FWT est également partenaire de l’association POW (Protect Our Winters) dans le cadre de leur campagne de mobilité pour promouvoir les déplacements vers les évènements du FWT Fieberbrunn et Xtreme Verbier, grâce à l’utilisation des transports publics.

Enfin, une importante enquête sera réalisée lors de l’Xtreme Verbier pour comprendre et identifier les moyens de transport utilisés par le public pour venir à l’événement, et mener des actions permettant de réduire l’empreinte carbone de ce rendez-vous du freeride mondial.

La problématique du transport vers les stations

Le bénéfice écologique des transports en commun n’est plus à démontrer aujourd’hui. Le covoiturage est une solution de plus en plus utilisée pour désengorger les routes de montagne et réduire le temps d’accès au pied des pistes. Les athlètes du Freeride World Tour nous expliquent d’ailleurs qu’ils partagent volontiers leur véhicule avec leurs collègues provenant d’Amérique, durant toute la compétition en Europe, et inversement.

Le transport est sans aucun doute l’un des enjeux majeurs des prochaines décennies

Mais qu’en est-il des transports en commun « classiques » comme le train et le bus ? Pourquoi les vallées de montagne et les territoires touristiques n’investissent-ils pas aujourd’hui dans des infrastructures comme le train à grande vitesse, et des transports collectifs permettant de prendre en charge ensuite les visiteurs ? La technologie à hydrogène commence à s’implanter dans certains territoires, et la montagne se doit d’être précurseur dans ces énergies dites « plus propres ».

Enfin, comment peut-on aujourd’hui favoriser l’utilisation de véhicules électriques en station lorsque ces derniers nécessitent des temps de charges importants ? La durée actuelle de charge ne permet pas une rotation facilitée entre les utilisateurs qui stationnement sur la borne de rechargement et partent skier, ne rendant plus disponible cette borne de rechargement pour les autres utilisateurs ?

2 – Promouvoir une pratique plus sûre du sport

Dans le cadre de sa démarche de développement durable, le Freeride World Tour travaille à la mise en oeuvre d’un programme d’éducation à la sécurité : WeMountain.
L’organisation fournit des e-ateliers gratuits pour les athlètes (Freeride World Tour ainsi que tous les athlètes Freeride World Qualifiers / Freeride Junior Tour), le personnel et les bénévoles. Durant cet hiver 2022, la sécurité sera au programme des ateliers suivants :

  • Atelier de sécurité publique lors de l’évènement « Verbier Freeride Week »
  • Un atelier sur la sécurité des médias à Fieberbrunn
  • Atelier de sécurité dans une école de Verbier
  • Production d’une websérie éducative avec des athlètes du Freeride World Tour FWT
  • Production de contenus vidéos à destination des stations, afin de sensibiliser le public sur les risques de sortie des pistes balisées et l’importance des équipements et des connaissances du manteau neigeux.

3 – Promouvoir une pratique plus égalitaire du sport

Ce troisième pilier de la politique de développement durable du Freeride World Tour, et non des moindres, a pour objectif d’encourager l’égalité des sexes dans le sport, et dans le freeride en particulier.

Une commission spéciale a été créée pour travailler sur des projets d’égalité entre les Hommes et les Femmes, et notamment la mise en place d’une plateforme incitant les filles à rider ensemble. La plateforme « Girls just wanna have pow » organise durant l’hiver 4 journées de rassemblement de la gente féminine afin que ces dernières puissent partager leur passion commune.

Originaire des plaines de l’est de l’Autriche, Manuela Mandl fait partie des meilleures snowboardeuses du monde. Passionnée de snowboard et de montagne, Manuela Mandl revient sur sa performance lors de la première étape du Freeride World Tour (FWT22) à Baqueira Beret. Elle évoque avec nous la place, de plus en plus grande, des femmes dans les compétitions freeride. En tant qu’Ambassadrice Développement Durable pour le Freeride World Tour, elle partage avec nous ses valeurs et encourage toutes les femmes à pratiquer une activité sportive.

Des Ambassadeurs Freeride World Tour pour le « Développement Durable »

Pour relayer l’ensemble des messages et les actions mises en oeuvre pour contribuer au développement durable, l’organisation du Freeride World Tour s’est entourée de 6 athlètes Ambassadeurs. Avec leurs mots et leur sensibilité, ces ambassadeurs portent les valeurs du FWT et assurent un rôle de sensibilisation du public sur le Développement Durable.

Grâce à ces Ambassadeurs Développement Durable, « nous souhaitons avoir des alliés qui permettent de pousser les valeurs que l’on souhaite promouvoir. Aujourd’hui, ce n’est pas uniquement le Freeride World Tour qui communique », nous précise Joris Vautier.

Le freerider Maël Ollivier, originaire du Val d’Allos, répond aux questions de ILoveSki sur sa performance lors de la première étape du Freeride World Tour (FWT22) à Baqueira Beret. Il évoque avec nous la prochaine étape du FWT22 qui aura lieu à Ordino Arcalis en Andorre. Enfin, il revient en détail sur son implication dans le développement durable et la nécessité de préserver notre planète, notre « terrain de jeu ».

Freeride World Tour : une préoccupation constante pour la Planète

En complément des 3 objectifs précédemment cités, plusieurs actions sont menées par le Freeride World Tour pour oeuvrer au quotidien pour la planète. Avec 50 autres membres du secteur, le Freeride World Tour est membre de la plateforme ClimateUnited. Il investit depuis cet hiver 1% de son chiffre d’affaires dans le développement durable.

1 arbre planté en Colombie Britannique pour chaque commande passée sur la boutique en ligne du Freeride World Tour.

A chaque commande sur le site du FWT, ce dernier s’engage à planter un arbre dans une région qui est chère à l’organisation : la Colombie Britannique au Canada. Cette région aux forêts abondantes, composée de montagnes, de plateaux, de lacs et de rivières, est l’une des étapes du FWT (Kicking Horse, Golden, BC.) Durant l’été 2017, la Colombie-Britannique a connu le pire incendie de son histoire, avec plus de 1,2 million d’hectares brûlés.
« Nous voulons les aider à reconstruire cette forêt, en partenariat avec avec One Tree Planted. Les arbres contribuent à purifier l’air que nous respirons, à filtrer l’eau que nous buvons et à fournir un habitat à plus de 80 % de la biodiversité terrestre mondiale.
Les forêts fournissent des emplois à plus de 1,6 milliard de personnes, absorbent le carbone nocif de l’atmosphère et sont des ingrédients clés dans 25 % de tous les médicaments », précise le FWT.

Mise en place d’un système efficace de gestion des déchets sur toutes les étapes

A chaque étape du FWT, des actions de sensibilisation sont organisées sur le thème de la prévention de la production des déchets. A l’occasion de la grande finale à Verbier, le village de l’évènement fera l’objet d’une grande première avec une réduction considérable de l’usage unique du plastique. L’utilisation de couverts et de récipients réutilisables ou compostables sera obligatoire pour l’occasion.

Enfin, chaque mois, le Freeride World Tour initie une communication privilégiée avec près de 5000 abonnés. Ces derniers, riders, personnel et partenaires sont informés et sensibilisés sur les bons gestes en matière de durabilité. Une manière pour le FWT de s’appuyer sur de nouveaux relais de communication pour prêcher la bonne parole… et surtout la bonne pratique du mois !

Le Freeride World Tour puise son essence dans la nature, première richesse de son activité. Naturellement, l’organisation cherche aujourd’hui à mieux adapter ses pratiques pour offrir aux meilleurs freeriders mondiaux et aux spectateurs une expérience évènementielle durable et décarbonnée.