I Love Ski : Jean-Philippe Monfort, vous êtes à la tête de l’OT depuis quelques semaines, quels sont vos premiers chantiers ?
 
Jean-Philippe Monfort : Mon objectif premier est de fédérer les acteurs, et de remettre du lien, de la proximité et de la confiance dans la station. Je consacre une très grande partie de mon temps à me présenter mais surtout à écouter et comprendre les problématiques et les attentes de chacun pour construire ensuite collectivement La Clusaz de demain. Mon approche s’appuie sur une double vision : les attentes des clients mais aussi les attentes des acteurs économiques de la station. Il y a des gens motivés et engagés pour leur territoire ; mon travail se fera pour eux car ce sont eux qui sont au contact des clients, et qui les connaissent. Tant que les deux feux ne seront pas au vert, cela signifiera que mes actions ne seront pas bien construites.
Parallèlement à cela, je travaille dès maintenant avec les grands acteurs de la station : les élus et les services de la Mairie, les remontées mécaniques, les écoles de ski, le Club des sports, etc. Il faut constituer une unité.
Nous avons un très bon produit ski mais nous devons travailler sur la diversification et regarder quelles sont les nouvelles attentes, proposer de nouveaux produits, des séjours, des packages clés en main… tout au long de l’année grâce notamment à la proximité du Lac d’Annecy. Dans les Aravis, nous menons un travail de concertation avec les stations et Annecy (projet In Annecy Mountain) pour que le séjour de nos clients de demain se fassent de manière interactive une vraie interaction entre lac et montagnes. Annecy est l’un des plus beaux lacs des Alpes du nord, avec 5,5 millions de visiteurs par an et nous souhaitons proposer à nos clients des expériences à l’image de ce beau territoire riche et varié.
Un travail participatif pour un développement harmonieux
 
Jean-Philippe Monfort : Je suis très confiant sur les projets qui nous attentent à La Clusaz car après mes premiers échanges avec les socioprofessionnels, j’ai senti une volonté très forte de travailler collectivement et de s’engager dans une démarche mutualisée pour identifier ensemble les nouvelles orientations de la station. Il y a de l’expérience, des idées, des talents et de l’énergie à La Clusaz. Le LCZ freestyle show, le radio meuh circus festival, les full moon, les premières traces ou le Défi Foly sont des parfaits exemples.
Il y a une attente de la part des socio professionnels de construire une nouvelle stratégie. Un office de tourisme aujourd’hui est là pour soutenir les socio pros, et ne pas leur dire comment il faut faire. Nous sommes là pour définir le positionnement marketing de la station et mettre en place un plan d’actions stratégiques construit à partir de leurs besoins et des spécificités du territoire. Notre structure à un rôle central pour commercialiser la destination, aller chercher des clients mais aussi fidéliser l’existant. Nous avons beaucoup de résidences secondaires ainsi qu’une clientèle de proximité fidèle (20% de clientèle régulière). On se doit de répondre à leurs attentes et les « bichonner » !
Je me rappelle d’un déplacement à Aspen ; j’étais sur le télésiège avec le vice président de la station et tout d’un coup son téléphone sonne et il me dit : « excuse-moi Jean-Philippe, il y a une urgence ». En bon technicien je me dis qu’il y avait un problème sur une remontée mécanique ou un accident. En fait, il y avait eu une panne sur un appareil, et le vice président était parti en urgence acheter des cookies pour attendre ses clients en haut du télésiège en s’excusant personnellement de l’incident et en leur offrant un « Cookie in the top ». Je souhaite travailler sur la proximité d’une relation avec nos clients. Je suis un homme de terrain au contact de mes socio professionnels et de mes clients.
Photo : domaine skiable de La Clusaz
La Clusaz : un modèle de station village qui séduit
 
 
Jean-Philippe Monfort : Pendant plus de 10 ans, j’ai fait du réceptif dans les alpes, j’ai accueilli des décideurs étrangers et notamment des stations scandinaves, autrichiennes, japonaises, russes, chiliennes, canadiennes américaines … et je leur présentaits nos savoir-faire en montagne : les stations villages avec Megève ou La Clusaz, les stations de deuxième génération comme Courchevel,  des stations comme les Arcs, Avoriaz, La Plagne crées pendant le plan neige et enfin les stations de quatrième génération comme Valmorel.
Quand je leur demandais quel modèle les avaient interpelés ? Quel modèle ? C’est celui de la station créée à partir d’un village qui revenait quasi-systématiquement. A chaque fois, ils étaient sous le charme : Le produit touristique et le ski ne sont pas dissociés de la vie locale et se sont construit à partir d’une histoire, des valeurs et d’une identité.
Je n’oppose pas Préservation et Développement : la Clusaz va innover et se développer, mais à partir de son ADN, elle évoluera avec, les changements climatiques, les nouvelles tendances, le ressourcement, la découverte, le ludisme, la diversification, l’été, les services, … Une nouvelle dynamique se met en place à La Clusaz et je suis enthousiaste à l’idée de travailler avec Jean-Christophe Hoff, nouveau Directeur de la Satelc (remontées mécaniques). Nous partageons la même volonté construire collectivement une gouvernance, une stratégie et un plan d’actions à moyen et long terme pour le meilleur de La Clusaz.