I Love Ski : Est ce que vous pouvez nous présenter votre parcours professionnel et votre parcours dans la vie publique ?
Jean-Luc Boch : Je m’appelle Jean-Luc Boch, j’ai 51 ans, je suis Maire de la Plagne Tarentaise, Vice Président de Auvergne Rhône-Alpes Tourisme International et Président de France Montagnes.
Mais avant toute chose je suis Président fondateur d’une entreprise de travaux publics depuis 28 ans. 
C’est un parcours atypique, et je privilégie avant tout le pragmatisme et le résultat. Nous avons trop tendance, depuis plusieurs années, à vouloir trop bien faire mais nous oublions que certaines fois il faut aller dans le concret, aller rapidement à l’essentiel. Il faut arrêter de tourner en rond, de discuter pour ne rien faire. Il faut agir et aujourd’hui plus que jamais, la montagne française a besoin de réaction, de réactivité, et surtout de solutions aux difficultés qu’elle peut rencontrer. En étant pragmatique, nous sommes dans la volonté absolue de réussir : il y a toujours une solution, il y a toujours un chemin pour atteindre ses objectifs.
I Love Ski : Quel est votre cheval de bataille, pourquoi vous levez-vous le matin ?
Jean-Luc Boch : Je suis peut-être l’un des derniers chevaliers à croire que l’on est capable aujourd’hui de s’unir et de travailler ensemble pour rendre au territoire qui nous a vu naître (en ce qui me concerne le village de Macôt-La Plagne) ce qu’il nous a donné. C’est une chance absolue que j’ai eue de naître, on peut le dire au bon endroit. Cette chance, je l’ai eue il y a pas mal de temps :  elle m’a permis de monter ma société, elle m’a permis de vivre sur mon territoire, d’avoir des enfants qui travaillent sur ce territoire. Je pense que la continuité du plan neige qui avait été mis en place dans les années 60 a permis de développer notre activité touristique et économique en hiver et en été. Nous devons poursuivre ce travail pour que nos enfants continuent à vivre sur ce magnifique territoire que nous avons eu la chance de côtoyer depuis tout temps.
I Love Ski : Quel est votre plus bel accomplissement personnel et professionnel ?
Jean-Luc Boch : Bien entendu, mon plus bel accomplissement, ce sont mes deux enfants. Au niveau professionnel, je n’ai pas de prétentions. La seule chose que je peux dire, c’est qu’avec de la volonté, j’ai réussi à classer la station de La Plagne en « Station de Tourisme » et c’était vraiment quelque chose d’essentiel et de primordial pour moi. Ensuite, le fait de travailler ensemble, de réaliser des fusions de communes, de consolider notre leadership au niveau international et le positionnement de La Plagne en tant que numéro 1 mondial, c’est aussi très important. Mais cela ne peut jamais se faire au détriment des petites et des moyennes stations qui nous entourent. Il ne faut jamais oublier qu’à un moment donné, même La Plagne a commencé toute petite, elle a évolué et elle a grandi.
Aujourd’hui on doit se repositionner en étant un acteur au milieu des autres. Les mots « tous ensemble » et « se fédérer » doivent être essentiels dans l’esprit de tout le monde. Et c’est ce que je m’engage à faire au niveau de France Montagnes pour que l’on comprenne que l’on a besoin les uns des autres : les petits, les moyens et les grands. Et seulement à ce moment là, que j’aurais en partie réussi ma mission si j’arrive à le faire comprendre et le faire savoir.
I Love Ski : Si vous aviez une liste de 3 vœux pour la montagne française, quels seraient-ils ?
Jean-Luc Boch : Le premier vœux serait de se fédérer et de travailler ensemble. Pour moi, c’est prioritaire et primordial.
Le deuxième serait de laisser les égos de chacun de côté. Lorsque l’on travaille ensemble, automatiquement on est grandi et pour moi c’est suffisant.
Le troisième qui découle des 2 premiers, serait de retrouver la première place mondiale en terme de ski, d’accessibilité, et de fidélisation de clientèles. Il n’y a rien de plus magnifique que de voir des familles et des skieurs heureux : quand on voit des clients heureux dans nos montagnes, alors on a réussi notre pari.
I Love Ski : On vous sent confiant et toujours très enthousiaste. Comment voyez vous l’avenir du ski ?
Jean-Luc Boch : On sait aujourd’hui que le « tout-ski », c’est fini. Nous sommes un pays qui fédère et qui attire de nombreux skieurs nationaux et du monde entier. Il faut beaucoup d’accompagnement, car les clients recherchent autre chose, ils veulent de l’après-ski, des activités ludiques, vivre une expérience à la montagne mais pas que. Nous avons aussi énormément de personnes qui viennent pour le bien-être, le ressourcement, pour décompresser tout simplement. Et on a peut-être un peu oublié qu’à l’origine, les vacances sont faites pour se reposer de la vie trépignante que l’on a tous les jours. Quand vous êtes citadin, que vous êtes stressé en permanence du matin au soir, vous avez besoin d’un endroit où vous pouvez vous ressourcer, vous retrouver et tout simplement décompresser. C’est ce que la montagne française doit mettre en avant aujourd’hui.
A France Montagnes, nous nous attelons à travailler sur l’avant saison avec « Noël est magique » et « le Printemps du ski ». Et pour cela, nous avons des outils à notre disposition, et notamment les enneigeurs qui font tant polémique. Il faut rappeler qu’ils permettent de sécuriser un début de saison mais aussi de sécuriser une fin de saison.  Et quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe, l’eau est rendue à la nature.
Alors que l’on arrête de nous traiter de personnes qui ne prennent pas en compte la nature puisque avant toute chose, nous y vivons 365 jours par an ! Nous n’allons certainement pas mettre en difficulté et en danger le territoire qui nous a vu naître et que l’on a la chance de fréquenter tous les jours.