Le maire de Bourg-Saint-Maurice, Michael Giraudy, a convoqué samedi 6 avril un grand rassemblement à 7 heures du matin à la gare de Bourg-Saint-Maurice pour dire au revoir aux touristes britanniques partis en Eurostar à la fin de leurs vacances, et pour montrer leur préoccupation face à la impact économique que le Brexit aura sur les stations de ski de la région. Une centaine de travailleurs de la vallée de la Tarentaise se sont rassemblés pour accompagner le départ des Britanniques avec des chansons, des croissants, du café et de nombreuses pancartes contre le Brexit.
À l’heure actuelle, la tension maintient à la fois l’Union européenne et la Grande-Bretagne en suspens. La possibilité d’un Brexit « par accident » ce vendredi constitue un grave danger pour les stations de ski des Alpes, qui seront sans aucun doute grandement affectées par tout type de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Une grande partie des touristes étrangers qui visitent la région en hiver proviennent de Grande Bretagne.
Les habitants du département de Savoie sont très préoccupés par les conséquences que le Brexit aura sur l’économie du département. Un quart des touristes qui visitent la vallée de la Tarentaise sont britanniques. Selon Michael Giraudy, «500 000 Britanniques viennent skier dans la région chaque hiver» et il ajoute que, dans les environs, «il faut savoir qu’ici, il y a près de 1 500 Britanniques qui vivent chez nous, qui ont retapé des vieilles maisons dans des villages abandonnés. Ils participent grandement à la vitalité de la vallée».
Les touristes britanniques sont des acteurs économiques très importants pour la région. Dans certaines stations de sports d’hiver, telles que Les Arcs, le pourcentage de clients britanniques est de l’ordre de 50%. Selon Giraudy, les Britanniques eux-mêmes qui visitent la région sont opposés au Brexit et s’inquiètent pour leur avenir. Les difficultés causées par la réapparition des douanes et le besoin de visas sont également préoccupantes, car de nombreux opérateurs touristiques britanniques sont installés dans la région.
Le train Eurostar est un point très important lorsque les Britanniques arrivent dans la région. Grâce à ce moyen de transport, les Londoniens tardent entre 9 et 10 heures pour se rendre au ski dans les Alpes. C’est le cas depuis 7 ans, avec deux trains chaque week-end qui transportent un millier de personnes. Comme l’explique Giraudy au Figaro, «Avec le Brexit, il est probable que moins de monde vienne ici. Or, pour maintenir l’Eurostar, il faut du monde à bord. Si on supprime l’Eurostar, il y aura encore moins de monde, et ça pourrait grandement impacter la région».
Photo : France 3 Auvergne – Rhône Alpes