A la tête de 25 employés permanents, pas moins de 170 personnes saisonnières, et à bientôt 60 ans, Gérard Bracali nous étonne toujours par sa bonne humeur et son sens de l’humour qu’il propage dans les stations qu’il a dirigées.
Homme aux valeurs humaines indéniables, il nous surprend à s’émerveiller devant la beauté de la nature, lorsqu’il parcourt les pistes des domaines skiables du Val d’Allos qu’il dirige depuis 2014. Personnage au grand cœur, simple, et très abordable, il inspire le respect de la part de ses employés mais aussi de la part des différents acteurs économiques de la station.

I LOVE SKI : Gérard, pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

Gérard Bracali : à la fin de mes études, j’ai fait une première saison d’hiver à la station de ski pyrénéenne de Piau Engaly, où j’avais été repéré du fait de ma formation technique élevée. Je suis ensuite parti à l’armée, de laquelle j’ai été rappelé par la station de Piau Engaly pour effectuer un dépannage sur le télésiège du Cantoural ! A cette époque, j’aurais dû partir loin en coopération avec l’armée mais finalement je suis resté proche des montagnes, à Mont de Marsan, dans l’armée de l’air.
Puis j’ai pris une année sabbatique, car ayant une formation Art et Métiers, je voulais continuer à étudier cette fois-ci sur la partie comptabilité, gestion des entreprises, économie générale, et management opérationnel. J’ai suivi des cours du soir, à l’école d’ingénieurs de Tarbes.
Cela m’a aidé puisque j’ai pris la première direction de la station de ski de Val Louron en 1990. Entre 1990 et 1995, j’ai pris la direction de la Régie de Barèges, où l’on a commencé à parler du rapprochement entre La Mongie et Barèges, autour du Tourmalet. En 1999, je suis parti à Font Romeu / Pyrénées 2000 où j’ai assuré la direction de Pyrénées 2000. Nous avons réalisé le jumelage des 2 syndicats, avec le montage d’un syndicat unique pour n’avoir qu’un seul mode de gestion pour les 2 stations.
Malheureusement, j’ai dû me mettre en retrait des stations de ski pendant 5 ans, et j’ai monté ma société d’ingénierie sur les énergies renouvelables sur Arles.
En 2007, je suis reparti en tant que Directeur de la station de La Pierre Saint Martin, dans les Pyrénées Atlantiques, jusqu’en 2009. En 2009, j’ai pris la direction de Gourette et en 2014, je suis arrivé aux domaines skiables du Val d’Allos.

I LOVE SKI : Quel est votre cheval de bataille ? Pourquoi vous levez-vous le matin ?

Gérard Bracali : Je me lève le matin car je suis convaincu que demain sera mieux pour les autres. Je suis issu de Sèches, un petit village de la vallée de Nistos, dans les Pyrénées où il n’y a rien au printemps, pas grand chose l’été, encore moins l’hiver, et l’automne il y a des champignons et des palombes ! (rires). Quand on a la chance de pouvoir travailler dans un environnement aussi formidable que celui-ci, de se lever le matin et de voir les montagnes enneigées, ensoleillées ou embrumées, c’est un luxe. J’aime travailler à l’extérieur, j’ai des collègues de promotion qui sont sous des mètres carrés de toiture, et qui ont tous les jours 1h30 de bouchon. Ici, ça va ! Le premier feu rouge est à Dignes !
Il est fondamental de préserver l’économie de ces fonds de vallée aujourd’hui, demain et après demain. La vision que j’ai de demain est une vision « tous ensemble ». L’économie de montagne aujourd’hui n’est pas en danger mais il faut qu’elle se remette vraiment en question. Il y a, comme j’en ai connu ailleurs, des problématiques de gouvernance, notamment lorsque les territoires sont aussi réduits en terme d’alternative économique. Pour revenir à la question, je me lève chaque matin pour maintenir ces 75 emplois équivalent temps plein, et parce que l’on a la chance de travailler dans un endroit où les gens choisissent de passer leurs vacances.
Photo : I Love Ski – Gérard Bracali

I LOVE SKI : Quel est votre plus bel accomplissement professionnel ?

Gérard Bracali : Je pense que je sais m’adapter à mon environnement. Généralement, on se souvient de moi, en bien ou en mal (rires). Mon plus bel accomplissement, est avant tout la relation que j’ai pu avoir avec les Hommes avec un grand H.  Les relations humaines sont des valeurs auxquelles on ne touche pas. On s’enrichit les uns les autres.

I LOVE SKI : Que contient votre liste de vœux pour ces prochaines années à la tête des domaines skiables du Val d’Allos ?

Gérard Bracali : Tout d’abord, que tout le monde partage réellement la même vision de demain. Nous avons la chance d’avoir un Espace Lumière qui est en pleine construction, une Région qui nous accompagne dans ce projet, l’Europe qui risque de nous aider, un Département actif, et 2 communautés de communes avec un comité de pilotage qui vient d’être monté ; il faut finir d’accomplir ce qui a été engagé dans le plan neige jusqu’en 2020. Puis faire le lien avec le projet de liaison de l’Espace Lumière, prévu pour 2025-2026
Si tout va bien, j’espère être là pour faire aboutir ce projet.

I LOVE SKI : Depuis peu de temps, vous êtes trésorier de la section DSF (Domaines Skiables de France) Alpes du Sud. Est-ce un engagement de votre part, vis à vis de la profession ? Une reconnaissance de vos compétences ?

Gérard Bracali : Peut-être que la profession me reconnaît, mais en tous cas, il y avait quelque chose à faire, et je suis toujours volontaire pour aider le travail de groupe. Quand on a besoin d’un syndicat, c’est bien de rendre ce que l’on a pu obtenir pendant plusieurs années. C’est avec plaisir que je donnerai de mon temps pour cette profession.

I LOVE SKI : Est-ce qu’il y a une activité qui vous fait du bien, tous les jours ?

Gérard Bracali : J’ai depuis très longtemps une passion et une maitresse : la musique (rires). Elle me permet de m’évader. J’ai les pieds sur terre mais elle me permet d’écouter, de voir différemment la vie avec le clavier que je pratique. J’ai animé des bals les samedis et les dimanches, ce n’était pas forcément pour gagner de l’argent, mas plutôt pour tisser des liens. J’ai encore aujourd’hui des relations avec ce milieu et des musiciens, comme Didier Tursary qui a fait une carrière dans la musique, Didier Lafitte, Sylvain Luc… J’ai passé des moments inoubliables. Il n’y a pas de prix à prendre du plaisir.