Lorsqu’ils se déplacent en villégiature à la montagne, les Présidents ou personnalités politiques importantes deviennent en quelque sorte, et souvent malgré eux, les ambassadeurs d’une destination touristique, ou d’une station de ski, cette dernière faisant souvent la Une des actualités.
On se rappelle du Président de la République Emmanuel Macron, qui était allé en décembre dernier au Grand Tourmalet, sur la station de La Mongie pour se ressourcer à l’occasion des fêtes de Noël avec sa femme Brigitte.
Barak et Michele Obama sont également des adeptes des sports d’hiver, le plus souvent du côté des pistes de la station de ski d’Aspen.
 
Pedro Sanchez, et sa femme sont eux-aussi des habitués de la montagne, et fréquentent régulièrement les Pyrénées aragonaises, plus précisément la station de ski de Cerler dans la vallée de Bénasque.
Sans oublier, le Roi et la Reine d’Espagne et leur progéniture qui s’adonnent aux joies du ski dans différentes stations de ski de la péninsule ibérique, comme Astún par exemple.
En Russie, Vladimir Poutine s’affiche volontiers avec les skis de piste aux pieds. Angela Merkel préfère quant à elle le ski nordique, à tel point qu’elle fût victime en 2014 d’un accident de ski.
Cette année, mouvement des Gilets Jaunes oblige, les skis du Président resteront au placard pour ces fêtes de fin d’année.
Les proches du Président de la république ont en effet conseillé au président de rester discret et d’éviter d’aller au ski. Mais pourquoi une telle recommandation ?

Le ski serait-il encore l’apanage des riches ?

Le ski serait-il réservé à une élite, à certaines classes sociales ? A en croire la perception de la société, le ski conserve encore sa réputation de « sport de riches ». En 2017, Jean Viard, sociologue marseillais a étudié la question de la pratique du ski. « Il y a des pratiques de voisinage comme dans la région de Grenoble par exemple. Ce n’est pas aussi caricatural à Marseille qu’à Paris par exemple. Là, effectivement, aller à la neige une semaine, c’est hors de prix. Il faut se dire que le ski reste un produit haut de gamme. Il n’y a pas de démocratisation de la pratique, même si cela reste très important pour les hommes de montagne ».
Une nouvelle que l’on peut certainement qualifier de mauvaise pour la montagne française. D’autant que de nombreux efforts sont faits par les stations de ski pour démocratiser la pratique et supprimer cette image de loisir élitiste.
Le forfait de ski français est d’ailleurs le forfait de ski le moins cher au monde.  11% moins cher que le forfait autrichien et 17% moins cher que le forfait suisse, selon Martin Falk, Swiss Journal of Economics and Statistics, 2011.
Sans compter qu’avec un enneigement naturel qui fait actuellement défaut sur le massif des Pyrénées, les stations de ski de la région se seraient bien passées de cette crise politique. La venue du Président de la République aurait certainement redonné le sourire aux professionnels du secteur. Aujourd’hui c’est plutôt avec un sourire jaune que les stations de ski pyrénéennes abordent cette saison d’hiver 2018-2019.