Photo : station de Val Cenis – APernet

La montagne française fait partie des grandes destinations touristiques mondiales. Elle se situe d’ailleurs dans le Top 3 mondial, en terme de journées skieurs. En 2017-2018, elle se situait à la deuxième place devant les Etats-Unis, et derrière l’Autriche.
TOP 3 de la saison 2017-2018 (en nombre de journées skieurs vendues) :
– Autriche : 54,5 millions (+4,4%)
– France : 53,6 millions (+5,3%)
– Etats-Unis : 53,3 millions (-2,8%)
En ce début d’hiver, les domaines skiables de France, et leur nouveau Président Alexandre Maulin, affichent un objectif ambitieux d’atteindre les 60 millions de journées ski, d’ici 5 ans. Un enjeu difficile dans un contexte de compétition internationale débridée.
Les domaines skiables de France qualifient en effet le contexte concurrentiel comme TRES FORT à l’international. Une bataille qui se joue aujourd’hui à trois, entre la France, l’Autriche et les Etats-Unis, mais également avec d’autres outsiders comme la Chine qui entre à grande vitesse et à grands moyens sur le marché international du ski.
Comment atteindre cet ambitieux objectif ?

Une conjoncture Neige + Soleil

De la neige oui, mais pas trop ! Depuis plusieurs saisons, et la saison dernière en est le clair exemple, la montagne française constate que les chutes de neige ne suffisent pas à générer une hausse de fréquentation des domaines skiables. La recette doit obligatoirement intégrer l’ingrédient « soleil » sans quoi les skieurs se déplacent peu ou moins dans les stations.

Des investissements forts en neige de culture

Des efforts devront être menés dans les équipements et les infrastructures des domaines skiables de France, notamment en ce qui concerne la production de neige.
A l’heure actuelle, la France dispose d’un taux de couverture en neige de culture de 35%, alors que ses voisins ont des taux de couverture largement supérieurs : 48% en Suisse, 60% en Autriche et 70% en Italie (Sources : Domaines Skiables de France 2017, WKÖ 2015, RMS 2015, Laurent Vanat 2008).
La neige de culture est en effet indispensable au maintien de l’activité économique et en 25 ans, elle a réduit exposition des domaines skiables à l’aléa climatique d’un facteur 3.
 
La neige de culture est un allié de taille pour les stations de ski : dans certains cas, elle permet de pallier à des situations de déficit de précipitations neigeuses, et dans d’autres cas, de conforter l’enneigement naturel.
Une croissance des investissements en neige de culture doit se faire sur la montagne française, permettant ainsi de fiabiliser la matière première qui peur faire parfois défaut et appréhender plus sereinement le changement climatique.
Les stations de ski s’équipent de plus en plus d’enneigeurs de dernière génération, ultra modernes, et qui permettent de produire dans des conditions de froid et d’humidité moins contraignantes que par le passé.

Une responsabilité sociale et sociétale des domaines skiables

Atteindre l’objectif de 60 millions de journées n’est pas seulement atteindre un record de fréquentation des stations de ski françaises. C’est aussi maintenir des outils de travail et des moteurs économiques dans les vallées de montagne.
1 euro dépensé sur le domaine skiable génère 7 euros de dépense sur le territoire.
Un enjeu de taille que celui de maintenir et améliorer le fonctionnement des stations qui sont souvent les plus gros employeurs des vallées. On estime à 120.000 le nombre d’emploi induits par les stations de ski françaises.
Image : Domaines skiables de France – répartition des emplois induits par massifs