Des projections liées au réchauffement climatique ont été réalisées sur la zone Pyrénées à partir des données d’un ensemble de modèles climatiques mondiaux et de combinaisons de modèles climatiques régionaux. La situation pourrait devenir extrêmement préoccupante pour l’industrie des sports d’hiver.

Une situation préoccupante pour l’industrie du ski

D’ici 2050, si la lutte contre le réchauffement climatique n’est pas renforcée, les minimales pourraient augmenter de 1,7 à 3,3°C et les maximales de 2 à 4°C. D’ici la fin du siècle, selon le même scénario, les minimales seront plus hautes de 3,6 à 6°C, tandis que les maximales pourraient augmenter de 4,3 à 7,1°C.
Un scénario plus que probable et qui aura une incidence directe sur l’épaisseur de neige du massif qui devrait baisser de manière significative en quelques décennies. Dans les Pyrénées centrales, à une altitude de 1800m, elle pourrait ainsi se réduire de moitié d’ici 2050, tandis que la période de neige continue au sol réduirait de plus d’un mois.
De manière scientifique, l’analyse de l’évolution du manteau neigeux est complexe pour les spécialistes car il n’existe pas à ce jour de série temporelle très longue sur la chaîne des Pyrénées. Pour faciliter l’analyse et le suivi de l’évolution du manteau neigeux, une base de données regroupant 65 séries quotidiennes de plus de 20 ans chacune sur les versants français et espagnol a été élaborée. L’évolution du manteau neigeux qu’elles dessinent a été comparée à des simulations numériques de la couverture neigeuse. Aucune tendance claire n’apparaît sur les 30 dernières années sauf une fonte plus rapide au printemps.

Des conséquences déjà visibles du réchauffement climatique  dans les Pyrénées

Le Pic du Midi de Bigorre, qui culmine à 2870 mètres d’altitude, vient de vivre son été le plus chaud, avec plus de cent jours sans gel. Un record historique depuis 1882 que les premiers relevés de températures sont pratiqués et qui fait froid dans le dos. Le précédent record de 1999, était de 77 jours sans gel.
Selon une étude menée par l’université de Genève, le massif des Pyrénées conserve la mémoire d’un réchauffement climatique intervenu il y a 56 millions d’années. Les chercheurs ont montré qu’en un laps de temps compris entre 10 et 20.000 ans, la température moyenne a augmenté de 5 à 8 degrés.
Conséquence : il y avait par exemple des palmiers au Pôle Nord. Des sédiments trouvés dans les Pyrénées espagnoles ont permis aux chercheurs d’observer les anciens chenaux des rivières et de retracer l’histoire de ces rivières et des changements spectaculaires qui les ont affectées. Si l’événement est connu et ses causes explorées, « la question de ses conséquences est importante car il y a une analogie évidente avec le réchauffement climatique actuel et des leçons à tirer de cet événement, d’autant que la hausse des températures à laquelle on assiste aujourd’hui est beaucoup plus rapide », souligne Sébastien Casteltort, professeur au département des sciences de la terre à l’université de Genève et leader de l’étude (publiée dans Scientific Reports).
Crédit photo: OPCC

CLIMPY, une prise de conscience collective 

En 2016, le projet de recherche transfrontalier CLIMPY a vu le jour réunissant Météo-France, les services météorologiques espagnol et catalan et des organismes de recherche français, espagnols et andorrans. Ce projet a pour objectif de suivre l’évolution et les tendances du climat pyrénéen dans le contexte du changement global. Il se traduit par une mise en commun et une homogénéisation des informations existantes. Mais également le développement d’indicateurs climatiques et la réalisation de projections futures, au travers d’une base de données quotidiennes. Sans oublier la mise en place de nouveaux indices sur l’évolution des extrêmes froids et chauds.
Le projet contribue au développement de l’Observatoire Pyrénéen du Changement Climatique (OPCC) visant à réduire la vulnérabilité du Massif aux impacts du changement climatique dans les Pyrénées et à s’adapter à ses effets.