Selon les experts météorologiques du WSL Institut pour l’étude de la neige et des avalanches (SLF), cet hiver 2016-2017 fait partie des hivers les plus pauvres en neige depuis que les données météorologiques sont recueillies sur le territoire suisse, il y a de cela environ 70 ans.

Des chutes de neige importantes avaient fait leur apparition au mois de novembre, de bonne augure pour le début de saison. Mais c’était sans compter sur l’arrivée d’un phénomène de Foehn et un mois de décembre sans précipitations.

Selon nos confrères de 24heures, ce faible enneigement s’est naturellement reflété dans les prévisions de danger d’avalanches. « Le degré 1 (faible) a été annoncé deux fois plus souvent que la moyenne des dix dernières années. Les degrés 2 (limité), 3 (marqué) et 4 (fort) ont été utilisés 20% moins souvent ».

 

Le bilan en Suisse, est lourd à la fin décembre

Le bilan est lourd à la fin décembre : chute de 12,6% du nombre de skieurs et baisse de 4% du chiffre d’affaires des remontées mécaniques.

Les mois de janvier et février ont connu quant à eu un enneigement plutôt correct qui a permis de booster la fréquentation jusqu’au mois de mars qui a lui aussi été particulièrement calme.

De manière générale, le bilan est bien loin d’être réjouissant, même si certaines stations et certaines régions s’en sortent mieux que d’autres. A la fin du mois de mars, l’association des Remontées Mécaniques Suisses (RMS) annonçait déjà que cette saison hivernale 2016/2017 serait dans l’ensemble moins bonne que la moyenne des cinq dernières années.

«Aux râleurs qui nous disent que l’on se vend à la France, je réponds que je suis ébahi par le dynamisme de nos voisins et qu’ils vont nous sauver. Ce morceau de Jura se meurt, nos hôtels périclitent. La France va donner de l’argent mais aussi insuffler son énergie.»

La baisse de fréquentation la plus importante se serait produite dans les Alpes vaudoises et fribourgeoises

Selon les chiffres de la mi avril, la baisse de fréquentation la plus importante se serait produite dans les Alpes vaudoises et fribourgeoises (-8,9%), dans l’Oberland bernois (-8,2%) et au Tessin (-8,8%). La baisse a été plus modérée dans les Grisons (-2,1%), en Suisse centrale (-2,3%) et en Valais (-2,5%) selon nos confrères du Nouvelliste.

Face à cette situation, certaines stations ont déjà pris les devants, comme par exemple la station vaudoise de La Drôle qui accumule les déficits au fil des saisons. Depuis cet hiver, la gestion du domaine skiable et des remontées mécaniques a été confiée à la station française voisine des Rousses, via la Sogestar (Société de Gestion de la station des Rousses).

«Aux râleurs qui nous disent que l’on se vend à la France, je réponds que je suis ébahi par le dynamisme de nos voisins et qu’ils vont nous sauver. Ce morceau de Jura se meurt, nos hôtels périclitent. La France va donner de l’argent mais aussi insuffler son énergie.»

Pierre Graber, le syndic de Saint-Cergue, dans le canton de Vaud, voit dans cette nouvelle gestion une solution pour sauver des emplois : «Aux râleurs qui nous disent que l’on se vend à la France, je réponds que je suis ébahi par le dynamisme de nos voisins et qu’ils vont nous sauver. Ce morceau de Jura se meurt, nos hôtels périclitent. La France va donner de l’argent mais aussi insuffler son énergie.»

La Suisse, terre de montagnes, souvent montrée comme une destination de référence en matière de sports d’hiver, doit faire face aujourd’hui à un bilan décevant et préoccupant pour l’avenir.
L’or blanc suisse serait-il en train de fondre comme neige au soleil ?