Quoi de plus confortable, lorsque l’on est skieur, que de dévaler des pistes sécurisées et sans danger ? Pour y parvenir, les stations mettent tout en œuvre pour réduire au maximum les risques d’avalanches, en anticipant de possibles coulées de neige.

Artificier, ce métier qui sauve des vies

Métier de l’ombre dans les stations de sports d’hiver, les artificiers sont chargés de déclencher les avalanches de façon préventive, le matin avant que les pistes de ski ne soient ouvertes à la clientèle.
C’est donc très tôt le matin que les artificiers s’activent pour accéder aux différents points de tirs de la station, préalablement validés dans le PIDA (Plan d’Intervention pour le Déclenchement des Avalanches). En fonction de la situation des points de tirs, l’accès peut se faire en dameuses ou en hélicoptère lorsque les accès sont plus difficiles.
Photo : Peyragudes – 17 janvier 2016 – Francis Bassat
Dans tous les cas, le déclenchement se fait à l’aide d’explosifs, dont l’utilisation nécessite une formation obligatoire particulière.
La formation au métier d’artificier est confiée à l’ANENA (Association Nationale pour l’Etude de la Neige et des Avalanches). Les personnes deviennent titulaires du Certificat de Préposé au Tir, avec les options:
  • Mèche lente.
  • Tir en montagne pour le déclenchement des avalanches.
Ce diplôme est délivré par le Ministère de l’Éducation Nationale, et les titulaires doivent subir des recyclages réguliers pour parfaire leurs techniques et actualiser leurs connaissances sur la réglementation qui évolue très souvent.
L’artificier agit dans un cadre réglementaire strictement défini par le PIDA (plan d’intervention pour le déclenchement des avalanches) ; le PIDA est un document administratif qui encadre le déclenchement des avalanches, mais aussi un document opérationnel qui précise les modalités et les zones de déclenchement.
Un travail important d’observation du terrain est obligatoire pour pouvoir déterminer avec précisions les zones de tirs.
Plusieurs modes de déclenchement opérationnels peuvent être mis en œuvre, comme par exemple le grenadage à la main, les CATEX, GAZEX et AVALHEX.
S’il ne fait pas l’objet d’un PIDA spécifique, l’hélicoptère est utilisé comme boute feu, c’est à dire qu’il permet de transporter artificiers et explosifs non amorcés.

Le métier d’artificier dépend directement de la mission de sécurisation des pistes de ski

Le métier d’artificier dépend directement de la mission de sécurisation des pistes de ski, dont les services de sécurité des pistes ont la charge.
En France, près de 95% des formations aux techniques d’Artificier sont destinées aux pisteurs secouristes. On retrouve également des personnes formées dans le service de la Direction des Routes, et les services de Restauration des Terrains en Montagne (RTM) de l’ONF.
L’artificier exerce une activité professionnelle principale, dont le déclenchement des avalanches n’est qu’une spécialisation.
Photo : Peyragudes – 17 janvier 2016 – Francis Bassat
Dans le cadre du deuxième PIDA de la saison, Francis BASSAT, pisteur-secouriste d’expérience, et artificier à la station de ski de Peyragudes, nous explique le contexte difficile de ces derniers jours : « nous sommes habitués aux chutes de neige et au déclenchement préventif des avalanches, mais nous avons été confrontés à une situation très rare avec des fortes chutes de neige et du vent en permanence qui ont créé d’importantes plaques de neige, susceptibles de se rompre au moindre surpoids.
Nous avons procédé aux différents points de tirs (46 au total) en dameuses mais aussi en hélicoptère, notamment dans la zone de Pène Nère, la Vallée Blanche. Ce matin encore, nous avons finalisé le secteur de Serre Doumenge ».
C’est non sans émotion que Francis nous explique le travail d’artificier : « personnellement, je ressens une peur positive, avec un souci permanent de bien-faire. Je coupe ma radio, le téléphone et je me concentre sur ma mission. Tout erreur de notre part peut avoir de très graves conséquences, nous nous devons d’être à la hauteur de cette responsabilité qui nous incombe ».
Après ces fortes chutes de neige, le manteau neigeux est extrêmement instable. On ne saurait trop recommander de rester sur les pistes de ski ouvertes et sécurisées, et éviter de sortir des itinéraires balisés.