Une récente étude souligne que les logiciels anti-publicité sur le Web devraient d’ici à 2020 représenter un manque à gagner pour les éditeurs de près de 28 milliards de dollars.

Le numéro des logiciels anti-publicité, Adblock Plus, a battu des records, en franchissant le 09 mai dernier la barre des 100 millions d’utilisations sur navigateur. De manière générale, on estime à plus de 200 millions le nombre de personnes qui utilisent un Adblocker afin d’éviter de voir apparaître de la publicité lorsqu’elles naviguent sur Internet : même si aujourd’hui la majorité des pop-up, très invasifs, ont beau avoir quasiment disparu, les internautes trouvent encore la publicité trop présente sur le Web.
Le Web est en effet un des fiefs de la publicité, et pour tous ses supports : banner, mega banner, écrans interstitiels, publicité englobant l’entier du texte sur les côtés et le haut de la page, le tout étant pensé pour attirer l’œil de l’internaute et l’inciter à cliquer sur la publicité. Les professionnels du tourisme, agences de voyages, spécialistes des séjours au ski sont d’ailleurs très présents dans le Marketing Online : il n’est pas rare de voir apparaître des offres de séjours pour des stations de ski que l’on a précédemment consultées sur le Web.
Depuis quelques années, des développeurs ont mis au point des logiciels permettant d’éviter la visualisation de ces messages publicitaires, et leur succès est loin de plaire à tout le monde. 
Le plus important d’entre eux, Adblock Plus (successeur d’Adblock), fait beaucoup parler de lui notamment auprès des géants de la publicité. Ces logiciels sont accusés de priver les éditeurs d’une grande partie de leurs revenus.
La publicité est en effet, pour la plupart des sites web d’information de ski, généralement gratuits, leur seule source de revenus, et ces derniers s’opposent à Adblock plus, estimant qu’il constitue une réelle menace pour leur existence.
Selon le cabinet Juniper Research, l’utilisation d’adblockers serait à l’origine d’un manque à gagner pour les éditeurs qui devrait se chiffrer, d’ici à 2020, à près de 27,8 milliards de dollars. Un montant qui représente près de 10% du marché mondial de la publicité numérique et qui inquiète logiquement tous les acteurs du Web. 
Aujourd’hui, l’inquiétude est encore plus grande, car les adblockers, ces bloqueurs de publicité, envisagent de s’attaquer aux applications présentes sur les Smartphones. «L’adoption est motivée par les inquiétudes des consommateurs sur l’usage de leurs données mobiles et le respect de leur vie privée. Ils sont aussi incités à adopter la technologie afin de diminuer le temps de chargement des pages?», a souligné Sam Barker, l’auteur de l’étude. 
Cette menace des «?adblockers?» sur smartphones s’est intensifiée depuis que Apple a ajouté un logiciel bloqueur de publicités dans son système d’exploitation mobile iOS9.
La menace viendra également des opérateurs de téléphonie mobile comme Three au Royaume-Uni, ainsi que l’opérateur caribéen Digicel, qui ont déjà annoncé vouloir mettre en place le blocage des publicités sur leur réseau, ajoute le cabinet Juniper Research.