Le possible abandon de l’Union Européenne par le Royaume Uni, appelé aujourd’hui le BREXIT (abréviation de « British Exit ») maintient en haleine non seulement l’Union Européenne et le peuple britannique mais également toutes les institutions internationales telles que le FMI ( Fond Monétaire International ). Le référendum, voué à être organisé le 23 Juin prochain au Royaume Uni, représente une véritable menace pour l’Europe affectée par de nombreuses difficultés : la crise, les mouvements nationalistes, la gestion des réfugiés pour ne citer que ceux-ci. 

L’Europe idyllique, créée sur la base de l’ancien Continent uni, sans aucune guerre interne ni frontières, semble aujourd’hui battre de l’aile. L’abandon de la souveraineté nationale des pays membres, la libre circulation des personnes … commence à trouver aujourd’hui des détracteurs et on voit à nouveau s’installer des frontières comme il y a de cela des décennies. Un BREXIT qui pourrait être une première initiative au démantèlement de l’Europe, poussé par certaines pays comme l’Autriche, la Hollande, la Hongrie, la Pologne et le Danemark par exemple. Le tourisme, dans le cas d’un BREXIT avéré, pourrait être l’un des grands perdants, notamment dans les zones touristiques habituées à recevoir de nombreux visiteurs britanniques profitant du niveau de change favorable de la Livre Sterling par rapport à l’Euro et du taux de croissance du Royaume Uni. En ce qui concerne le secteur de la Neige, le marché anglais est l’un des plus importants pour tout le massif alpin. 
Par exemple, uniquement en Savoie Mont Blanc durant l’hiver 2012/13, la clientèle provenant du Royaume Uni représenté près de 37% de la clientèle totale, suivi para la Hollande avec près de 15%. Les stations de ski des Alpes Françaises, ont toujours beaucoup travaillé avec le marché anglais et ont pu pendant de nombreuses années, se prévaloir d’être la montagne la plus anglaise des Alpes ! Mais malheureusement, cette tendance tend à s’inverser… La France est actuellement leader sur le marché britannique mais elle perd petit à petit sa suprématie face aux géants autrichiens et italiens qui se positionnent de manière forte et solide sur ce marché, adaptant leur offre et l’ensemble de leurs services à la clientèle britannique.  
Selon l’étude menée par “l’Observatoire du Tourisme Savoie Mont Blanc” et les cabinets britanniques Spike y Tourism Horizons, les critères qui déterminent, pour un britannique, le choix d’une destination touristique pendant l’hiver sont la qualité du domaine skiable et de l’hébergement, la garantie d’un bon enneigement, l’accueil sur place et les temps de déplacement pour accéder aux stations de ski
D’autres études importantes, telle que celle menée par SkiDebrief FPS, analyse l’industrie de la neige et l’influence des différents marchés et confirme une baisse des résultats de la France. Les 357 stations de ski françaises, avec l’un des parcs de remontées mécaniques les plus grands du monde (avec plus de 4000 installations) est en train de souffrir d’une érosion de son marché principal. 
Dernièrement, les britanniques préfèrent l’Autriche comme destination pour leur séjour à la neige. Si ces nouvelles n’étaient déjà pas très encourageantes pour les Alpes , le BREXIT ne vient que conforter ces inquiétudes. Les secteurs parmi lesquels la France et les autres pays de l’Union Européenne pourraient être affectés par la sortie du Royaume Uni sont le commerce (avec des incidences directes sur les exportations et les importations), les investissements étrangers avec la sortie du second investisseur le plus important en Europe après l’Allemagne, mais aussi des restrictions sur l’immigration et la perte de confiance et d’influence de l’Union Européenne. 
Si ce divorce voit le jour, c’est durant l’année 2018 que le Royaume Uni sortirait totalement de l’UE. De nombreux euro sceptiques ne voient pas de véritable inconvénient à cette séparation, dans la mesure où de nouveaux traités, de nouveaux accords économiques pourraient être signés sans que le Royaume Uni n’appartienne à l’Union Européenne. Selon le journal “The Guardian”, la peur d’une sortie du Royaume Uni génère des comportements très particuliers auprès de la population : de nombreux citoyens britanniques sollicitent actuellement la double nationalité ; ils seraient environ 2,4 millions de citoyens européens qui vivent aux Royaume Uni et qui devraient modifier leur statut. 
Dans l’hypothèse que le BREXIT voit le jour, le problème pour le secteur de la neige dans les Alpes affecterait le transport aérien avec des vols depuis le Royaume Uni vers la France beaucoup plus chers qu’actuellement. 
L’organisation des séjours au ski de manière indépendante via les sites de réservation en ligne et l’utilisation des compagnies aériennes low Cost a été l’un des moteurs du développement du marché britannique vers les Alpes. La responsable de la compagnie aérienne Low Cost Easyjet, Carolyn McCall apporte sa réflexion sur le BREXIT en précisant que ce dernier augmenterait inévitablement le prix des billets d’avion, faisant que seule une élite britannique pourrait se permettre de prendre l’avion à des fins de loisirs. 
Le principal frein pouvant affecter de manière considérable le tourisme serait l’obligation pour un britannique de devoir disposer d’un visa pour pouvoir accéder à l’Union Européenne, ou inversement. Au delà ce cette formalité administrative, ce sont toutes les difficultés liées à un séjour, avec notamment les droits des voyageurs, l’assistance médicale actuellement valable grâce à la Carte Européenne, les droits des passagers face aux retards ou aux annulations de vols, la réinstallation du tarif Rooming dans le cas d’appels internationaux malgré l’annonce faite de leur abolition en avril 2017… et une liste sans fin de lois, droits et obligations que les citoyens européens ont aujourd’hui et que les britanniques perdraient en s’auto-excluant de l’Union Européenne. 
Le Congrès Annuel WTM Connect Ski, célébré à Otztal – Autriche – a également déclaré que la sortie du Royaume Uni aurait un impact négatif sur l’activité des stations de sports d’hiver autrichiennes, et notamment les Tour Operateurs. Les organisations en charge du marché intermédié du tourisme disposent d’équipes techniques et opérationnelles sur place, au coeur même des stations de sports d’hiver alpines. Avec le BREXIT, leurs employés se trouveraient tout d’un coup, dans une situation irrégulière de travail bien que l’on imagine des mesure transitoires pour éviter ce genre de situations. 
Dans le cas de l’Espagne, le volume de recettes générées par les marchés étrangers ne cesse d’augmenter. Les touristes étrangers sont de plus en plus nombreux à découvrir les domaines skiables de référence de la péninsule ibérique. Bien que le volume d’affaires avec le Royaume Uni ne soit pas des plus importante, il faut néanmoins reconnaître que certaines stations de sports d’hiver espagnoles ont franchi le pas de partir recruter ces nouveaux clients au delà de leurs frontières. Dans le cas de CETURSA, entreprise en charge de la gestion de la station de ski de Sierra Nevada et contrôlée à plus de 95% par le gouvernement d’Andalucía, cette dernière créa en 2012 une antenne commerciale au Royaume Uni pour attirer des touristes étrangers et notamment des britanniques, portugais et russes. Il ne serait donc pas surprenant que la sortie des britanniques de l’Union Européenne aient des conséquences, certes légères mais réelles, sur l’activité des stations de sports d’hiver espagnoles et dériveraient les efforts de conquête de nouveaux marchés vers la France et le Portugal. 
De manière générale, le doute et l’incertitude ne sont jamais bons pour les marchés et encore moins pour le tourisme. Un voyage en Europe pour un britannique ne serait plus jamais la même chose, les pays pouvant instaurer la mise en place de visas, la Livre Sterling pouvant subir des fluctuations à la baisse, faisant que les vacances à l’étranger soient plus chères et affectant par conséquent l’affluence des touristes. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’à attendre la décision démocratique du pueble britannique et analyser le futur de cette Europe en plein ébullition.