Après la colère, l’espoir, la consternation, l’heure est venue d’une nouvelle bataille pour la montagne française. Celle de faire entendre sa voix, à la hauteur des enjeux de ce territoire si riche mais aussi si fragile.

Lors du dernier conseil des ministres ce mercredi, le Gouvernement a tranché et a décidé de ne pas ouvrir les remontées mécaniques le 1er février. Après l’effroi, la montagne se prépare pour une nouvelle bataille. Celle de défendre tous les acteurs touchés directement et indirectement par cette cirse hors du commun.

“Nous avons pris une douche froide en apprenant que nous ne pourrions pas ouvrir le 1er février”, nous indique Jean-Luc BOCH, Président de France Montagnes et Président de l’ANMSM (Association Nationale des Maires de Stations de Montagne).

Un écosystème “Montagne” et des effets domino

La montagne ne se résume pas aux seules remontées mécaniques. Il s’agit d’un incroyable écosystème composé d’interactions dynamiques entre les différents acteurs.
En hiver on pense naturellement au ski et aux remontées mécaniques, mais pas seulement. Le tourisme de montagne fait vivre directement et indirectement de nombreux hommes et femmes qui luttent chaque jour pour vivre dignement dans cet environnement.
Moniteurs de ski, commerçants, hébergeurs, loueurs de matériel, prestataires d’activités, agriculteurs composent la partie visible de l’iceberg.
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Image: station ski meribel
Mais l’industrie du ski et du tourisme hivernal va bien au delà : sans le tourisme hivernal de montagne, ce sont des milliers de paires de ski non vendues, des vêtements, accessoires de ski, des chaînes à neige toujours en stock dans les magasins, des évènements annulés, des investissements futurs non réalisés, des plans médias non réalisés.
L’effet domino est particulièrement important dans un secteur aussi dynamique que la montagne qui interagit avec un grand nombre d’acteurs économiques.

Une crise économique mais surtout humaine

Le scénario catastrophe est bien là. Le tourisme hivernal mobilise avec lui d’innombrables saisonniers qui comptent généralement sur ces quelques mois d’activités pour subvenir à leurs besoins.

A ce jour, l’activité partielle a été mise en place pour les saisonniers des domaines skiables. Mais le statut de saisonnier, un statut particulièrement précaire, touche également d’autres secteurs d’activités : les résidences de tourisme, l’hôtellerie, la restauration, etc.

Sans travail durant tout l’hiver, ces hommes et ses femmes risquent de se “retrouver en fin de droits au printemps, puis plus tard au RSA”, s’inquiète Jean-Luc BOCH.

La création d’une commission de pilotage pour la montagne

Pour parvenir à identifier l’ensemble des acteurs touchés par cette crise sans précédent de la montagne, les différentes institutions ont choisi de créer une commission de pilotage au sein de l’ANMSM. En étroite collaboration avec Domaines Skiables de France, l’association tente d’identifier tous ceux qui de près, mais aussi de loin, sont affectés par cette décision.

“L’objectif est de sensibiliser le Gouvernement sur les conséquences de cette décision, et de lui en faire assumer lA RESPONSABILITÉ financière”

, nous explique Jean-Luc BOCH.

Une résilience à la hauteur du caractère des montagnards

Les acteurs de la montagne ont certainement un point en commun, celui de ne pas se laisser abattre. Habitués aux contraintes fortes de l’altitude, du froid… ils ont par nature l’habitude de surmonter les aléas de la nature. Cette année, les aléas sont plutôt politiques et économiques, avec une succession de décisions qui déstabilisent toute l’économie montagnarde, bien au delà des remontées mécaniques.

Une décision qui est encore et toujours accompagnée d’incompréhension chez les professionnels. Les remontées mécaniques sont le seul moyen de transport à être arrêté aujourd’hui et la seule activité de plein air à être pénalisée.

“Nous allons nous battre pour sauver tous les acteurs économiques de la montagne”, nous confie Jean-Luc BOCH. “Nous devons avoir des aides à la hauteur des pertes et des enjeux de la montagne”.

Jean-Baptiste Lemoyne a assuré que l’Etat serait présent pour soutenir le secteur :

“Les canons à neige ne vont pas fonctionner, les canons de l’indemnisation devront être au rendez-vous”.

De son côté, le premier ministre Jean Castex devrait s’entretenir prochainement avec les professionnels du secteur pour “finaliser les mesures de soutien économiques” qui leur seront accordées.