Les remontées mécaniques françaises semblent être tombées tout droit dans le Cluedo, l’un des jeux de société les plus célèbres au monde. Au Cluedo, la patience et la déduction sont, selon ses concepteurs, les maîtres-mots du jeu. Des qualités que les gestionnaires de domaines skiables se doivent d’entretenir pour déchiffrer chacune des annonces faites par le Gouvernement.

Chaque annonce du gouvernement s’apparente à un lancer de dés

En effet, depuis le mois de novembre dernier, chaque annonce du Gouvernement s’apparente à un lancer de dés. Mais une fois les dés lancés, contrairement au Cluedo, on ne sait pas bien s’il faut avancer ou reculer… Les professionnels et les 140 000 salariés de la montagne française espéraient une date et un message clair. Mais l’Etat a choisi de reporter une nouvelle fois la décision d’ouverture. Une situation qui laisse les salariés, les entreprises, et les territoires de montagne de facto dans une situation de fermeture et d’absence totale de visibilité.

Dans ce mauvais jeu de piste, les professionnels exigent des indices qui leur permettront de déterminer la date d’ouverture des remontées mécaniques.

« Il faut qu’une date définitive soit donnée le 20 janvier »

Une mauvaise connaissance des règles du jeu

Les domaines skiables de France ont rappelé la nécessité de bien connaître les règles du jeu, sans quoi la saison d’hiver pourrait être “irrémédiablement compromise”. Une ouverture le 30 janvier, le 15 février ou le 15 mars n’aura absolument pas les mêmes conséquences.

Si les remontées mécaniques n’ouvrent pas le 30 janvier, toute la saison sera irrémédiablement compromise.

Déjà privés de 80% d’activité à Noël avec 1,6 milliards de pertes de chiffre d’affaires, qui s’ajoutent aux 1,5 milliards déjà perdu en mars/avril 2020, les territoires montagnards ne comprennent pas cette nouvelle volte-face du gouvernement.

Dans ce Cluedo de l’hiver, les vacances de fin d’année s’apparentent à une première scène de crime

Loin de la fiction du Cluedo et de l’assassinat du Docteur Lenoir, c’est “LEBLANC” qui est réellement pris pour cible. Le “blanc” du ski, de la neige, des remontées mécaniques et de toute l’économie montagnarde qui en dépend.

Avec les vacances de fin d’année ratées, chacun a hélas pu constater que sans les remontées mécaniques ouvertes, et alors même que la neige était au rendez-vous, aucune activité annexe n’a été en mesure de remplacer le ski alpin pour attirer les vacanciers à la montagne. Le bilan est très lourd avec 70% d’occupation en moins par rapport aux 2 semaines des vacances de Noël/Nouvel An de 2019-2020 et 80% à 90% de pertes de recettes pour l’écosystème montagnard massivement à l’arrêt.

« Nous réclamons une décision ferme le 20 janvier. Une décision d’ouverture prononcée 10 jours avant le 30 janvier est en effet le seul moyen de relancer une dynamique de réservation pour réussir un mois de février qui certes pèse 40% des recettes d’une année normale, mais qui est déjà amputé de la clientèle étrangère (30% de la fréquentation va manquer) et entachée de la fermeture des restaurants, bars et discothèques » déclare Alex Maulin président de Domaines Skiables de France.

Comme au Cluedo, les remontées mécaniques formulent des hypothèses

Début janvier, Domaines Skiables de France a fait des propositions concrètes pour nourrir l’ambition du gouvernement « d’ouvertures progressives à partir du 7 janvier ». Les premières autorisations d’ouverture pourraient par exemple être données dès cette fin de semaine suivant la situation sanitaire de chaque département, et conformément au protocole sanitaire très strict que le gouvernement a validé pour les stations. Là encore le gouvernement, n’a pas daigné étudier la question ni concerter les conditions possibles des premières autorisations.

À quelques semaines des vacances de février, ces autorisations d’ouvertures étaient importantes pour remettre en route les stations. Elles auraient permis d’envoyer un signal pour les réservations de février, et surtout montrer par l’exemple que les protocoles sanitaires mis en place sont efficaces et que le ski, sport de plein air, n’est pas une activité à risque.

La solution de l’énigme se trouve t’elle en Europe ?

En Europe, la Suisse, l’Espagne et l’Andorre ont déjà prouvé cet hiver qu’avec des protocoles sanitaires adaptés, l’ouverture des remontées mécaniques n’amplifie pas la circulation du virus.

Après l’Andorre, l’Italie a annoncé l’ouverture prochaine de ses remontées mécaniques.

Alors pourquoi une telle exception française ? Avec quels alibis le gouvernement condamne t’il toute une industrie qui va bien au delà de la montagne ? Comme dans les règles du jeu du Cluedo, la solution a l’énigme sur l’ouverture des remontées mécaniques se doit d’être apportée. Sans quoi la montagne française risque de passer son tour…

 


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Image : enquête Twitter réalisée le 6 janvier 2021 par ILoveSki afin de connaître l’opinion du grand public sur l’ouverture des stations de ski françaises.