A la vielle du conseil de sécurité qui devrait confirmer ou infirmer l’ouverture des domaines skiables français, prévue le 7 janvier, ces derniers déplorent un manque de concertation avec le Gouvernement. Alexandre Maulin, Président des Domaines Skiables de France, regrette une “déresponsabilisation des acteurs économiques de la montagne”.

Force de proposition, les domaines skiables de France se disent prêts à travailler sur plusieurs alternatives et se préparent à ouvrir “dès que possible” grâce aux protocoles sanitaires établis à l’échelle de la profession.

Image : station de ski Peyragudes (Hautes-Pyrénées)

Qu’en est-il de l’ouverture des domaines skiables le 7 janvier ?

A moins de 48 heures de la date annoncée du 7 janvier par le gouvernement pour une ouverture des domaines skiables des stations de ski, Domaines Skiables de France déplore le mutisme du gouvernement. Le syndicat professionnel propose que les premières autorisations d’ouverture soient données dès maintenant suivant la situation sanitaire de chaque département. Alexandre Maulin, Président de Domaines Skiables de France nous précise :

“Nous souhaitons ouvrir le plus tôt possible”

A quatre semaines des vacances de février, l’enjeu est majeur pour remettre en route les stations, privées de 80% d’activité à Noël. Domaines Skiables de France, le syndicat professionnel, souhaite montrer par l’exemple que les protocoles sanitaires mis en place sont efficaces et que le ski n’est pas une activité à risque.

Image : station de ski de Châtel

En janvier, des vacanciers principalement en provenance des départements limitrophes

La fin des vacances scolaires a ouvert une période qui ne peut plus être considérée comme « à risque » par le gouvernement. En cette basse saison, toutes les études montrent que les vacanciers seront principalement des habitants des départements limitrophes. Enfin, dans la plupart des départements de montagne, les taux d’hospitalisation et la circulation du virus sont à des niveaux compatibles avec l’ouverture des domaines skiables. Afin d’évaluer l’efficacité des protocoles, Domaines Skiables de France propose au gouvernement que ces ouvertures soient accompagnées des évaluations préalablement à la période des vacances scolaires.

A ce jour, aucune étude ne prouve que des activités individuelles à l’extérieur, au grand air, soient à risque. Y compris sur les remontées mécaniques où le masque sera obligatoire. Voilà donc une occasion de le vérifier en toute impartialité.
« Malgré les désastres économiques et sociaux que cela a déjà engendré, la fermeture des stations à Noël a été décidée pour des raisons sanitaires afin de limiter le déplacement des populations”.

“compte tenu de la situation sanitaire actuelle, nous demandons expressément l’ouverture au 7 janvier des domaines skiables situés dans les régions où la situation le permet”

“Il est temps que le gouvernement jette un regard objectif sur ce dossier et respecte la parole donnée d’ouvrir le 7 janvier, car plus rien ne justifie que l’on interdise une activité qui se déroule en plein air et avec des protocoles sanitaires adaptés. Nos propositions sont concrètes, maintenant c’est au gouvernement d’agir » a déclaré Alexandre Maulin, Président de Domaines Skiables de France.

Image : station de ski Les Arcs

Une baisse de l’activité économique de plus de 80% durant les vacances de Noël

Les vacances de Noël se sont terminées avec un recours massif à l’activité partielle. Le taux moyen d’occupation des logements est en chute de 70%. Les domaines skiables ont observé une baisse de plus de 80% de l’activité économique.
En responsabilité, les territoires montagnards ont perdu 1,6 milliards de chiffre d’affaires qui s’ajoutent aux 1,4 milliards d’euros de de mars dernier lors du premier confinement. Rien ne justifie de prolonger plus longtemps cette situation.

De nouvelles experts observent de nouvelles manières de consommer les vacances avec notamment des réservations de dernière minute. Mais il ne faut pas oublier que les vacances à la neige sont généralement des vacances qui se planifient à l’avance. Plus le temps passe et plus les vacanciers risquent d’opter pour une année blanche de ski. Il est fondamental pour les stations de ski d’obtenir des éléments factuels sur l’ouverture de la saison d’hiver et continuer à faire rêver les gens.

Image : station de ski Les Rousses

La non-ouverture des domaines skiables : un impact économique bien au delà des remontées mécaniques

En France, le mois de janvier pèse entre 20 et 25% de l’activité des domaines skiables. Les vacances de février pèsent quant à elles pour 40%. L’enjeu est donc de taille. Un enjeu qui va bien au delà des remontées mécaniques et des domaines skiables.

L’activité “ski” fait vivre toute une économie de montagne. Telle une chaîne de valeurs, si le maillon “ski” fait défaut, c’est toute une économie qui est fragilisée et parfois détruite.

En première ligne : les producteurs locaux de fromage qui écoulent leur stock durant l’hiver, les moniteurs de ski qui vivent dans les territoires de montagne grâce aux revenus engendrés par le ski, les hébergeurs qui ont largement investi dans le secteur de la montagne, les restaurateurs, les loueurs de matériel… Mais aussi toute une chaîne de partenaires (fournisseurs des domaines skiables, tour opérateurs, …) particulièrement mise à mal en cette période de crise sanitaire.

 


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