Les stations de ski et leurs remontées mécaniques, emploient chaque saison près de 18.000 salariés répartis entre des personnels permanents et des personnels saisonniers. 
18.000 hommes et femmes, leurs familles et toute une vie locale qui redémarre avec le lancement de la saison d’hiver.
Lorsque l’automne pointe le bout de son nez, les stations de ski françaises s’activent pour débuter le recrutement du personnel saisonnier, les formations théoriques et au poste de travail de début de saison, ou bien encore les recyclages obligatoires.

Les remontées mécaniques font-elles rêver les jeunes ?

Parfois, ce processus de recrutement peut être complexe pour les petites stations qui proposent une saison d’hiver relativement courte par rapport aux grandes stations, avec des emplois de courte durée, et des difficultés pour proposer un logement aux saisonniers. Mais les grandes stations sont elles-aussi confrontées à des difficultés de recrutement, souvent liées à l’hébergement et au coût élevé de la vie en station de ski (selon les chiffres publiés par Domaines skiables de France, seuls 60% du personnel saisonnier est propriétaire de son logement), sans oublier les nouvelles aspirations des jeunes qui affichent un certain niveau d’exigence par rapport à la qualité de leur travail et aux engagements pris par les stations envers l’environnement ou le développement durable.
Deux tiers du personnel saisonnier des stations de ski ont aujourd’hui plus de 35 ans. Les difficultés de recrutement se trouvent principalement dans les 33% de jeunes.
Les derniers chiffres en date (2014-2015) font état d’une certaine fidélité des salariés, avec en moyenne 8 saisons d’ancienneté dans la même entreprise pour le personnel saisonnier (source : Indicateurs Domaines Skiables de France).

La fidélité des saisonniers est directement liée à la compétence et à a qualification du personnel.

Plus le personnel est qualifié, et plus il a d’ancienneté dans l’entreprise. Les stations de ski françaises proposent en effet au personnel la possibilité de se présenter à plusieurs examens, brevets, diplômes, en fonction de leurs compétences. En 2017-2018, ce sont par exemple  912 examens d’agent d’exploitation qui ont été délivrés. Cet examen est considéré comme l’examen basique des domaines skiables. Il permet au salarié de justifier de sa connaissance du fonctionnement d’une station de ski, et de la montagne.
Les stations incitent d’ailleurs tous les métiers (administratifs, gestion, remontées mécaniques, relation client, etc.) à se présenter à cet examen. Il leur permet d’acquérir une connaissance générale de la montagne, des métiers et des stations de ski.

Certains secteurs comme les remontées mécaniques, ou les pistes sont particulièrement bien encadrés d’un point de vue de la formation.

Toujours en 2017-2018, ce sont 119 brevets de Pisteur-secouriste 1er degré qui ont été délivrés. 60 brevets de Pisteur-secouriste 2e degré, et 9 de Pisteur-secouriste 3e degré.
Du côté des remontées mécaniques, ce sont 94 diplômes de Conducteur de téléskis qui ont été délivrés. 108 de “Conducteur de téléporté à attaches fixe”, 143 de “Conducteur de téléporté à attaches débrayables”, et 4 de “Conducteur de téléphérique bi-câbles”.
On constate ici une évolution notable du nombre de conducteurs de télésièges débrayables, liée principalement à la modernisation des domaines skiables, et à l’augmentation du nombre de télésièges à attaches débrayables au détriment de ceux à attaches fixes et des téléskis.
Image : Domaines skiables de France – répartition par métier (hiver 2014-2015).
D’autre secteurs tout aussi stratégiques sont quant à eux moins encadrés d’un point de vue diplômes et formation. L’exemple le plus flagrant concerne les nivoculteurs. Ces artisans de l’ombre sont chargés de la production et du suivi de l’installation de neige de culture. En 2017-2018, seuls 9 diplômes de nivoculteurs ont été délivrés, alors que tous les grands domaines skiables disposent de leur « snowmaker » (autre nom du nom du nivoculteur) aux commandes des réseaux de production de neige.

Vers une féminisation de la montagne ?

La parité semble difficile à atteindre dans les domaines skiables de France. Les derniers chiffres disponibles de 2014-2015 font état de 71% de personnel masculin contre 29% de personnel féminin.
De nombreux métiers dans les stations de ski sont encore associés aux hommes plutôt qu’aux femmes. Cela est vrai pour les métiers techniques (conducteurs de remontées mécaniques, d’engins de damage, nivoculteurs, pisteurs…) comme les métiers d’encadrement. Sans oublier le poste de Directeur de station !
On trouve néanmoins quelques exemples qui font aujourd’hui école, comme par exemple Anne Delignac, Directrice de la station de ski de Val Louron dans les Pyrénées, et l’unique femme à occuper le poste de Chef des Pistes sur la station de ski du Val d’Allos.