Hausse du carburant dans les stations de ski : une note d’espoir

Une hausse du carburant de 40 centimes en plus par litre de GNR , difficilement supportable par les stations de ski

L’augmentation du carburant et des taxes sur le gasoil non-routier (GNR) prévue pour 2019 devrait avoir une incidence directe sur les charges de fonctionnement des stations de ski, grosses consommatrices de GNR pour le fonctionnement des dameuses et engins de déneigement, indispensables dans les territoires de montagne.
Dans les Alpes, la station de ski des Deux-Alpes a fait la une des actualités, en estimant que le déneigement de la station coûterait près de 60.000 euros de plus par an.
Dans le département des Hautes-Pyrénées, Michel Pélieu, Président du Département, estime que la dépense annuelle de GNR dans sa collectivité s’élève à 320 000 euros.
Rien que pour le déneigement des routes, la suppression du tarif réduit pourrait entraîner une augmentation de 130 000 euros en 2019.
Michel Pélieu indique que cette hausse des coûts de fonctionnement aura pour conséquence directe une baisse des investissements des stations de ski. Ces dernières pourront difficilement assumer une telle hausse.

Le damage des pistes, grand consommateur de carburant

Le damage est l’une des activités les moins connues des stations de ski, mais l’un des points les plus cruciaux de l’activité.
Chaque nuit dans les stations de ski, les dameuses s’affairent pour préparer les pistes et entretenir le manteau neigeux. Une activité fondamentale pour le confort des skieurs, la sécurité des usagers et la conservation du manteau neigeux.
Ces engins de plusieurs tonnes seraient directement affectés par une hausse du carburant : sur le domaine du Grand-Tourmalet, ils consomment en moyenne 18 litres de carburant pour 1 Ha de domaine skiable parcouru. L’augmentation du prix du carburant aurait une incidence directe sur les charges de la station. « C’est une nuit à 2.500 euros de carburant sur une nuit de damage donc une augmentation sur une saison complète de 150.000 euros ce qui porte le budget total à 450.000 euros », indique Guilhem Richard de la station du Grand Tourmalet, à nos collègues de France 3.
De plus en plus de dameuses sont équipées aujourd’hui du système Snowsat qui permet de mesurer en centimètre les hauteurs de neige sous les machine et optimiser le travail de damage : ramener de la neige dans certaines zone, éviter plusieurs passages au même endroit, etc.
Laurent Garcia, Directeur de la station de Peyragudes, première station des Pyrénées à avoir équipé ses huit dameuses du système Snowsat, indique à nos confrères de France 3, que des efforts importants sont faits sur l’éco-conduite : les jeunes conducteurs sont formés à la technique de conduite des dameuses mais également à la manière d’optimiser le travail de damage, en évitant des doubles passages sur certaines zones, et en maîtrisant parfaitement toutes les fonctionnalités des machines. La station de Peyragudes est d’ailleurs l’une des premières stations en France à s’équiper d’une dameuse hybride.
Photo : Dameuse hybride – station de ski de Peyragudes

Vote de l’amendement de Martine Berthet, sénatrice Les Républicains de Savoie : un espoir pour les stations de ski françaises

La Sénatrice Les Républicains de Savoie vient de redonner une note d’espoir aux domaines skiables français. Elle vient de soumettre un amendement sur la suppression des taxes sur le gasoil non routier.
Ce dernier a été adopté ce jeudi 29 novembre 2018 par le Sénat et qui est en attente de validation par l’Assemblée nationale.
Cette première étape est une satisfaction pour les domaines skiables mais pas une libération. Le texte doit encore entrer dans le processus de navette et passer devant l’Assemblée Nationale pour être définitivement adopté.
L’Assemblée Nationale a la lourde responsabilité aujourd’hui de soutenir ou pas l’économie de montagne et tous les acteurs qui la composent.
Les stations de ski ne sont que la partie visible de l’iceberg. Les études démontrent que 1€ dépensé dans une station de ski engendre une dépense de 7€ sur le territoire.
Si les skieurs venaient à se faire plus rares du fait de la hausse du carburant et des charges de fonctionnement des stations et donc du prix des forfaits, le manque à gagner pour les stations serait réel. Mais cela serait sans compter sur les répercussions économiques locales qui pourraient mettre en péril le devenir des territoires de montagne.