Dans une récente étude menée par l’Association Nationale des Maires des Stations de Montagne, 80% des skieurs français se déclarent préoccupés par le changement climatique et son impact présent et futur sur les stations de ski de l’hexagone.

D’un point de vue scientifique, une importante équipe composée de spécialistes français, espagnols et andorrans ont démontré que les “Pyrénées se réchauffent” et qu’entre 1959 et 2010, les températures moyennes dans les Pyrénées ont augmenté de 1,2 °C, de manière uniforme entre les 2 versants.

Récemment, la skieuse française Anne-Sophie Barthet a publié sur son compte Twitter un message alarmiste sur le manque de neige sur les glaciers, un message qui a été très vite repris sur de nombreux réseaux sociaux en France.
“Quand nous leur montrerons les photos, nos enfants nous demanderont  : un glacier, c’était blanc? Et le ski sur la neige, c’était comment ? Comme ça devait être beau !” Anne-Sophie Barthet devient sans le vouloir, une porte-parole d’une image des conséquences du réchauffement climatiques, face au massif des Alpes, pratiquement sans neige à la fin octobre.
Image : Publication de Anne-Sophie Barthet sur son compte Twitter
 
Des déclarations peut-être trop catastrophiques dans un futur proche pour le secteur de la neige, d’autant que ces résultats très médiatiques affectent directement le secteur de la neige.
Le ski en altitude sur les glaciers est une activité normalisée parmi les différentes équipes de compétition du monde entier, notamment lors des sessions d’entraînement en été. Ces entraînements sont lieu sur différents glaciers de la planète ; Hintertux, à Kitzsteinhorn Kaprun, à Mölltaler Gletscher ou à Dachstein en Autriche ou sur le glacier des 2Alpes, à Tignes en France, à Plateau Rosa, à Passo dello stelvio en Italie, la station de ski Fonna Glacier en Norvège et Saas Fee, Zermatt Theodugletscher en Suisse sont quelques-uns des glaciers sur lesquels la pratique du ski était possible durant l’été.
Cependant, le manque de neige sur les glaciers commence à se faire sentir. La skieuse française Anne-Sophie Barthet a récemment dénoncé le manque de neige en altitude, diffusant un message de réflexion auquel plusieurs stations n’hésitaient pas à répondre par des messages de tranquillité: les avancées technologiques permettent de créer de la neige même à des températures les plus favorables ces dernières saisons. L’enneigement a eété particulièrement généreux des dernières années, battant même des records de hauteur dans certains domaines skiables.
Récemment, I Love Ski a eu le plaisir d’interviewer le médaillé olympique espagnol Regino Hernández Martín à propos de sa perception personnelle de ce phénomène de réchauffement climatique. Regino Hernández est un athlète né le 25 juillet 1991 à Ceuta. Dès son plus jeune âge, il se consacre au snowboard et se spécialise dans le snowboardcross. En février 2018, il remporte une médaille de bronze aux Jeux olympiques de Pyeongchang. Il nous consacre quelques minutes pour parler du changement climatique et de son impact éventuel sur l’avenir des stations de ski et du secteur de la neige.
 
I Love Ski : Vous vous entraînez dans de nombreuses stations du monde entier. Avez-vous remarqué des changements notables dans les stations de ski ?
Regino Hernández : Oui, je l’ai particulièrement remarqué sur les glaciers : chaque année, la neige est plus haute, la couche est plus fine, il y a moins de neige, au lieu de neiger, parfois il pleut, c’est un phénomène très visible.
Mais souvent aussi, je me rends compte que le changement climatique ne signifie pas seulement qu’il fera de plus en plus chaud.
Je viens du sud de l’Espagne et je remarque que chaque été est plus chaud mais qu’en hiver il fait de plus en plus froid. Nous vivons des saisons avec des conditions parfois extrêmes.
Il est clair que lorsque la saison estivale arrive, le manque de neige est très perceptible en altitude, et montre que nous détruisons notre propre montagne.
 
 
I Love Ski : Pensez-vous que les stations font ce qu’il fait face au changement climatique ?
 
Regino Hernández : Je crois que oui. Au delà des stations de ski, je pense que les choses sont très différentes, en particulier la façon de voir les choses selon les pays.
Par exemple, je suis allé en vacances au Japon cet été et il n’y avait aucun déchet sur le sol, ils ont une éducation qui ne leur permet pas de l’imaginer. Ils se sentent mal s’ils le font.
En Espagne, il peut arriver que vous trouviez une poubelle avec une canette, pas à l’intérieur, mais juste à côté de la poubelle.
Je pense que les stations de ski font beaucoup pour prendre soin de la montagne et de l’environnement, et c’est vraiment la population qui doit changer. Les citoyens doivent s’engager à agir contre ce réchauffement climatique.
I Love Ski : On perçoit que vous êtes très sensible à l’environnement et il semble que vous soyez très impliqué, pourquoi?
L’éducation que mes parents m’ont donnée depuis que je suis tout petit m’a permis d’être sensibilisé à ces problématiques et à essayer de trouver des solutions.
Chez moi, nous recyclons depuis plus de 10 ans, nous essayons de tout séparer car il faut le séparer pour aider à la décomposition ou au recyclage des matériaux. Jusqu’à présent, je n’ai jamais rien fait pour transmettre aux enfants les valeurs qu’ils m’ont inculquées et ce serait peut-être une bonne initiative.