Nous avons choisi de mettre en avant le travail d’une personne de l’ombre, toujours soucieuse du bon fonctionnement de sa structure, pour le plus grand bonheur de ceux qui souhaitent apprendre à skier : le directeur d’une école de ski. Nous nous sommes entretenus avec Robert Puente, directeur d’une école de ski à la Sierra Nevada dans le sud de l’Espagne. Titulaire d’un long parcours en compétitions internationales de ski, il s’agit d’une véritable référence dans l’enseignement de ce sport. 

Il nous explique avec plaisir le modèle de gestion des écoles de ski en Espagne ainsi que la situation des moniteurs de ski. 
I LOVE SKI : Selon votre expérience de directeur de l’école de ski de Vallnord (Andorra) et d’une école de ski de Sierra Nevada, quels sont les modèles de gestion d’une école de ski en Espagne ?
 

R. Puente : La gestion d’une école de ski dépend du modèle de gestion de la station où elle se trouve. Il existe des stations à caractère public ou privé. Dans le cas des stations comme Valdesquí, Candanchú et Formigual il y a seulement une école de ski. Alors que dans d’autres comme Sierra Nevada, il y a plus de 37 écoles ! 
Dans les modèles de gestion, on différencie les écoles coopératives où quelques moniteurs sont les propriétaires et gèrent tout le fonctionnement, comme c’est le cas au sein de la station de Candanchú et Formigal ; ou comme une entreprise avec un propriétaire et des employés fixes. De plus, certaines stations engagent ponctuellement selon le volume de travail lorsque les moniteurs propres à l’école ont leur emploi du temps totalement rempli. 
I LOVE SKI : Considérez-vous que le plus important chez un moniteur de ski est son niveau de compétition ou sa longue expérience d’enseignement dans ce sport ? 

R. Puente : Sans aucun doute, un bon professeur ne se démarque pas spécialement par son expérience en compétition ou sa collection de trophées, mais par ses années d’enseignement c’est-à-dire ses connaissances dans les techniques les mieux adaptées pour que les élèves progressent. 
La technique du moniteur n’est pas la plus importante mais bien sa pédagogie et sa facilité à transmettre ses acquis. 
I LOVE SKI : Quelle est la situation actuelle d’un moniteur de ski en Espagne ? Existent-ils des syndicats compétents ? 

R. Puente : La situation d’un professeur de ski en Espagne varie de manière notable selon l’école où il exerce, et est donc différente selon chaque station. 
Actuellement, il existe la AEPEDI (Association d’Écoles de Moniteurs y Entraineurs de Sports d’Hiver) qui a pour objectif de promouvoir et assurer l’enseignement et l’entraînement des sports d’hiver. Cependant, elle représente autant les moniteurs de ski que les propriétaires ou directeurs d’écoles de ski, et cela est à mon sens contre-productif. 
Dans certaines stations, il existe des accords qui permettent aux professeurs de ski, titulaires du diplôme de professeur en exercice, d’avoir accès à des tarifs spéciaux pour les remontées mécaniques.
De plus, les moniteurs de certaines stations ont un accès prioritaire lors des heures d’affluence aux remontées mécaniques. Mais ce n’est pas toujours facile de mener à bien ces négociations entre la station et les écoles de ski, d’autant que certaines comptent autour d’une centaine de moniteurs comme Candanchú et Formigal, alors que d’autres en comptent plus de 700 comme au sein de la station de Sierra Nevada !