La montagne a malheureusement emporté plusieurs skieurs ces derniers temps… Dans ce contexte difficile, on oublie trop souvent de parler des secours en montagne. 

Ils consacrent leur vie à sauver celles des autres, dans un milieu dangereux qu’ils connaissent comme leur poche… Et permettent aux passionnés de sports d’hiver de pratiquer leur passion. 
Qui sont ces sauveurs de l’ombre ? 
Pour y répondre, nous avons interrogé Olivier Mariande, guide-secouriste de montagne CRS dans les Pyrénées. 
– I LOVE SKI : Quelles sont les qualités indispensables d’un secouriste de montagne, hormis une bonne connaissance du milieu ?
Olivier Mariande : Les qualités demandées sont avant tout d’être passionné, aimer travailler en équipe, savoir s’investir personnellement et pour les autres. 
Ce n’est pas un métier que l’on choisit «par défaut ». Il faut aimer travailler en extérieur dans des conditions par moment assez difficiles et pratiquer la montagne sous toutes ses formes (escalade, ski, alpinisme hivernal et estival, canyoning, spéléologie). 
Les qualités techniques requises peuvent se rapprocher de celles demandées à un guide de haute montagne. De nombreux secouristes en montagne sont d’ailleurs titulaires du diplôme et certains cumulent même les qualifications (moniteurs de ski, diplôme d’État spéléologie, diplôme d’État escalade…). 
L’entrainement technique est au cœur de nos journées de permanence. Nous sommes également et avant tout des secouristes. C’est la raison pour laquelle on est tous détenteurs du diplôme des premiers secours en équipe de niveau 2, nous permettant de réaliser des actes de premiers secours mais aussi d’assister le médecin présent avec nous lors des interventions. 
Le secouriste en montagne intervient aussi pour la constatation des accidents dans le cadre de son activité. Il est amené à diligenter des enquêtes afin de rendre compte aux différents organismes judiciaires. 
Pour finir, ces trois compétences complémentaires, permettent aux secouristes de mener des actions de préventions et d’informations aux pratiquants des activités de montagne, tout au long de leurs journées de permanence. 
– I LOVE SKI : À quel organisme appartenez-vous ? Quelles sont les spécificités et différences avec les autres statuts de secouriste ? 
Olivier Mariande : Nous appartenons au corps des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) de la Police Nationale. Les permanences nationales de secours en montagne sont assurées 24h/24h, 7jours/7jours tout au long de l’année sur l’ensemble des massifs alpins et pyrénéens, en alternance avec les spécialistes secouristes de la Gendarmerie Nationale (PGHM). 
Sur certains départements une permanence est mise en place entre les spécialistes du PGHM et les spécialistes du corps des sapeurs-pompiers (GSMSP), nouveaux acteurs du secours en montagne en France depuis quelques années. 
Depuis 1958 et la tragédie de l’affaire des 2 alpinistes Vincendon et Henry, le secours en montagne est assuré par des organismes publics, jusque-là réservé à des organisations de montagnards bénévoles rassemblés en sociétés de secours. C’est la raison pour laquelle en France, les interventions de secours en montagne sont gratuites. L’État s’engageant à porter assistance à toute personne blessée ou victime d’un accident en montagne. 
Il faut différencier le secours en montagne, qui porte assistance aux personnes malades et les victimes d’accidents ou de malaises en montagne (domaine public), du secours sur domaines skiables qui sont placés sous la responsabilité des maires et assurés par les pisteurs secouristes (domaine privé). Ces derniers en revanche, sont facturables par les communes aux personnes secourues.
– I LOVE SKI : Quel est l’équipement obligatoire pour les professionnels de la haute montagne lorsqu’ils partent sur un secours ? 
Olivier Mariande : Le contenu du sac dépendra du moyen d’acheminement de l’équipe de secours (héliporté ou pédestre), décidé en fonction notamment des conditions météorologiques. Cet équipement est contenu dans un sac d’environ 40 litres et doit permettre au secouriste de faire face à toute situation technique et météorologique. Il doit composer également avec le transport du matériel médical et de secourisme nécessaire à l’intervention. 
Le sac doit donc être le plus complet possible, mais sa capacité limitée par nécessité l’empêche d’être exhaustif. Il contient généralement un équipement de base composé : d’un lot de matériel technique de progression (coinceurs mécaniques, descendeur, mousquetons, sangles…), d’un brin de corde de 50 mètres environ, d’une petite trousse à pharmacie, d’un moyen radio et téléphonique, du matériel vestimentaire adapté (dans l’éventualité d’un changement météorologique ou d’un bivouac), d’une paire de lunettes, de gants, d’un bonnet, de vivres de course et du matériel nécessaire aux constatations judiciaires (appareil photo, bloc note…). 
L’hiver, on ajoutera une paire de crampons, piolets techniques, broches à glace, d’un masque de ski et le tryptique « pelle, sonde, ARVA » dans son sac. Le sac technique pourra être remplacé par un sac ABS en fonction des conditions nivologiques. 
Le secouriste, quant à lui, est équipé d’un baudrier, d’un casque, de chaussures, de vêtements d’alpinisme conformes à l’intervention. 
Généralement, lors d’une intervention héliportée, un deuxième sac sera réservé au transport du matériel de secourisme/médical (contenant du matériel d’immobilisation (attelles, KED…), de réanimation mais aussi du matériel de recherche des victimes en avalanche (RECCO…). Si l’intervention s’effectue en caravane pédestre, ce matériel sera réparti dans les sacs des secouristes. 
Dans le cas d’une intervention terrestre, il restera à acheminer, à pied ou à ski, les divers traineaux ou perches d’évacuations adaptées au secours, que ce soit en hiver ou en été. Donc pas mal de matériel à acheminer. La notion de « caravane de secours » prend alors tout son sens ! 
Les secouristes en montagne sont peu souvent mis en lumière et I LOVE SKI souhaitait ici mettre en avant leur travail et leur professionnalisme face à la montagne. 
Il est bon de rappeler de toujours prendre en compte l’expérience et les bons conseils d’un professionnel de la montagne car les accidents en montagne sont encore trop nombreux. 
Ces derniers vous permettront de savoir réagir face au danger et pourront peut-être vous sauver la vie !