Une avalanche correspond à un phénomène naturel dû au détachement d’une importante masse de neige provoquée volontairement ou involontairement. Cela provoque un mouvement de neige très rapide sur les pentes dans lequel certains skieurs peuvent être pris au piège… C’est pourquoi les secouristes de montagne sont indispensables à la sécurité des skieurs.

Les secours en montagne sont assurés par trois organismes publics :

  • les gendarmes
  • les policiers
  • les sapeurs-pompiers

Tous formés spécialement pour la haute montagne. Les stations possèdent également leurs propres pisteurs-secouristes. Tous peuvent être assistés par des chiens d’avalanche suite à une spécialisation de maître-chien.

Chien avalanche: dresser et entraîner son chien

Pour exercer ce métier, il existe une formation qui délivre un brevet national de maître-chien par la Direction de la Défense et de la Sécurité Civile du  Ministère de l’Intérieur.

Ce métier consiste à dresser et entraîner son chien pour qu’il puisse retrouver des personnes ensevelies sous la neige après une avalanche.

Pour faciliter la recherche des victimes, certains alpinistes peuvent disposer d’un Détecteur de Victimes d’Avalanches (DVA) qui est fortement conseillé pour tous les passionnés de la montagne qui s’éloignent un peu des sentiers battus…

Un maître-chien doit disposer d’une excellente connaissance du milieu montagnard et aimer les chiens bien sûr, mais également une bonne forme physique ainsi qu’une pratique parfaite du ski. Généralement, le chien d’avalanche est le chien personnel du maître afin que l’obéissance et la complicité entre les deux soient plus importantes.

Mais quelles races sont-elles les plus adaptées ?

On voit mal un caniche sauver une victime d’une avalanche…. Mais si le Saint-Bernard est souvent le premier chien auquel on pense, ce n’est pourtant pas la race idéale pour le sauvetage en montagne car il est trop lourd et manque de vivacité.

Le berger allemand, le berger belge, le malinois, le golden retriever, le labrador sont plus adeptes au secourisme d’avalanche car ils s’adaptent vite aux conditions de la haute-montagne et leur rapport poids/force est intéressant. Ces chiens doivent suivre une formation avec leur maître afin de pouvoir pratiquer cette activité.Pour en savoir un peu plus, nous avons interrogé Thierry Hannard, pisteur secouriste maître-chien dans la station de Peyragudes dans les Pyrénées  qui nous a exclusivement confié les secrets des maîtres-chiens. Thierry et Ganache forment un excellent duo depuis plus de 3 ans.

Quelles sont les qualités indispensables d’un maître-chien ?

Thierry : Tout d’abord il faut être pisteur-secouriste et avoir une parfaite connaissance du milieu montagnard. Il faut résider en montagne pour pouvoir se déplacer très rapidement en cas d’urgence. Bien sûr, il faut aimer les chiens, bien connaître son animal, savoir décrypter son comportement.

Il faut savoir « le lire » pour détecter lorsqu’il marque une victime, lorsqu’il manque de motivation pour l’encourager… C’est mon chien, il vit avec moi, c’est très bénéfique pour le travail car on a développé une réelle complicité.

En quoi consiste la formation de maître chien et combien de temps est-elle valable ?

Thierry : Pour commencer la formation, le chien doit avoir minimum quatorze mois, mais un peu plus c’est mieux. Elle est menée par des moniteurs de l’Association Nationale pour l’Etude de la Neige et des Avalanches (ANENA) avec des entrainements en automne et en hiver.

La première étape est de faire rentrer le chien dans une sorte d’igloo afin de l’habituer à la neige et à l’obscurité. Ensuite, le maître puis des personnes étrangères se cachent dans un trou de neige pour que le chien les retrouve. Les personnes se cachent avec un objet dont le chien connaît bien l’odeur pour l’habituer. Puis petit à petit lorsque cette étape est maîtrisée, on recouvre le trou de neige fraîche puis de plus en plus dure pour lui compliquer la tâche.

Le diplôme est délivré à un binôme. Si l’un des deux n’est plus adepte à pratiquer, le diplôme n’a plus de valeur car nous sommes une véritable équipe.

Ensuite, il y a 5 recyclages préfectoraux obligatoires chaque saison afin d’être toujours opérationnel et entraîné. Le prochain c’est le 12 janvier !

Quelles sont les qualités d’un chien d’avalanche ?

Thierry : Il doit impérativement être obéissant et ne pas avoir trop fort caractère. Son poids est aussi un facteur important, il doit être assez léger pour être plus vif.

Il peut pratiquer cette activité tant qu’il est en bonne santé et que les moniteurs valident sa capacité. Généralement, le chien peut travailler jusqu’à ses 10 ans. Aujourd’hui, Ganache a 4 ans et elle est au meilleur de sa forme !

Comment donner de la motivation au chien quand il se décourage? Est-ce qu’il arrive qu’il n’ait pas envie de travailler ?

Thierry : Pour le chien, ce n’est pas un travail mais un jeu. Lors des entraînements, les victimes fictives sont cachées avec un boudin, un tube en toile de jute avec des poignées que le chien peut mordre, c’est son jouet. Et son objectif est de faire plaisir à son maître donc tant qu’il est soutenu et félicité, il est content.

Lorsqu’il ne trouve rien à un entrainement, cela va créer une frustration pour le chien. À l’entrainement suivant, il sera beaucoup plus motivé ! Mais généralement, on préfère éviter, je l’encourage et le félicite. Parfois même, on se cache volontairement pour éviter ce sentiment de frustration.

Sur les vraies avalanches, les victimes n’auront pas le jouet avec eux mais il comprend vite ce qu’il doit faire.

Vous travaillez pour la station de Peyragudes mais est-ce qu’il vous arrive de travailler pour le compte d’autres stations si besoin ?

Thierry : Bien sûr, s’il y a une avalanche je peux être appelé avec Ganache lors des astreintes, mais les premiers appelés sont généralement les services d’État.

Avez-vous des chiffres concernant l’efficacité du sauvetage par les chiens d’avalanche ?

Thierry : C’est assez aléatoire en fonction des chutes de neige. Ce que je peux vous dire c’est que les vagues de sondage (les pisteurs qui plantent des sondes dans la neige pour retrouver des personnes) prennent quatre heures pour 1 hectare alors qu’un chien d’avalanche est capable de chercher sur 1 hectare en seulement 20 minutes ! C’est un gain de temps indéniable ! Tout dépend quand même de la profondeur de la neige, si elle est fraîche et donc plus légère, la détection des personnes est plus rapide. Si c’est une neige humide et lourde, les odeurs sortent plus difficilement du manteau neigeux.

Pour l’instant Thierry et Ganache ont participé à une seule intervention réelle. Les victimes ont été retrouvées par d’autres skieurs mais ils ont continué à chercher pour être certains qu’il n’y avait plus personne. On souhaite donc beaucoup de courage à ce joli duo !