Quelle que soit la condition du skieur, le handiski possède un nombre infini de possibilités. Malgré le fait qu’il vous manque une jambe, que vous ayez des lésions de la moelle épinière ou une paralysie cérébrale, de nombreuses solutions vous sont offertes pour profiter des joies de la glisse.

À l’origine, le handiski est apparu en Europe avant la Première Guerre Mondiale. Après la Seconde Guerre Mondiale, de nombreux jeunes allemands et autrichiens ont été amputés. Ceux au niveau du fémur ont essayé de skier avec trois skis (dont deux petits skis accrochés sur des cannes : les stabilos) et les amputés au niveau du tibia avaient de gros problèmes d’instabilité. Jusqu’en 1948, il n’y a pas vraiment eu de progression. Aux Etats-Unis, l’impulsion du handiski a vu ses débuts après la guerre du Vietnam (1955-1975).

Jusque dans les années 70, seuls les skieurs avec des amputations ou des troubles de la vue avaient l’opportunité de skier. La création du premier monoski « skibobs » se composait d’un siège de kevlar sur une structure sellée avec une fixation sur un ski ordinaire.

Image: Tessier

Les skieurs pouvaient s’aider de stabilos pour se diriger et se stabiliser. C’est à partir de là qu’a commencé l’évolution du matériel handisport que nous connaissons aujourd’hui, impulsé par le tissu associatif, les compétitions et les jeux paralympiques d’hiver.

Depuis les années 90 jusqu’au début du XXIème siècle, deux marques européennes ont vu le jour : Tessier et Praschberger. Ensuite, de nombreuses marques sont arrivées sur le marché du handiski : Dynaccess, KGB, Teton, Yetti, Enabling tech, Grove innovations et Armor Factory sont devenus les concurrents dans le marché du handisport.

Les solutions du handiski sont multiples

Les solutions du handiski sont multiples et offrent un large éventail de possibilités. Selon le handicap de chacun, le ski alpin peut se pratiquer assis ou debout.

– 3 empreintes : ski vertical, un ski et deux stabilos. Fait pour les personnes avec les membres inférieurs amputés, la poliomyélite ou l’hémiplégie.

– 4 empreintes : un ski vertical, deux skis et deux stabilos. Il est idéal pour les personnes avec une paralysie cérébrale, un spina-bifida, des lésions à la moelle osseuse, des scléroses multiples, des lésions cérébrales ou ceux qui ont des amputations basses des membres inférieurs.

– Le uniski : il s’est développé pour les personnes pouvant seulement skier assis. La personne doit avoir une force sur la partie supérieure de son corps, de l’équilibre et une mobilité du tronc. Il est recommandé pour les personnes ayant une amputation des membres inférieurs, un spina-bifida ou des lésions à la moelle osseuse en dessous de la dorsale 4. Le monoskieur s’assoie sur un siège relié à un support lui-même relié au ski, en s’aidant des stabilos pour s’équilibrer et se diriger. Il a été crée pour pouvoir prendre le télésiège et donc pour skier de manière indépendante.

– Dualski : développé pour les personnes qui skient assises, il s’adapte aux profils avec des scléroses multiples, des dystrophies musculaires, des paralysies cérébrales, un spina-bifida, des lésions cérébrales ou des lésions de la moelle osseuse en-dessous de la quatrième dorsale. Les deux skis forment une base plus large et plus équilibrée qu’un uniski. Le dualski peut se pratiquer de manière indépendante en s’aidant de deux stabilos pour l’équilibre et pour tourner.

– Kartski : Il s’effectue en tamdem, dirigé par un moniteur à l’arrière et se pratique assis avec des commandes reliées aux mains qui permettent d’effectuer des virages et de pouvoir tourner. Il est recommandé pour les tétraplégiques ou les dystrophies musculaires sévères.

– Tamdem ski : le professeur dirige l’élève qui est assis sur un siège dont la structure est fixée sur deux skis. Derrière le skieur, il y a une fixation pour le moniteur. La personne handicapée est passive et ne dirige pas vraiment l’activité.

– Pour ceux qui ont un handicap sensoriel, la pratique du ski est plus accessible. Par exemple, une perte de l’audition ou une surdité implique seulement quelques modifications évidentes : parler la langue des signes ou lire sur les lèvres permet à l’élève de comprendre son moniteur. Dans le cas d’une incapacité visuelle, le moniteur se transforme en œil pour son élève en lui décrivant le terrain par un mégaphone, avec des recommandations précises et concises (va à droite, maintenant à gauche).

Le ski et les handicapés mentaux

Nous n’oublions pas les handicapés mentaux (syndrome de Down, autisme, etc.). Le matériel ne nécessite aucune adaptation, seule la pédagogie change. Il faut penser aux capacités personnelles pour tenter de donner le meilleur de chaque élève. L’important ici est de profiter au travers de l’exercice physique.

Il existe du matériel complémentaire pour les skis traditionnels comme des attaches pour les skis pour pouvoir freiner, des harnais qui permettent au professeur d’assurer les descentes et de diriger l’élève, de contrôler la vitesse de descente et de freiner en cas d’urgence.

Voici une vidéo de dépassement de soi d’un rider américain de freestyle, Josh Dueck’s, victime d’un accident à ski en réalisant un flip y qui souhaite essayer de le refaire en uniski.

Dans le prochain chapitre, nous parlerons des stations de ski les plus adaptées au handiski en France, Andorre et Espagne et nous vous montrerons des vidéos de sensations fortes de handiski. Pour information, la personne qui a écrit cet article n’a pas de handicap mais il s’agit d’une personne qui aime sentir la vitesse et le contrôle avec un uniski, une grande expérience, qui nous rapproche encore plus de la neige.