L’hiver 1964 est resté l’un des pires de l’histoire du ski avec un relevé de neige à 0 centimètre le 31 décembre 1963 dans la majorité des stations françaises. Si le réchauffement climatique n’était pas encore une question brûlante, aujourd’hui il est devenu une préoccupation centrale pour les stations de ski qui s’adaptent à la hausse des températures et réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre.
Quel est l’impact réel du réchauffement climatique sur la qualité du manteau neigeux ?
Le réchauffement climatique est aujourd’hui une réalité mais l’enneigement reste extrêmement variable d’un hiver à l’autre ; en 2010-2011 les skieurs ont profité de chutes de neiges exceptionnelles malgré les hivers précédents moins favorables. Ainsi les chutes de neige dépendent de deux facteurs, les précipitations et la limite pluie-neige, et par fort vent les rafales risquent de balayer la neige. Si la température a tendance à augmenter globalement, en altitude elle est reste suffisamment basse pour garantir de bonnes saisons surtout si les précipitations sont abondantes. A moyen terme, il est très difficile de faire des prévisions car le réchauffement climatique a peu d’impact sur les précipitations qui varient fortement d’une année sur l’autre, et suivant les régions et les hivers, les températures restent très aléatoires. Même si les cumuls de neige sont en moyenne plus bas depuis 20 ans et la fonte des glaciers est alarmante en France, les stations réussissent à compenser ces variations et à garder une fréquentation stable tout au long de l’hiver.
La modification du calendrier des vacances scolaires favorise ainsi les sports d’hiver, les stations de ski proposent des activités 4 saisons et après ski, et surtout améliorent les techniques qui garantissent l’enneigement des pistes. Par exemple les stations investissent toujours plus dans les canons à neige, surtout en France où la neige de culture est encore peu développée : « 29% de couverture des pistes en neige de culture en France » contre « environ 60% et 70% » en Autriche et en Italie (source : étude sur le changement climatique et les stations de montagne, ANMSM). Les températures moyennes ont augmenté depuis les années 1990, pourtant le nombre de journées-skieurs françaises n’a cessé de croître, les stations réussissant à adapter leur offre plus rapidement que le climat ne change avec une augmentation de 1% par an ces dernières années.
Les stations françaises, que ce soit dans les Alpes, les Vosges, les Pyrénées le Jura ou le Massif Central tentent d’innover pour entretenir ces écosystèmes dont l’équilibre est si particulier et investissent aussi pour réduire leur impact sur l’environnement. Les institutions locales se sont déjà engagées à réduire leurs émissions (cf la Charte de l’Association Nationale des Maires de Stations) et les stations s’engagent également à réduire leur empreinte écologique en utilisant des installations à haute qualité environnementale (HQE) et des dameuses moins polluantes. Chaque année après la fonte des neiges, des journées de tri des déchets sont organisées, par exemple à Peyragudes avec la journée de ramassage ouverte à tous. C’est donc un équilibre complexe à maintenir pour des stations qui doivent investir dans des secteurs plus écologiques, maintenir l’enneigement pour offrir les meilleurs services possibles et fournir des emplois tout au long de l’hiver.
Grâce aux nouvelles installations, les séjournants sont assurés de profiter de la neige mais c’est aussi à chacun de réduire son impact sur l’environnement. Ainsi lors des séjours au ski, plus de la moitié des émissions ne provient pas des stations directement mais des transports jusqu’aux stations. Les transports publics donnent accès aux stations, évitent l’achat de chaînes et diminuent la fréquentation des routes. Certaines stations proposent aujourd’hui des navettes gratuites pendant les périodes de vacances scolaires : la liaison hameau de Flaine et site du Col de Pierre Carrée à Flaine, ou dans les Vosges à la station la Mauselaine ou à Val d’Arly près du Mont-Blanc. Mais des transports publics inter-stations sont aussi proposés ainsi que des package vacances train + bus + location à la semaine. Certaines villes organisent même des transports presque gratuits jusqu’aux stations de ski, par exemple avec la navette SkiBus64 qui relie Pau et Oloron aux stations de Gourette, la Pierre Saint Martin et Artouste.